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AccueilJurisprudence administrativeN° TA69-2311237

Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2311237

jeudi 18 avril 2024

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2311237
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationD
Avocat requérantSELARL PBO PARTENAIRES AVOCATS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 27 décembre 2023, la commune d'Oullins, représentée par son maire en exercice, ayant pour avocat Me Bonnet (Selas Cabinet Lega-Cité), demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article R. 532-1 du code de justice administrative :

1°) de désigner un expert chargé de se prononcer sur les causes et les conséquences des désordres qui affectent le groupe scolaire Jules Ferry situé place Claude Jordery à Oullins (69600) ;

2°) de rendre les opérations d'expertise communes et opposables à M. C, Mme D, aux sociétés MAF, Sletec ingénierie, Euromaf, Qualiconsult, Entreprise Chazelle, Comptoir des revêtements, Axa France Iard, André Vaganay, Menuiserie Genévrier, Acte Iard, Sols réalisation, SMABTP, Entreprise Ferrard, L'Auxiliaire et Groupama.

Elle soutient que :

- dans le cadre de travaux de réhabilitation du groupe scolaire Jules Ferry, comprenant la restructuration de bâtiments existants et la construction d'une extension et d'un gymnase, elle a confié la maîtrise d'œuvre à un groupement composé de M. C, Mme D (enseigne D et C) et de la société Sletec ingénierie ;

- la réception des travaux de la tranche ferme est intervenue le 10 janvier 2014 ; celle de la première tranche conditionnelle le 17 novembre 2015 et celle de la seconde tranche conditionnelle le 21 février 2017 ;

- au cours de l'année 2023, de nombreux désordres sont apparus, consistant en des infiltrations et des fissurations de carrelage ; ces désordres, constatés par un procès-verbal de constat du 13 décembre 2023, persistent et s'aggravent ;

- la mesure d'expertise sollicitée doit permettre de déterminer les causes et origines des désordres, les responsabilités encourues ainsi que les travaux réparatoires.

Par un mémoire en défense, enregistré le 16 janvier 2024, la société Axa France Iard, en qualité d'assureur de la société Comptoir des revêtements, représentée par Me Bourbonneux (Cabinet Quadrance) demande au juge des référés de lui donner acte de ce qu'elle ne s'oppose pas à la mesure d'expertise sollicitée.

Par un mémoire en défense, enregistré le 16 janvier 2024, la société Axa France Iard, en qualité d'assureur de la société Chazelle, représentée par Me Barthelemy (Selarl PBO B Associés) demande au juge des référés :

1°) de prendre acte de ses protestations et réserves d'usage quant à la mesure d'expertise sollicitée ;

2°) de réserver les dépens.

Par un mémoire en défense, enregistré le 19 janvier 2024, les sociétés SMABTP et Sols Réalisation, représentées par Me Pacifici (Selarl Tacoma) informent le juge des référés de ce qu'elles ne s'opposent pas, sous les plus expresses protestations et réserves, à la mesure d'expertise sollicitée.

Par un mémoire en défense, enregistré le 26 janvier 2024, la société André Vaganay, représentée par Me Delay (Selarl Isee) demande au juge des référés de prendre acte de ses protestations et réserves et de ce qu'elle ne s'oppose pas à la mesure d'expertise sollicitée.

Par un mémoire en défense, enregistré le 31 janvier 2024, la société Groupama Rhône-Alpes Auvergne, représentée par Me Barre (Selarl Barre - Le Gleut) informe le juge des référés qu'elle formule toutes protestations et réserves d'usage utiles sur la mesure d'instruction sollicitée.

Par un mémoire en défense, enregistré le 7 février 2024, la société L'Auxiliaire, en qualité d'assureur de la société Ferrard et compagnie, représentée par Me Burrus (Selarl C/M B), informe le juge des référés qu'elle ne s'oppose pas à la mesure d'expertise sollicitée.

Par un mémoire en défense, enregistré le 9 février 2024, la société Comptoir des revêtements, représentée par Me Vanhaecke (Selarl Céos B) demande au juge des référés :

1°) de la déclarer recevable et bien fondée en ses protestations et réserves sur la demande d'expertise ;

2°) de réserver les dépens.

Par un mémoire en défense, enregistré le 21 février 2024, la société Entreprise Chazelle et la société Axa France Iard, son assureur, représentées par Me Barthelemy (Selarl PBO B Associés) demande au juge des référés :

1°) de prendre acte de leurs protestations et réserves d'usage quant à la mesure d'expertise sollicitée ;

2°) de réserver les dépens.

Par un mémoire en défense, enregistré le 11 mars 2024, la société Mutuelle des architectes français (MAF), en qualité d'assureur de M. C et Mme D, représentée par Me Megherbi demande au juge des référés :

1°) de juger qu'elle formule les protestations et réserves d'usage ;

2°) de réserver les dépens.

Par un mémoire en défense, enregistré le 14 mars 2024, les sociétés Menuiserie Genevrier et Acte Iard, son assureur, représentées par Me Duflot (Selarl Duflot et Associés) demandent au juge des référés :

1°) d'enjoindre à la commune d'Oullins de produite au débat la déclaration d'ouverture de chantier de l'opération susvisée ;

2°) de compléter la mission de l'expert selon les termes de leur mémoire ;

3°) de leur donner acte de leurs plus expresses réserves sur la mesure d'expertise.

La requête a été régulièrement communiquée aux sociétés Euromaf et Qualiconsult qui n'ont pas présenté d'observations.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 532-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, sur simple requête et même en l'absence d'une décision administrative préalable, prescrire toute mesure utile d'expertise ou d'instruction. () ".

2. La demande d'expertise présentée par la commune d'Oullins, aux fins de déterminer les causes et les conséquences des désordres affectant le groupe scolaire Jules Ferry, présente un caractère utile et entre dans le champ d'application des dispositions précitées. Dès lors, il y a lieu d'y faire droit dans les conditions précisées au dispositif de la présente ordonnance.

3. En revanche, il n'appartient pas au juge administratif de donner et de prendre acte de déclarations, de réserves ou d'intentions. Les conclusions présentées en ce sens par les parties sont rejetées.

4. Par ailleurs, il résulte des dispositions de l'article R. 621-7-1 du code de justice administrative que seul le président du tribunal peut, à la demande de l'expert, adresser une injonction de produire un document à toute partie figurant à l'expertise en cours. Les conclusions à d'injonction présentées par les sociétés Menuiserie Genevrier et Acte Iard ne peuvent qu'être rejetées.

5. Enfin, en application des dispositions de l'article R. 621-13 du code de justice administrative, les frais de l'expertise seront liquidés et taxés par ordonnance laquelle désignera la partie qui les supportera. Par suite, les conclusions des parties relatives aux dépens ne peuvent qu'être rejetées.

ORDONNE

Article 1er : M. G F, demeurant Société Solyamo - 17 Chemin Louis Chirpaz à Ecully (69130), est désigné comme expert avec pour mission de :

1°- se rendre sur les lieux, entendre les parties, prendre connaissance de tous documents utiles ; donner tous éléments et établir tous plans, croquis ou schémas, produire des photos, utiles à la compréhension des faits de la cause ;

2°- rechercher et préciser les liens contractuels unissant les parties, décrire les missions confiées à chacune des parties à la présente instance, et si possible, annexer à son rapport les marchés, avenants, ordres de services et tous autres documents utiles ; informer les parties qu'il est de leur intérêt d'appeler immédiatement telles entreprises dont la responsabilité serait mise en évidence au cours des premières opérations d'expertise ;

3°- préciser la chronologie des opérations de construction, ainsi que celles des opérations de réception, la nature des réserves dont cette réception aurait été assortie et les suites données à celles-ci ;

4°- décrire les désordres affectant le groupe scolaire Jules Ferry à Oullins (69600), en lien avec ceux mentionnés dans la requête et dans le procès-verbal de constat du 13 décembre 2023, et en indiquer la nature et l'étendue ; pour chacun d'eux, déterminer la date de la première apparition, et préciser, si, à la date de la réception, il était apparent, ou tout au moins prévisible, en tout cas dans toutes ses conséquences ;

5°- fournir tous éléments permettant d'apprécier si chacun de ces désordres met l'ouvrage en péril ou le rendent impropre à sa destination, et donner son avis sur ce point ;

6°- donner son avis sur la ou les causes de chaque désordre (vice de conception, défaut de surveillance, faute d'exécution, manquement aux règles de l'art, qualité des matériaux utilisés, insuffisance d'entretien, ou tout autre cause) ; si les dommages sont dus à plusieurs causes, fournir tous éléments permettant d'apprécier dans quelle proportion ils sont imputables à chacune d'elles et donner son avis sur ce point ;

7°- décrire les travaux de nature à faire cesser les désordres et à remettre l'ouvrage en l'état prévu par le marché ; en évaluer le coût et en fixer la durée compte tenu des nécessités de leur conception, de la passation des marchés, et de l'exécution des travaux ;

8°- donner son avis sur l'existence d'améliorations et/ou de plus-values apportées à l'ouvrage par les préconisations des éventuelles solutions techniques ;

9°- donner son avis sur les préjudices de toute nature subis du fait desdits désordres et en évaluer le montant ;

10°- de manière générale, donner toutes précisions et informations utiles permettant au tribunal de se prononcer sur les responsabilités et l'importance du préjudice, ainsi que toute information utile à la solution du litige ;

11°- établir une synthèse non technique des réponses aux questions posées, et, s'il y a lieu, proposer une répartition motivée des responsabilités en pourcentage ;

12° - tenter de parvenir à un accord entre les parties, si possible.

L'expert disposera des pouvoirs d'investigation les plus étendus. Il pourra entendre tous sachants, se faire communiquer tous documents et renseignements, faire toutes constatations ou vérifications propres à faciliter l'accomplissement de sa mission et éclairer le tribunal administratif.

Article 2 : L'expert accomplira sa mission dans les conditions prévues aux articles R. 621-2 à R. 621-14 du code de justice administrative. Il ne pourra recourir à un sapiteur sans l'autorisation préalable de la présidente du tribunal administratif. L'expert recueillera et consignera les observations des parties sur les constatations auxquelles il procèdera et les conclusions qu'il envisagera d'en tirer.

Article 3 : Préalablement à toute opération, l'expert prêtera serment dans les formes prévues à l'article R. 621-3 du code de justice administrative.

Article 4 : L'expertise aura lieu en présence de la commune d'Oullins, de M. E C et Mme A D et des sociétés MAF, Sletec ingénierie, Euromaf, Qualiconsult, Entreprise Chazelle, Comtoir des revêtements, Axa France Iard, André Vaganay, Groupama, Sols Réalisation, SMABTP, Entreprise Ferrard et Compagnie, L'Auxiliaire, Menuiserie Genevrier et Acte Iard.

Article 5 : L'expert déposera son rapport au greffe sous forme électronique par le biais de la plateforme d'échanges dans le délai de quatre mois à compter de la notification de la présente ordonnance, accompagné de l'état de ses vacations, frais et débours.

Article 6 : L'expert notifiera son rapport aux parties dans les conditions prévues à l'article R. 621-9 du code de justice administrative. Avec leur accord, cette notification pourra s'opérer dans les conditions prévues à l'article R. 621-7-3 du même code.

Article 7 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.

Article 8 : La présente ordonnance sera notifiée à la commune d'Oullins, à M. E C, à Mme A D, aux sociétés MAF, Sletec ingénierie, Euromaf, Qualiconsult, Entreprise Chazelle, Comtoir des revêtements, Axa France Iard, André Vaganay, Groupama, Sols Réalisation, SMABTP, Entreprise Ferrard et Compagnie, L'Auxiliaire, Menuiserie Genevrier, Acte Iard et à l'expert.

Fait à Lyon, le 18 avril 2024.

La présidente du tribunal,

Juge des référés,

C. MARILLER

La République mande et ordonne à la préfète du Rhône en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Un greffier,

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