lundi 29 avril 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2400474 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | D |
| Avocat requérant | CANTON |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 16 janvier 2024, la commune de Décines-Charpieu, représentée par son maire en exercice, ayant pour avocat Me Dadon (Selarl Guitton et Dadon), demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article R. 532-1 du code de justice administrative de désigner un expert chargé de se prononcer sur les causes et les conséquences des désordres, en lien avec ceux précisés dans la requête, qui affectent le nouvel équipement pour la petite enfance, situé 6 rue Marino Simonetti à Décines-Charpieu (69150).
Elle soutient que :
- dans le cadre de la réalisation d'un nouvel équipement pour la petite enfance, elle a confié à un groupement solidaire de plusieurs entreprises les travaux de construction de ce nouvel équipement ; le lot n° 2 " Voirie et réseaux divers " a été confié à la société Stal ;
- les travaux afférents au lot n°1 ont été réceptionnés avec plusieurs réserves le 17 janvier 2014 ; ceux afférents au lot n°2 ont été réceptionnés sans réserves le 16 juin 2014 ;
- plusieurs désordres sont survenus, affectant notamment les dortoirs de la crèche accueillant des enfants de 0 à 3 ans ; les désordres consistent en des infiltrations au niveau des faux plafond dans les salles dortoirs ; une forte augmentation du taux d'humidité a été constatée en pièce de façade ; l'apparition de gouttes dans l'encadrement d'une porte et la présence d'eau dans le faux plafond au droit de cette porte ; des entrées d'eau au niveau du seuil de porte mais aussi des infiltrations d'eau généralisées au droit de la porte du bâtiment ainsi que dans la zone du dortoir où sont accueillis les enfants en bas-âge ;
- en dépit de l'intervention d'un expert mandaté par l'assureur de la société EGBS en août 2023, tous les points n'ont pas été traités ;
- il importe que les désordres susmentionnés soient constatés contradictoirement et que leurs causes soient appréciées par un expert impartial, de même que leur solutionnement précisé.
Par un mémoire en défense, enregistré le 19 février 2024, non communiqué, la société Groupama Rhône Alpes, en qualité d'assureur de la société Siffert, représentée par Me Pacifici (Selarl Tacoma), informe le juge des référés qu'elle ne s'oppose pas, sous les plus expresses protestations et réserves, à la mesure d'expertise sollicitée.
Par un mémoire en défense, enregistré le 5 avril 2024, non communiqué, la société L'Auxiliaire, en qualité d'assureur de la société Toutbois Agencement, représentée par Me Canton, demande au juge des référés :
1°) de lui donner acte de ses protestations et réserves sur la demande d'expertise ;
2°) de réserver les dépens.
La requête a été régulièrement communiquée aux sociétés EGBS, MMA Iard, Somaco, Lugis, Donetti Fils, H, G, A et D, 2B Batisseur Bois - Minot 2B et Zurich Insurance PLC, qui n'ont pas produit d'observations.
La présidente du tribunal a désigné Mme C, première vice-présidente, en qualité de juge des référés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article R. 532-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, sur simple requête et même en l'absence d'une décision administrative préalable, prescrire toute mesure utile d'expertise ou d'instruction. () ".
2. La demande d'expertise présentée par la commune de Décines-Charpieu, aux fins de déterminer les causes et les conséquences des désordres, en lien avec ceux précisés dans la requête, qui affectent le nouvel équipement pour la petite enfance, situé 6 rue Marino Simonetti à Décines-Charpieu, présente un caractère utile et entre dans le champ d'application des dispositions précitées. Dès lors, il y a lieu d'y faire droit dans les conditions précisées au dispositif de la présente ordonnance.
3. Il n'appartient pas au juge administratif de donner acte de déclarations, de réserves ou d'intentions. Les conclusions présentées en ce sens par la société L'Auxiliaire sont, par suite, rejetées.
4. En application des dispositions de l'article R. 621-13 du code de justice administrative, les frais de l'expertise seront liquidés et taxés par ordonnance laquelle désignera la partie qui les supportera. Par suite, les conclusions de la société L'Auxiliaire relatives aux dépens ne peuvent qu'être rejetées.
ORDONNE
Article 1er : M. F B, demeurant 10 rue Michelet à Saint-Etienne (42000), est désigné comme expert avec pour mission de :
1°- se rendre sur les lieux, entendre les parties, prendre connaissance de tous documents utiles ; donner tous éléments et établir tous plans, croquis ou schémas, produire des photos, utiles à la compréhension des faits de la cause ;
2°- rechercher et préciser les liens contractuels unissant les parties, décrire les missions confiées à chacune des parties à la présente instance, et si possible, annexer à son rapport les marchés, avenants, ordres de services et tous autres documents utiles ; informer les parties qu'il est de leur intérêt d'appeler immédiatement telles entreprises dont la responsabilité serait mise en évidence au cours des premières opérations d'expertise ;
3°- préciser la chronologie des opérations de construction, ainsi que celles des opérations de réception, la nature des réserves dont cette réception aurait été assortie et les suites données à celles-ci ;
4°- décrire les désordres affectant l'ouvrage, en lien avec ceux indiqués ci-dessus, et en indiquer la nature et l'étendue ; pour chacun d'eux, déterminer la date de la première apparition, et préciser, si, à la date de la réception, il était apparent, ou tout au moins prévisible, en tout cas dans toutes ses conséquences ;
5°- fournir tous éléments permettant d'apprécier si chacun de ces désordres met l'ouvrage en péril ou le rendent impropre à sa destination, et donner son avis sur ce point ;
6°- donner son avis sur la ou les causes de chaque désordre (vice de conception, défaut de surveillance, faute d'exécution, manquement aux règles de l'art, qualité des matériaux utilisés, insuffisance d'entretien, ou tout autre cause) ; si les dommages sont dus à plusieurs causes, fournir tous éléments permettant d'apprécier dans quelle proportion ils sont imputables à chacune d'elles et donner son avis sur ce point ;
7°- décrire les travaux de nature à faire cesser les désordres et à remettre l'ouvrage en l'état prévu par le marché ; en évaluer le coût et en fixer la durée compte tenu des nécessités de leur conception, de la passation des marchés, et de l'exécution des travaux ;
8°- donner son avis sur l'existence d'améliorations et/ou de plus-values apportées à l'ouvrage par les préconisations des éventuelles solutions techniques ;
9°- donner son avis sur les préjudices de toute nature subis du fait desdits désordres et en évaluer le montant ;
10°- de manière générale, donner toutes précisions et informations utiles permettant au tribunal de se prononcer sur les responsabilités et l'importance du préjudice, ainsi que toute information utile à la solution du litige ;
11°- établir une synthèse non technique des réponses aux questions posées, et, s'il y a lieu, proposer une répartition motivée des responsabilités en pourcentage ;
12° - tenter de parvenir à un accord entre les parties, si possible.
L'expert disposera des pouvoirs d'investigation les plus étendus. Il pourra entendre tous sachants, se faire communiquer tous documents et renseignements, faire toutes constatations ou vérifications propres à faciliter l'accomplissement de sa mission et éclairer le tribunal administratif.
Article 2 : L'expert accomplira sa mission dans les conditions prévues aux articles R. 621-2 à R. 621-14 du code de justice administrative. Il ne pourra recourir à un sapiteur sans l'autorisation préalable de la présidente du tribunal administratif. L'expert recueillera et consignera les observations des parties sur les constatations auxquelles il procèdera et les conclusions qu'il envisagera d'en tirer.
Article 3 : Préalablement à toute opération, l'expert prêtera serment dans les formes prévues à l'article R. 621-3 du code de justice administrative.
Article 4 : L'expertise aura lieu en présence de la commune de Décines-Charpieu et des sociétés EGBS, MMA Iard, Somaco, Lugis, Donetti Fils, H, G, A et D, 2B Batisseur Bois - Minot 2B, Zurich Insurance PLC, Groupama Rhône Alpes et L'Auxiliaire.
Article 5 : L'expert déposera son rapport au greffe sous forme électronique par le biais de la plateforme d'échanges dans le délai de quatre mois à compter de la notification de la présente ordonnance, accompagné de l'état de ses vacations, frais et débours.
Article 6 : L'expert notifiera son rapport aux parties dans les conditions prévues à l'article R. 621-9 du code de justice administrative. Avec leur accord, cette notification pourra s'opérer dans les conditions prévues à l'article R. 621-7-3 du même code.
Article 7 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 8 : La présente ordonnance sera notifiée à la commune de Décines-Charpieu, aux sociétés EGBS, MMA Iard, Somaco, Lugis, Donetti Fils, H, G, A et D, 2B Batisseur Bois - Minot 2B, Zurich Insurance PLC, Groupama Rhône Alpes et L'Auxiliaire et à l'expert.
Fait à Lyon, le 29 avril 2024.
Le juge des référés,
D. C
La République mande et ordonne à la préfète du Rhône en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Un greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026