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AccueilJurisprudence administrativeN° TA69-2310704

Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2310704

jeudi 17 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2310704
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
FormationJU Chambre Sociale
Avocat requérantBENAMMOU

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire enregistrés les 12 décembre 2023 et 15 janvier 2024, M. B A forme opposition à l'encontre de la contrainte émise par le directeur régional de Pôle emploi devenu France Travail le 14 novembre 2023 pour le recouvrement d'un indu d'allocation de solidarité spécifique d'un montant de 867,70 euros pour la période de juillet à septembre 2021, et demande qu'il soit mis à la charge de France Travail la somme de 800 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que, n'ayant cessé d'être inscrit en qualité de demandeur d'emploi jusqu'au 11 juillet 2023, le motif et la période retenus par la contrainte sont erronés.

Par un mémoire enregistré 5 février 2024, France travail Auvergne Rhône-Alpes conclut au rejet de la requête en faisant valoir que le moyen n'est pas fondé dès lors que l'intéressé ne pouvait ignorer que l'indu est justifié par une situation de cumul avec une activité non salariée de plus de 3 mois.

La présidente du tribunal a désigné M. Reymond-Kellal, premier conseiller, pour statuer sur les litiges relatifs aux prestations, allocations ou droits attribués en faveur des travailleurs privés d'emploi, en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.

Vu la décision attaquée et les autres pièces du dossier ;

Vu :

- le code du travail ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Après avoir constaté l'absence des parties ou de leurs représentants à l'appel de l'affaire et présenté son rapport au cours de l'audience publique, le rapporteur public ayant été dispensé de prononcer ses conclusions sur sa proposition.

Considérant ce qui suit :

1. Par décision du 27 juin 2023, le directeur de l'agence Pôle emploi devenu France Travail de Villeurbanne a mis à la charge de M. A un indu d'allocation de solidarité spécifique de 862,41 euros pour la période allant de juillet à septembre 2021 durant laquelle celle-ci lui a été versée alors qu'il exerçait des activités professionnelles non salariées. Le 12 juillet 2023, M. A a contesté le bien fondé de cet indu en faisant valoir que ces activités ne lui avaient procuré aucun revenu. Son recours administratif a été rejeté le 24 juillet suivant. Le 4 septembre 2023, M. A a été mis en demeure de régler cette somme. En l'absence de paiement dans les délais requis, une contrainte a été émise le 14 novembre 2023 pour le recouvrement de cette somme, notifiée le 29 novembre 2023, à l'encontre de laquelle M. A forme opposition par le présent recours.

2. D'une part, aux termes de l'article L. 5426-8-2 du code du travail : " Pour le remboursement des allocations, aides, ainsi que de toute autre prestation indûment versées par l'opérateur France Travail (), le directeur général de Pôle emploi ou la personne qu'il désigne () peut, dans les délais et selon les conditions fixés par voie réglementaire, et après mise en demeure, délivrer une contrainte qui, à défaut d'opposition du débiteur devant la juridiction compétente, comporte tous les effets d'un jugement et confère le bénéfice de l'hypothèque judiciaire ".

3. Il résulte de ces dispositions que France Travail peut délivrer une contrainte pour obtenir le remboursement de sommes versées indument, que le caractère indu existe dès l'origine ou que le paiement se trouve être ultérieurement indu.

4. D'autre part, aux termes de l'article L. 5421-3 du code du travail : " La condition de recherche d'emploi requise pour bénéficier d'un revenu de remplacement est satisfaite dès lors que les intéressés sont inscrits comme demandeurs d'emploi et accomplissent () des actes positifs et répétés en vue de retrouver un emploi, de créer, reprendre ou développer une entreprise. () ". Aux termes de l'article L. 5423-1 du même code : " Ont droit à une allocation de solidarité spécifique les travailleurs privés d'emploi qui ont épuisé leurs droits à l'allocation d'assurance ou à l'allocation de fin de formation () et qui satisfont à des conditions d'activité antérieure et de ressources. ". Aux termes de l'article L. 5425-1 du même code : " Les allocations du présent titre () peuvent se cumuler avec les revenus tirés d'une activité occasionnelle ou réduite () dans les conditions et limites fixées : () 2° Pour les allocations de solidarité, par décret en Conseil d'Etat. () ".

5. Aux termes de l'article R. 5425-1 du même code : " L'exercice d'une activité professionnelle ou le fait de suivre une formation rémunérée ne fait pas obstacle à la reprise du versement de l'allocation de solidarité spécifique () ". Aux termes de l'article R. 5425-2 du même code : " Lorsque le bénéficiaire de l'allocation de solidarité spécifique reprend une activité professionnelle salariée ou non salariée, la rémunération tirée de l'exercice de cette activité est intégralement cumulée avec le versement de l'allocation de solidarité spécifique pendant une période de trois mois, consécutifs ou non, dans la limite des droits aux allocations restants. () ". Aux termes de l'article R. 5425-6 du même code : " Lorsque le bénéficiaire de l'allocation de solidarité spécifique interrompt son activité professionnelle pendant une durée minimale de trois mois, il peut bénéficier à nouveau et dans leur intégralité des dispositions de la présente sous-section. ". Aux termes de l'article R. 5425-7 du même code : " Lorsque le bénéficiaire de l'allocation de solidarité spécifique cesse son activité pendant ou au terme de la période de versement de l'allocation, il n'est pas fait application du délai de quatre ans institué à l'article R. 5425-1 s'il sollicite la reprise du versement de l'allocation dont il bénéficiait avant la fin du mois suivant la cessation d'activité. "

6. Il résulte de l'instruction que, si la contrainte en litige mentionne comme motif qu'elle serait due à une " cessation d'inscription du 12 juillet au 30 septembre 2021 ", l'indu dont le recouvrement est poursuivi par cet acte trouve son fondement dans l'exerce d'activités professionnelles non salariées depuis plus de 3 mois que M. A, qui n'ignore pas ce motif, ne conteste en elles-mêmes ni dans le présent recours, ni dans le recours administratif formulé par courriel le 12 juillet 2023. Dès lors qu'il n'est donc pas établi ni même allégué que M. A n'assurait pas effectivement une activité professionnelle non salariée de plus de trois mois durant la période en litige, laquelle est de nature à le priver légalement de ses droits à percevoir l'allocation de solidarité spécifique quand bien même elle ne lui procurait aucun revenu, il ne remet en cause ni le principe ni la quotité de l'indu mis à sa charge et dont le recouvrement est poursuivi par la contrainte attaquée.

7. Par suite, l'opposition à contrainte formée par M. A doit être rejetée ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A, à France travail Auvergne Rhône-Alpes et au ministre en charge du travail.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 octobre 2024.

Le magistrat désigné

R. Reymond-Kellal La greffière,

A. Farlot

La République mande et ordonne à la ministre du travail et de l'emploi, en ce qui la concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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