Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2310862

jeudi 31 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2310862
TypeOrdonnance
RecoursPlein contentieux

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Lyon a rejeté la requête de M. B contestant un indu d’allocation de logement familiale mis à sa charge par la caisse d’allocations familiales de l’Ain. Le requérant n’a pas donné suite à une demande de régularisation de sa requête, qui lui imposait de préciser l’objet de sa demande et de fournir une argumentation, et le courrier de régularisation lui a été retourné. En application des articles R. 222-1 (7°) et R. 772-6 du code de justice administrative, la requête a été jugée irrecevable car elle ne comportait que des moyens manifestement insuffisamment précis pour en apprécier le bien-fondé.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 18 décembre 2023, M. B soumet au tribunal le litige l'opposant à la caisse d'allocations familiales de l'Ain à propos de l'indu d'allocation de logement familiale mis à sa charge par la décision du 18 novembre 2023.

Par un courrier du 12 janvier 2024, le greffe du tribunal a invité M. B à régulariser sa requête en application de l'article R. 772-6 du code de justice administrative, à motiver et compléter sa requête, dans un délai de quinze jours, en indiquant précisément au tribunal l'objet de sa demande et en présentant une argumentation destinée à montrer que la décision contestée méconnaît ses droits.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la construction et de l'habitation ;

- le code de l'action sociale ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents de formation de jugement des tribunaux () peuvent, par ordonnance : / () 7° Rejeter, après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire, les requêtes ne comportant que des moyens de légalité externe manifestement infondés, des moyens irrecevables, des moyens inopérants ou des moyens qui ne sont assortis que de faits manifestement insusceptibles de venir à leur soutien ou ne sont manifestement pas assortis des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé (). ".

2. D'une part, en matière de contentieux sociaux, l'article R. 772-6 du même code dispose : " Une requête de première instance ne peut être rejetée pour défaut ou pour insuffisance de motivation, notamment en application du 7° de l'article R. 222-1, qu'après que le requérant a été informé du rôle du juge administratif et de la nécessité de lui soumettre une argumentation propre à établir que la décision attaquée méconnaît ses droits et de lui transmettre, à cet effet, toutes les pièces justificatives utiles. S'il y a lieu, le requérant est ainsi invité à régulariser sa requête dans le délai qui lui est imparti et dont le terme peut être fixé au-delà de l'expiration du délai de recours. Il est informé qu'à défaut de régularisation les conclusions pourront être rejetées comme irrecevables dès l'expiration du délai imparti qui, sauf urgence, ne peut être inférieur à quinze jours. La demande de régularisation tient lieu de l'information prévue à l'article R. 611-7 ".

3. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision refusant ou ne faisant que partiellement droit à une remise gracieuse d'un indu d'une prestation ou d'une allocation versée au titre de l'aide ou de l'action sociale, du logement ou en faveur de travailleurs privés d'emploi, il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention qu'à sa qualité de juge de plein contentieux, d'apprécier, en application de l'article L.553-2 du code de la sécurité sociale, si une remise gracieuse est susceptible d'être accordée au regard de la situation de précarité et de la bonne foi du requérant. A cet égard, il ne lui appartient pas de statuer sur le bienfondé de l'indu

4. En l'espèce, la demande de régularisation adressée le 12 janvier 2024 à M. B a été retournée au tribunal avec la mention " N'habite plus à l'adresse indiquée ". Le requérant, est réputé en avoir eu connaissance, dès lors qui n'a pas signalé de changement d'adresse. Dans sa requête initiale, le requérant se borne à transmettre au tribunal les documents relatifs au litige l'opposant à la caisse d'allocations familiales de l'Ain, sans indiquer l'objet de sa demande. Dans ces conditions, faute d'avoir été régularisée, la requête, qui ne comporte que l'énoncé de moyens manifestement non assortis des précisions suffisantes permettant d'en apprécier le bien-fondé, doit être rejetée en application des dispositions précitées du 7° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B et à la caisse d'allocations familiales de l'Ain.

Fait à Lyon, le 31 octobre 2024.

La première vice-présidente,

D. Jourdan

La République mande et ordonne à la préfète de l'Ain en ce qui la concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.