mercredi 23 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2400267 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | D |
| Avocat requérant | MATRICON |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 8 janvier 2024 et deux mémoires enregistrés les 1er et 18 avril 2024, M. B C, représenté par Me Matricon, demande au tribunal :
1°) d'enjoindre à la préfète du Rhône de lui attribuer un logement adapté à ses besoins dans un délai de deux semaines à compter de la notification du présent jugement, sous astreinte de 200 euros par jour de retard ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat le versement à son conseil d'une somme de 1 200 euros, en application des dispositions combinées de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, sous réserve que cette dernière renonce à la part contributive de l'Etat.
Il soutient que :
- par une décision du 23 mai 2023, la commission de médiation droit au logement opposable du Rhône l'a reconnu prioritaire et devant être logé d'urgence dans un logement répondant à ses besoins et capacités, de type T4-T5 ;
- le logement de type T4, situé à Saint-Cyr-au-Mont-d'Or proposé par la préfecture du Rhône n'est pas adapté à sa situation compte tenu de sa localisation, laquelle est incompatible avec sa vie professionnelle et celle de son épouse ;
- il exerce une activité de livreur de repas à Chassieu ; son épouse est auxiliaire de vie et exerce ses fonctions d'aide à domicile sur les secteurs de Chassieu, Vaulx-en-Velin, Meyzieu, Genas et Décines ; son épouse n'est pas véhiculée et se déplace exclusivement en transports en commun.
Par un mémoire en défense, et des pièces complémentaires, enregistrés les 12 mars et 4 avril 2024, la préfète du Rhône conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que :
- ayant refusé une proposition de logement adaptée à sa situation, le requérant ne peut plus être considéré comme prioritaire ;
- le requérant ne justifie pas en quoi la localisation du logement proposé, desservie par les transports en commun, ne serait pas adaptée à la situation du ménage ;
- il n'établit pas en quoi le trajet entre la crèche, l'école et le club de football de son enfant présenterait pour lui un degré de difficulté particulier qui le rendrait difficilement surmontable.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- le code de la construction et de l'habitation ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
M. C a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 26 juillet 2024
Les parties ont été régulièrement convoquées à l'audience publique.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Mariller, présidente ;
- les observations de Me Matricon, pour M. C, qui fait valoir que le logement proposé n'est pas adapté aux besoins du foyer et que Mme C est enceinte ;
- et les observations de M. A, pour la préfète du Rhône, qui persiste dans ses conclusions écrites par les mêmes motifs développés.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. C demande au tribunal, saisi sur le fondement de l'article L. 441-2-3-1 du code de la construction et de l'habitation, d'enjoindre à la préfète du Rhône d'assurer son relogement en exécution de la décision du 23 mai 2023 par laquelle la commission de médiation du département du Rhône a reconnu le caractère prioritaire et urgent de sa situation.
Sur la demande d'injonction :
2. Aux termes du I de l'article L. 441-2-3-1 du code de la construction et de l'habitation : " Le demandeur qui a été reconnu par la commission de médiation comme prioritaire et comme devant être logé d'urgence et qui n'a pas reçu, dans un délai fixé par décret, une offre de logement tenant compte de ses besoins et de ses capacités peut introduire un recours devant la juridiction administrative tendant à ce que soit ordonné son logement ou son relogement. / () / Le président du tribunal administratif ou le magistrat qu'il désigne, lorsqu'il constate que la demande a été reconnue comme prioritaire par la commission de médiation et doit être satisfaite d'urgence et que n'a pas été offert au demandeur un logement tenant compte de ses besoins et de ses capacités, ordonne le logement ou le relogement de celui-ci par l'Etat et peut assortir cette injonction d'une astreinte () ". Aux termes du IV bis de l'article L. 441-2-3 du même code : " Les propositions faites () aux demandeurs reconnus prioritaires par les commissions de médiation ne doivent pas être manifestement inadaptées à leur situation particulière ".
3. Il résulte des dispositions organisant le droit au logement opposable, particulièrement des articles R. 441-16-3, R. 441-18 et R. 441-18-2 du code de la construction et de l'habitation, que le demandeur reconnu comme prioritaire par une décision de la commission de médiation peut perdre le bénéfice de cette décision si, sans motif sérieux, il refuse une offre de logement ou d'hébergement correspondant à ses besoins et à ses capacités.
4. Par une décision du 23 mai 2023, la commission de médiation du département du Rhône a reconnu M. C comme étant prioritaire et devant se voir attribuer en urgence un logement répondant à ses besoins et à ses capacités, de type T4-T5. Il résulte de l'instruction que le requérant a été destinataire, le 9 janvier 2024, d'une proposition d'attribution d'un logement de type T4, d'une superficie de 77 m², situé à Saint-Cyr-au-Mont-d'Or, qu'il a refusée compte tenu de la localisation du logement au regard de ses contraintes professionnelles et de celles de son épouse. Le requérant, autoentrepreneur, justifie exercer et développer une activité de livreur de repas et de produits alimentaires sur la commune de Chassieu, notamment dans la zone industrielle. Son épouse, qui ne dispose pas du permis de conduire et n'est pas véhiculée, exerce la profession d'auxiliaire de vie, dans le cadre d'un contrat à durée indéterminée, sur les secteurs de Chassieu, Vaulx-en-Velin, Meyzieu, Genas et Décines avec des plages de travail pouvant s'étendre sur les week-ends et les jours fériés. Si la préfète fait valoir que ce logement est situé à 50 minutes en transports en commun du siège de l'agence d'emploi de Mme C, il est constant que ce logement se situe, en moyenne, à plus d'1h15 des secteurs d'exercice de son activité professionnelle en transports en commun. Cette durée de déplacement n'est pas compatible avec l'exercice par Mme C de son activité professionnelle, étant au surplus précisé que le dernier enfant du couple est très jeune et qu'elle est enceinte de son deuxième enfant. En outre, et en l'état du dossier, il n'est pas établi que Mme C pourrait retrouver un travail équivalent à Saint-Cyr-au-Mont-d'Or ou dans ses environs. Dans les circonstances particulières de l'espèce, le refus opposé par M. C à la proposition de logement qui lui a été faite le 9 janvier 2024 doit être regardé comme justifié par un motif impérieux.
5. Dans ces conditions, dès lors qu'il est constant que la demande de logement social de l'intéressé présente toujours le caractère prioritaire et urgent que lui a reconnu la commission de médiation, il y a lieu d'enjoindre à la préfète du Rhône d'assurer le relogement de M. C conformément aux préconisations de la commission de médiation dans sa décision du 23 mai 2023.
Sur l'astreinte :
6. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce et en application des dispositions de l'article L. 441-2-3-1 du code de la construction et de l'habitation, d'assortir d'office cette injonction d'une astreinte à compter du 1er janvier 2025, dont le montant doit être fixé à la somme de 500 euros par mois entier de retard. Il incombera à la préfète du Rhône, tant que l'injonction ne sera pas exécutée, de verser spontanément l'astreinte au Fonds national d'accompagnement vers et dans le logement dès qu'elle sera due pour une période de six mois. Lorsqu'elle estimera avoir exécuté l'injonction, il lui appartiendra de demander au juge de constater cette exécution et de procéder en conséquence à une liquidation définitive de l'astreinte.
Sur les frais liés au litige :
7. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux conclusions présentées par le requérant sur le fondement des dispositions combinées des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : Il est enjoint à la préfète du Rhône d'assurer le relogement de M. C dans des conditions adaptées à sa situation avant le 1er janvier 2025.
Article 2 : L'astreinte, d'un montant de 500 euros par mois de retard à compter du 1er janvier 2025, sera versée par les services de l'État au fonds national d'accompagnement vers et dans le logement selon les modalités prévues par l'article L. 441-2-3-1 du code de la construction et de l'habitation, jusqu'à sa liquidation définitive par le juge.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. B C et à la ministre du logement et de la rénovation urbaine.
Copie en sera dressée à la préfète du Rhône.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 23 octobre 2024.
La présidente du tribunal,
C. MarillerLe greffier,
Y. MesnardLa République mande et ordonne à la ministre du logement et de la rénovation urbaine, en ce qui la concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition,
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026