vendredi 28 mars 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2400362 |
| Type | Décision |
| Publication | D |
| Formation | 7ème chambre |
| Avocat requérant | RICCI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire (ce dernier n'ayant pas été communiqué), enregistrés les 12 janvier 2024 et 23 février 2025, Mme A, représentée par Me Ricci, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision implicite par laquelle la préfète du Rhône a rejeté sa demande de prendre toute mesure de police destinée à prévenir, réprimer et faire cesser les troubles à la tranquillité et la sécurité publique liés au jardin des Chartreux, datée du 11 septembre 2023 ;
2°) de condamner l'État à lui verser la somme de 5 000 euros en réparation du préjudice moral qu'elle estime avoir subi ;
3°) d'enjoindre à la préfète du Rhône de prendre toute mesures de police de nature à prévenir, réprimer et faire cesser les troubles à la tranquillité et la sécurité publique liés au jardin des Chartreux dans un délai de 15 jours à compter de la notification du jugement ;
4°) de mettre à la charge de l'État la somme de 2 000 euros à lui verser au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- l'illégalité de la décision contestée constitue une faute susceptible d'engager la responsabilité de l'État ;
- la carence de l'État pour faire cesser les atteintes à la tranquillité publique constitue une faute de nature à engager sa responsabilité ;
- l'État est responsable des dégâts et dommages résultant des crimes et délits commis par des attroupements ou des rassemblements armés ou non armés contre les personnes et contre les biens ;
- elle a subi un préjudice moral qu'elle évalue à 5 000 euros.
Par un mémoire en défense, enregistré le 8 mars 2024, la préfète du Rhône conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que :
- à titre principal, la requête est irrecevable à défaut de preuve d'envoi et de réception de la demande de Mme A, de nature à lier le contentieux indemnitaire et à faire naître la décision implicite de rejet contestée ;
- à titre subsidiaire, les moyens soulevés par la requérante ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 23 janvier 2025, la clôture de l'instruction a été fixée au 24 février 2025.
Le 12 mars 2025, la requérante a produit des pièces complémentaires qui n'ont pas fait l'objet d'une communication.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de la sécurité intérieure ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
La présidente du tribunal a désigné Mme Rizzato, première conseillère, pour exercer temporairement les fonctions de présidente de la 7ème chambre en application du second alinéa de l'article R. 222-17 du code de justice administrative.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme de Tonnac,
- les conclusions de M. Gueguen, rapporteur public,
- et les observations de Me Mendez, substituant Me Ricci, représentant Mme A.
Une note en délibéré a été produite pour Mme A le 14 mars 2025.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A est locataire d'un appartement situé en contrebas du jardin des Chartreux dans le premier arrondissement de la ville de Lyon. Elle demande l'annulation de la décision implicite de rejet née du silence gardé par la préfète du Rhône sur sa demande, datée du 11 septembre 2023, tendant à ce qu'elle prenne toute mesure de police destinée à prévenir, réprimer et faire cesser les troubles à la tranquillité et la sécurité publique résultant de la fréquentation du jardin des Chartreux ainsi que de l'organisation d'évènements dans ce jardin et l'indemnisation du préjudice moral qu'elle estime avoir subi en raison de ces troubles et de l'absence de mesure mise en œuvre pour les faire cesser.
Sur la fin de non-recevoir opposée en défense :
2. Aux termes du premier alinéa de l'article R. 412-1 du code de justice administrative : " La requête doit, à peine d'irrecevabilité, être accompagnée, sauf impossibilité justifiée, de l'acte attaqué ou, dans le cas mentionné à l'article R. 421-2, de la pièce justifiant de la date de dépôt de la réclamation " et aux termes de l'article R. 421-2 du même code : " Sauf disposition législative ou réglementaire contraire, dans les cas où le silence gardé par l'autorité administrative sur une demande vaut décision de rejet, l'intéressé dispose, pour former un recours, d'un délai de deux mois à compter de la date à laquelle est née une décision implicite de rejet. Toutefois, lorsqu'une décision explicite de rejet intervient avant l'expiration de cette période, elle fait à nouveau courir le délai de recours. / La date du dépôt de la demande à l'administration, constatée par tous moyens, doit être établie à l'appui de la requête () ". Aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " la juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. / Lorsque la requête tend au paiement d'une somme d'argent, elle n'est recevable qu'après l'intervention de la décision prise par l'administration sur une demande préalablement formée devant elle ".
3. Lorsqu'il est saisi, postérieurement à la clôture de l'instruction et au prononcé des conclusions du rapporteur public, d'un mémoire émanant d'une des parties à l'instance, il appartient dans tous les cas au juge administratif d'en prendre connaissance avant la séance au cours de laquelle sera rendue la décision. S'il a toujours la faculté, dans l'intérêt d'une bonne justice, de rouvrir l'instruction et de soumettre au débat contradictoire les éléments contenus dans le mémoire, il n'est tenu de le faire à peine d'irrégularité de sa décision que si ce mémoire contient soit l'exposé d'une circonstance de fait dont la partie qui l'invoque n'était pas en mesure de faire état avant la clôture de l'instruction et que le juge ne pourrait ignorer sans fonder sa décision sur des faits matériellement inexacts, soit d'une circonstance de droit nouvelle ou que le juge devrait relever d'office.
4. En l'espèce, la préfète du Rhône a opposé dans son mémoire en défense, enregistré le 8 mars 2024 et communiqué à Mme A le même jour, une fin de non-recevoir tirée de la méconnaissance de l'article R. 421-1 précité du code de justice administrative en précisant que la " requérante ne fournit ni la preuve du dépôt de son courrier () ni l'avis de réception par [s]es services de celui-ci " et que, " dès lors que la requérante ne rapporte pas la preuve de la réception de son courrier () elle ne démontre ni avoir fait naître une décision, ni s'être soumise à l'obligation de recours indemnitaire préalable pour lier le contentieux ". La requérante a ainsi été mise à même de justifier de la recevabilité de sa requête.
5. Si Mme A a produit postérieurement à la clôture de l'instruction, intervenue le 24 février 2025, l'accusé de réception de son courrier du 11 septembre 2023 et invoque un dysfonctionnement de l'application télérecours dans l'enregistrement de cette pièce lors du dépôt de sa requête, elle ne justifie pas ne pas avoir été en mesure de produire cet élément avant que l'instruction de l'affaire ne soit close. Par suite, et alors que le tribunal n'est pas tenu de rouvrir l'instruction et de soumettre au débat contradictoire les pièces produites dans ces conditions, la fin de non-recevoir opposée en défense doit être accueillie.
6. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation et d'indemnisation présentées par Mme A doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
7. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'une somme soit mise à la charge de l'État, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, au titre des frais liés au litige.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et à la préfète du Rhône.
Délibéré après l'audience du 14 mars 2025, à laquelle siégeaient :
Mme Rizzato, première conseillère faisant fonction de présidente,
Mme Leravat, première conseillère,
Mme de Tonnac, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 mars 2025.
La rapporteure,
A. de Tonnac
La première conseillère faisant fonction de présidente,
C. Rizzato
Le greffier,
Y. Mesnard
La République mande et ordonne à la préfète du Rhône en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier,
Tribunal Administratif de Lyon — N° TA69-2410256
**Sujet principal** : Demande d'annulation du refus de la préfète du Rhône de fixer un rendez-vous pour le dépôt d'une demande de titre de séjour. **Juridiction** : Tribunal Administratif de Lyon (7ème chambre). **Solution retenue** : Le tribunal donne acte du désistement de la requête de la demanderesse. Ce désistement est prononcé car, ayant annoncé un mémoire complémentaire dans sa requête sommaire, elle ne l'a pas produit dans le délai légal de quinze jours. **Textes appliqués** : L'article R. 911-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, qui prévoit la sanction du désistement en cas de non-production d'un mémoire complémentaire annoncé dans le délai imparti.
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