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AccueilJurisprudence administrativeN° TA69-2310800

Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2310800

mercredi 23 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2310800
TypeOrdonnance
RecoursPlein contentieux
PublicationD
Avocat requérantBOUHALASSA

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés les 14 décembre 2023 et 6 juin 2024, Mme D A C, représentée par Me Bouhalassa demande au tribunal :

1°) d'enjoindre à la préfète du Rhône d'assurer son relogement dans des conditions adaptées à ses besoins et à ses capacités, dans un délai de quinze jours à compter de la notification du présent jugement, sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat le versement à son conseil d'une somme de 800 euros au titre des dispositions combinées des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative, à charge pour ce dernier de renoncer au bénéfice de la part contributive de l'Etat.

Elle soutient qu'elle n'a pas reçu de proposition de logement de la part de l'administration et n'a pas été mise à même d'accepter la proposition de logement.

Par des mémoires en défense, enregistrés les 27 février et 23 septembre 2024, la préfète du Rhône conclut, en dernier lieu, au non-lieu à statuer sur la requête.

Elle fait valoir que la commission d'attribution des logements a attribué le 27 août 2024 à la requérante le logement proposé par ses services, de sorte qu'il n'y a plus lieu à statuer sur ses conclusions.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- le code de la construction et de l'habitation ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;

- le code de justice administrative.

Mme A C a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 3 mai 2024.

Les parties ont été régulièrement convoquées à l'audience publique.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Mariller, présidente ;

- et les observations de M. B, pour la préfète du Rhône.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. Mme A C demande au tribunal, saisi sur le fondement de l'article L. 441-2-3-1 du code de la construction et de l'habitation, d'enjoindre à la préfète du Rhône d'assurer son relogement en exécution de la décision du 6 juin 2023 par laquelle la commission de médiation du département du Rhône a reconnu le caractère prioritaire et urgent de sa situation.

Sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte :

2. Aux termes du I de l'article L. 441-2-3-1 du code de la construction et de l'habitation : " Le demandeur qui a été reconnu par la commission de médiation comme prioritaire et comme devant être logé d'urgence et qui n'a pas reçu, dans un délai fixé par décret, une offre de logement tenant compte de ses besoins et de ses capacités peut introduire un recours devant la juridiction administrative tendant à ce que soit ordonné son logement ou son relogement. / () / Le président du tribunal administratif ou le magistrat qu'il désigne, lorsqu'il constate que la demande a été reconnue comme prioritaire par la commission de médiation et doit être satisfaite d'urgence et que n'a pas été offert au demandeur un logement tenant compte de ses besoins et de ses capacités, ordonne le logement ou le relogement de celui-ci par l'Etat et peut assortir cette injonction d'une astreinte () ". Aux termes du IV bis de l'article L. 441-2-3 du même code : " Les propositions faites () aux demandeurs reconnus prioritaires par les commissions de médiation ne doivent pas être manifestement inadaptées à leur situation particulière ".

3. Mme A C a saisi le tribunal sur le fondement du I de l'article L. 441-2-3-1 du code de la construction et de l'habitation afin qu'il soit enjoint à la préfète du Rhône d'assureur son relogement, en exécution de la décision du 6 juin 2023 par laquelle la commission de médiation Droit au logement opposable du département du Rhône a reconnu le caractère prioritaire et urgent de sa situation pour l'attribution d'un logement du parc social de type T4, situé dans le secteur de soin d'un de ses enfants.

4. Il résulte de l'instruction, sans que cela ne soit contesté par la requérante, que Mme A C a été destinataire en cours d'instance d'une proposition de relogement dans un appartement de type T4, d'une superficie de 64 m², situé 28 rue Notre-Dame à Lyon 6ème, dont il n'est pas soutenu qu'elle était manifestement inadaptée à sa situation et qui lui a été attribué par la commission d'attribution des logements le 27 août 2024. Dans ces conditions, les conclusions de la requête de Mme A C aux fins d'injonction assorties d'astreinte sont devenues sans objet et il n'y a pas plus lieu d'y statuer.

Sur les frais liés au litige :

5. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux conclusions présentées par Mme A C sur le fondement des dispositions combinées des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions de la requête de Mme A C aux fins d'injonction et d'astreinte.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 3 : Le présente jugement sera notifié à Mme D A C et à la ministre du logement et de la rénovation urbaine.

Copie en sera dressée à la préfète du Rhône.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 23 octobre 2024.

La présidente du tribunal,

C. MarillerLe greffier,

Y. Mesnard

La République mande et ordonne à la ministre du logement et de la rénovation urbaine, en ce qui la concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

Pour expédition,

Le greffier,

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