lundi 14 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2310176 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | JU 2ème chambre |
| Avocat requérant | SCP BLANCHARD ROCHELET VERGNE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés le 22 novembre 2023 et les 3 janvier, 24 janvier et 24 avril 2024, Mme A B, en dernier lieu représentée par Me Touhari, doit être regardée comme demandant au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 10 novembre 2023 par laquelle la commission des droits et de l'autonomie des personnes handicapées de l'Ain a rejeté son recours contre la décision du 26 septembre 2023 par laquelle cette commission a décidé son orientation professionnelle vers le marché du travail, pour la période du 26 septembre 2023 au 30 septembre 2025, avec un suivi par un expert handicap auprès de Pôle emploi ;
2°) d'ordonner son orientation professionnelle vers une formation de moniteur-éducateur auprès de l'établissement et service de réadaptation professionnelle de l'Organisation pour la santé et l'accueil ;
3°) subsidiairement, d'ordonner une expertise afin d'établir un plan personnalisé de compensation ;
4°) de mettre à la charge de la maison départementale des personnes handicapées de l'Ain une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- sa requête est recevable dès lors qu'elle a régulièrement présenté un recours administratif préalable obligatoire à l'encontre de la décision du 26 septembre 2023 ;
- elle est à même de suivre une formation de moniteur-éducateur auprès de l'établissement et service de réadaptation professionnelle de l'Organisation pour la santé et l'accueil si un accompagnement adapté est mis en place.
Par un mémoire enregistré le 17 janvier 2024, la maison départementale des personnes handicapées de l'Ain conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que :
- la requête est irrecevable, à défaut d'exercice régulier d'un recours administratif préalable obligatoire ;
- la requête de Mme B n'est pas fondée.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'action sociale et des familles ;
- le code du travail ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Chenevey, président de la 2ème chambre, pour statuer sur les litiges mentionnés par l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Le rapporteur public, sur sa proposition, a été dispensé de prononcer des conclusions à l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Chenevey, vice-président,
- et les observations de Me Touhari, pour Mme B, requérante.
Une note en délibéré a été produite pour Mme B, enregistré le 3 octobre 2024.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B a déposé auprès de la maison départementale des personnes handicapées de l'Ain une demande tendant à son orientation professionnelle vers un établissement et service de réadaptation professionnelle en vue de suivre une formation de moniteur-éducateur. Par une décision du 26 septembre 2023, la commission des droits et de l'autonomie des personnes handicapées de l'Ain a toutefois rejeté cette demande. Mme B a présenté un recours préalable pour contester cette décision. Par une décision du 10 novembre 2023, la commission des droits et de l'autonomie des personnes handicapées a rejeté ce recours. Mme B doit être regardée comme demandant au tribunal d'annuler cette dernière décision.
2. Aux termes de l'article L. 5213-1 du code du travail : " Est considérée comme travailleur handicapé toute personne dont les possibilités d'obtenir ou de conserver un emploi sont effectivement réduites par suite de l'altération d'une ou plusieurs fonctions physique, sensorielle, mentale ou psychique ". Aux termes de l'article L. 5213-2 du même code : " La qualité de travailleur handicapé est reconnue par la commission des droits et de l'autonomie des personnes handicapées mentionnée à l'article L. 146-9 du code de l'action sociale et des familles. Lorsque le handicap est irréversible, la qualité de travailleur handicapé est attribuée de façon définitive. / () L'orientation vers un établissement ou un service d'accompagnement par le travail ou vers un établissement ou un service de réadaptation professionnelle vaut reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé. " Aux termes de l'article L. 5213-3 du même code : " Tout travailleur handicapé peut bénéficier d'une réadaptation, d'une rééducation ou d'une formation professionnelle. / () ". Aux termes de l'article L. 241-6 du code de l'action sociale et des familles : " I. - La commission des droits et de l'autonomie des personnes handicapées est compétente pour : / 1° Se prononcer sur l'orientation de la personne handicapée et les mesures propres à assurer son insertion scolaire ou professionnelle et sociale. / () ". L'article R. 5213-9 du code du travail dispose : " L'éducation ou la rééducation professionnelle des travailleurs handicapés est assurée par : / 1° Les centres d'éducation ou de rééducation professionnelle créés par l'Etat, par une collectivité publique ou par un établissement public, et notamment les écoles de reconversion mentionnées par l'article D. 526 du code des pensions militaires d'invalidité et des victimes de guerre ; / 2° Les centres d'éducation ou de rééducation professionnelle créés par les organismes de sécurité sociale ; / 3° Les centres d'éducation ou de rééducation professionnelle privés autres que ceux qui sont mentionnés au 2° ; / 4° Les employeurs au titre d'actions d'éducation ou de rééducation professionnelle ; / 5° Les organismes de formation au titre d'actions agréées en application de l'article L. 6341-4. " Aux termes de l'article R. 5213-10 du même code : " La commission des droits et de l'autonomie des personnes handicapées est consultée sur toutes les demandes ou propositions de rééducation ou de réadaptation d'un travailleur handicapé. " Enfin, aux termes de l'article R. 5213-12 du même code : " La commission des droits et de l'autonomie des personnes handicapées donne également son avis sur la nature, les modalités et la durée de la réadaptation, rééducation ou formation professionnelle appropriée. / () ".
3. Il résulte de la combinaison de ces dispositions que la commission des droits et de l'autonomie des personnes handicapées, à laquelle l'article R. 5213-12 du code du travail confère la mission de se prononcer sur la réadaptation, rééducation ou formation professionnelle appropriée, peut orienter toute personne à laquelle la qualité de travailleur handicapé a été reconnue vers un centre de rééducation professionnelle, dès lors qu'elle estime que les chances de l'intéressé d'obtenir ou retrouver un emploi dans la profession à laquelle il a été antérieurement formé, sont devenues très limitées. Il lui appartient dans un second temps de définir, pour chaque personne à laquelle est reconnue la qualité de travailleur handicapé, si une orientation vers un centre de rééducation professionnelle est l'orientation la mieux adaptée à son état de santé, en procédant à une évaluation de sa capacité de travail et de ses besoins en matière d'accompagnement, compte tenu de ses aptitudes et des contraintes ou restrictions inhérentes à son handicap, ainsi que de ses qualifications et expériences professionnelles.
4. Les recours formés contre les décisions des commissions des droits et de l'autonomie des personnes handicapées statuant, en application des dispositions précitées sur l'orientation professionnelle des personnes handicapées constituent des recours de plein contentieux. Eu égard à son office lorsqu'il est saisi d'un tel recours, il appartient au juge administratif de se prononcer non sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais seulement sur l'orientation de la personne intéressée, en se plaçant à la date à laquelle il rend sa décision.
5. La fiche-métier établie par la direction générale de la cohésion sociale précise que les fonctions de moniteur-éducateur, pour l'exercice desquelles Mme B souhaite suivre une formation, sont accomplies auprès d'enfants, d'adolescents ou d'adultes en difficulté, handicapés ou en situation de dépendance. Selon cette fiche : " Le moniteur-éducateur participe à l'action éducative, à l'animation et à l'organisation de la vie quotidienne de personnes en difficulté ou en situation de handicap, pour le développement de leurs capacités de socialisation, d'autonomie, d'intégration et d'insertion (). " Parmi les domaines de compétence exigés, le moniteur-éducateur doit, notamment : " - Savoir prendre en compte la situation de la personne ou du groupe () - Savoir développer une écoute attentive et créer du lien - Savoir identifier et réguler son implication personnelle () - Savoir évaluer ses actions dans le cadre du projet éducatif - Savoir réajuster son action en fonction de cette évaluation () - Savoir coopérer avec d'autres professionnels de son service () - Savoir transmettre ses propres observations - Savoir confronter ses observations () - Savoir rédiger les comptes rendus des situations éducatives () ". Selon la Fédération des associations gestionnaires et des établissements de réadaptation pour handicapés (FAGERH), les fonctions de moniteur-éducateur impliquent de bonnes capacités relationnelles, organisationnelles et rédactionnelles.
6. Or, il résulte de l'instruction que, dans un contexte de troubles déficitaires de l'attention et de troubles du spectre autistique, Mme B souffre d'un développement du langage, avec des difficultés de compréhension écrite et orale et de production écrite et orale de mots et de phrases, et d'une dispersion attentionnelle et cognitive fréquente, avec des éléments d'impulsivité et d'hyperactivité. Elle rencontre également des difficultés dans les interactions sociales. LADAPT (l'Association pour l'insertion sociale et professionnelle des personnes handicapées) a estimé, lors d'une évaluation, qu'il n'était pas possible de se positionner objectivement sur la faisabilité du projet de Mme B, en l'absence de vision du métier, de tout test d'aptitude réalisé et d'immersion, ainsi que d'une attitude non adaptée lors de l'entretien qui a été conduit avec elle dans le cadre de cette évaluation, permettant de douter de ses capacités à adopter la posture professionnelle attendue pour le métier de moniteur-éducateur.
7. Dans ces conditions, en refusant d'attribuer à Mme B une orientation professionnelle vers la formation de moniteur-éducateur et en l'orientant vers le marché du travail, la commission des droits et de l'autonomie des personnes handicapées de l'Ain n'a pas entaché sa décision d'une erreur d'appréciation.
8. Il résulte de ce qui précède que, sans qu'il soit besoin d'examiner la fin de non-recevoir opposée en défense et d'ordonner une expertise, la requête de Mme B doit être rejetée dans toutes ses conclusions, y compris les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, la maison départementale des personnes handicapées de l'Ain n'ayant pas la qualité de partie perdante.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et à la maison départementale des personnes handicapées de l'Ain.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 14 octobre 2024.
Le magistrat désigné, La greffière,
J.-P. Chenevey G. Reynaud
La République mande et ordonne à la préfète de l'Ain, en ce qui la concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026