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AccueilJurisprudence administrativeN° TA69-2310716

Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2310716

vendredi 31 mai 2024

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2310716
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationD
FormationJU 8ème chambre
Avocat requérantMATRICON

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire complémentaire enregistrés le 13 décembre 2023 et le 20 février 2024, M. E A C, représenté par Me Matricon, demande au tribunal :

- d'enjoindre à la préfète du Rhône de lui proposer un logement adapté à sa situation dans un délai de deux semaines, sous astreinte de 200 euros par jour de retard ;

- de mettre à la charge de l'Etat le versement à son conseil de la somme de 1 200 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.

M. A C fait valoir en dernier lieu que la commission de médiation du département du Rhône a reconnu le caractère prioritaire et urgent de sa situation et que la proposition de relogement qui lui a été adressée en cours d'instance n'était pas adaptée.

Par des mémoires en défense enregistrés les 15 février et 4 avril 2024, la préfète du Rhône informe le tribunal de l'évolution de la situation du requérant et conclut au rejet de la requête comme non fondée.

M. A C a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du bureau d'aide juridictionnelle du 23 février 2024.

Vu :

- les pièces du dossier, notamment la décision de la commission de médiation du département du Rhône du 25 avril 2023 statuant sur le recours de M. A C ;

- le code de la construction et de l'habitation ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;

- le code de justice administrative.

Les parties ayant été régulièrement convoquées à une audience publique ;

Après avoir entendu, au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Gille ;

- et les observations de Me Matricon pour le requérant, ainsi que celles de Mme B pour la préfète du Rhône.

Considérant ce qui suit :

1. M. A C demande au tribunal, saisi sur le fondement du I de l'article L. 441-2-3-1 du code de la construction et de l'habitation, d'enjoindre à la préfète du Rhône d'assurer son relogement en exécution de la décision de la commission de médiation " Droit au logement opposable " du département du Rhône du 25 avril 2023 reconnaissant le caractère prioritaire et urgent de sa situation.

2. Aux termes du I de l'article L. 441-2-3-1 du code de la construction et de l'habitation : " Le demandeur qui a été reconnu par la commission de médiation comme prioritaire et comme devant être logé d'urgence et qui n'a pas reçu, dans un délai fixé par décret, une offre de logement tenant compte de ses besoins et de ses capacités peut introduire un recours devant la juridiction administrative tendant à ce que soit ordonné son logement ou son relogement. / () / Le président du tribunal administratif ou le magistrat qu'il désigne, lorsqu'il constate que la demande a été reconnue comme prioritaire par la commission de médiation et doit être satisfaite d'urgence et que n'a pas été offert au demandeur un logement tenant compte de ses besoins et de ses capacités, ordonne le logement ou le relogement de celui-ci par l'Etat et peut assortir cette injonction d'une astreinte () ". Aux termes du IV bis de l'article L. 441-2-3 du même code : " Les propositions faites () aux demandeurs reconnus prioritaires par les commissions de médiation ne doivent pas être manifestement inadaptées à leur situation particulière ".

3. Il résulte des dispositions organisant le droit au logement opposable, particulièrement des articles R. 441-16-3, R. 441-18 et R. 441-18-2 du code de la construction et de l'habitation, que le demandeur reconnu comme prioritaire par une décision de la commission de médiation peut perdre le bénéfice de cette décision si, sans motif sérieux, il refuse une offre de logement ou d'hébergement correspondant à ses besoins et à ses capacités.

4. Alors que la décision de la commission de médiation du 25 avril 2023 dont se prévaut M. A C se fonde sur l'inadaptation à sa situation familiale du logement de type T3 de 70 m² qu'il occupe avec son épouse et leurs 6 enfants et préconise sans autre précision que lui soit attribué un logement de type T5-T6, il est constant qu'une proposition d'attribution d'un logement de type T6 d'une superficie de 96 m² se trouvant au 4e étage d'un immeuble situé à Rillieux-la-Pape a été adressée en cours d'instance par les services de l'Etat au requérant, qui l'a refusée pour des motifs tirés principalement de l'absence d'ascenseur dans l'immeuble concerné et de l'éloignement de ce logement de l'établissement scolaire où son fils D est inscrit dans une unité localisée pour l'inclusion scolaire. Si M. A C fait valoir le jeune âge de ses enfants et la perspective d'une prochaine naissance, produit des certificats médicaux faisant état en termes généraux de l'asthme de son épouse ainsi que des lombalgies dont il souffre et justifie de l'admission de son fils ainé au bénéfice d'un accompagnement scolaire lié à son handicap, les circonstances qui sont avancées ne suffisent toutefois pas pour considérer en l'espèce que la proposition faite au requérant, au regard notamment de la possibilité d'assurer le maintien du suivi scolaire de son fils, inscrit en dernière année d'école primaire, de l'état de santé et de l'âge des membres de sa famille, des préconisations de la commission de médiation ainsi que de la localisation, de la typologie ou du montant du loyer du logement concerné, était manifestement inadaptée à sa situation particulière au sens des dispositions organisant le droit au logement opposable. Dans ces conditions, M. A C, préalablement informé des conséquences d'un refus, n'est pas fondé à demander au tribunal qu'il soit enjoint à l'autorité administrative d'assurer son relogement en application du I de l'article L. 441-2-3-1 du code de la construction et de l'habitation.

Sur les frais liés au litige :

5. Dans les circonstances de l'espèce et alors que M. A C a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions de la requête présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi susvisée du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. A C est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. E A C et au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires.

Copie en sera adressée à la préfète du Rhône.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 31 mai 2024.

Le magistrat désigné,

A. Gille

Le greffier,

Y. MesnardLa République mande et ordonne au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,

Un greffier

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