Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2400508

mercredi 23 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2400508
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationD
FormationJU Chambre Sociale

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Lyon, statuant en plein contentieux, était saisi par Mme A C d'une demande d'injonction à la préfète du Rhône pour assurer son relogement, suite à une décision de la commission de médiation Droit au logement opposable (DALO) reconnaissant sa situation comme prioritaire et urgente. En cours d'instance, l'administration a proposé à la requérante un logement de type T3 à Sathonay-Camp, qu'elle a accepté le 4 août 2024. Le tribunal a constaté que cette offre n'était pas manifestement inadaptée à sa situation, conformément à l'article L. 441-2-3 du code de la construction et de l'habitation. Par conséquent, il a prononcé un non-lieu à statuer, les conclusions de la requête étant devenues sans objet.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, et un mémoire complémentaire enregistrés les 17 janvier et 17 juin 2024, Mme D A C demande au tribunal d'enjoindre à la préfète du Rhône d'assurer son relogement dans des conditions adaptées à ses besoins et ses capacités.

Elle soutient que :

- la proposition de logement effectuée par l'administration n'est pas adaptée à ses besoins et à ceux de ses enfants ;

- elle est mère isolée de deux enfants et travaille dans le cadre d'un contrat à durée indéterminée sur la commune de Saint-Priest.

Par un mémoire en défense, et un mémoire complémentaire enregistrés les 28 mars et 24 septembre 2024, la préfète du Rhône conclut, en dernier lieu, au non-lieu à statuer sur la requête.

Elle fait valoir que ses services ont fait une nouvelle proposition de relogement à la requérant le 30 juillet 2024 qui a été acceptée le 4 août suivant.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- le code de la construction et de l'habitation ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement convoquées à l'audience publique.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Mariller, présidente ;

- et les observations de M. B, pour la préfète du Rhône.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. Mme A C demande au tribunal, saisi sur le fondement de l'article L. 441-2-3-1 du code de la construction et de l'habitation, d'enjoindre à la préfète du Rhône d'assurer son relogement en exécution de la décision du 28 mars 2023 par laquelle la commission de médiation droit au logement opposable du Rhône a reconnu le caractère prioritaire et urgent de sa situation.

2. Aux termes du I de l'article L. 441-2-3-1 du code de la construction et de l'habitation : " Le demandeur qui a été reconnu par la commission de médiation comme prioritaire et comme devant être logé d'urgence et qui n'a pas reçu, dans un délai fixé par décret, une offre de logement tenant compte de ses besoins et de ses capacités peut introduire un recours devant la juridiction administrative tendant à ce que soit ordonné son logement ou son relogement. / () / Le président du tribunal administratif ou le magistrat qu'il désigne, lorsqu'il constate que la demande a été reconnue comme prioritaire par la commission de médiation et doit être satisfaite d'urgence et que n'a pas été offert au demandeur un logement tenant compte de ses besoins et de ses capacités, ordonne le logement ou le relogement de celui-ci par l'Etat et peut assortir cette injonction d'une astreinte () ". Aux termes du IV bis de l'article L. 441-2-3 du même code : " Les propositions faites () aux demandeurs reconnus prioritaires par les commissions de médiation ne doivent pas être manifestement inadaptées à leur situation particulière ".

3. Mme A C a saisi le tribunal sur le fondement du I de l'article L. 441-2-3-1 du code de la construction et de l'habitation afin qu'il soit enjoint à la préfète du Rhône d'assurer son relogement, en exécution de la décision du 28 mars 2023 par laquelle la commission de médiation Droit au logement opposable du département du Rhône a reconnu le caractère prioritaire et urgent de sa situation pour l'attribution d'un logement de type T3-T4.

4. Il résulte de l'instruction que Mme A C a été destinataire en cours d'instance d'une proposition de relogement dans un appartement de type T3, d'une superficie de 62 m², situé à Sathonay-Camp, dont il n'est pas soutenu qu'elle était manifestement inadaptée à sa situation, et que la requérante a accepté ce relogement le 4 août 2024. Dans ces conditions, les conclusions de la requête de Mme A C sont devenues sans objet et il n'y a plus lieu d'y statuer.

D E C I D E :

Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur la requête de Mme A C.

Article 2 : Le présente jugement sera notifié à Mme D A C et à la ministre du logement et de la rénovation urbaine.

Copie en sera dressée à la préfète du Rhône.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 23 octobre 2024.

La présidente du tribunal,

C. MarillerLe greffier,

Y. MesnardLa République mande et ordonne à la ministre du logement et de la rénovation urbaine, en ce qui la concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

Pour expédition,

Le greffier,