Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2400813

mercredi 23 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2400813
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationD
FormationJU Chambre Sociale

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Lyon rejette la requête de Mme C, qui demandait à être relogée en exécution d’une décision de la commission de médiation du Rhône du 25 juillet 2023. La requérante avait refusé une proposition de logement de type T4 à Vénissieux au motif de l’absence d’ascenseur, sans justifier de problèmes de santé particuliers. Le tribunal estime que cette proposition n’était pas manifestement inadaptée à sa situation au sens des articles L. 441-2-3 et L. 441-2-3-1 du code de la construction et de l’habitation. En conséquence, la demande d’injonction est rejetée.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 26 janvier 2024, Mme B C demande au tribunal d'enjoindre à la préfète du Rhône d'assurer son relogement en exécution de la décision de la commission de médiation du département du Rhône du 25 juillet 2023.

Elle soutient que :

- elle a reçu une proposition de logement qu'elle a dû refuser dès lors qu'elle n'était pas adaptée aux besoins et capacités de son foyer ;

- elle a deux enfants en bas âge et son mari souffre de problèmes de dos.

Par un mémoire en défense, enregistré le 3 avril 2024, la préfète du Rhône conclut au rejet de la requête.

Elle fait valoir que l'Etat a satisfait à ses obligations dès lors qu'une proposition de logement adaptée à sa situation a été adressée à Mme C, laquelle l'a refusée par des souhaits de pure opportunité.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- le code de la construction et de l'habitation ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement convoquées à l'audience publique.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Mariller, présidente ;

- et les observations de M. A, pour la préfète du Rhône.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. Mme C demande au tribunal, saisi sur le fondement de l'article L. 441-2-3-1 du code de la construction et de l'habitation, d'enjoindre à la préfète du Rhône d'assurer son relogement en exécution de la décision du 25 juillet 2023 par laquelle la commission de médiation du département du Rhône a reconnu le caractère prioritaire et urgent de sa situation, devant être logée dans un logement répondant à ses besoins et à ses capacités, de type T3-T4.

2. Aux termes du I de l'article L. 441-2-3-1 du code de la construction et de l'habitation : " Le demandeur qui a été reconnu par la commission de médiation comme prioritaire et comme devant être logé d'urgence et qui n'a pas reçu, dans un délai fixé par décret, une offre de logement tenant compte de ses besoins et de ses capacités peut introduire un recours devant la juridiction administrative tendant à ce que soit ordonné son logement ou son relogement. / () / Le président du tribunal administratif ou le magistrat qu'il désigne, lorsqu'il constate que la demande a été reconnue comme prioritaire par la commission de médiation et doit être satisfaite d'urgence et que n'a pas été offert au demandeur un logement tenant compte de ses besoins et de ses capacités, ordonne le logement ou le relogement de celui-ci par l'Etat et peut assortir cette injonction d'une astreinte () ". Aux termes du IV bis de l'article L. 441-2-3 du même code : " Les propositions faites () aux demandeurs reconnus prioritaires par les commissions de médiation ne doivent pas être manifestement inadaptées à leur situation particulière ".

3. Il résulte des dispositions organisant le droit au logement opposable, particulièrement des articles R. 441-16-3, R. 441-18 et R. 441-18-2 du code de la construction et de l'habitation, que le demandeur reconnu comme prioritaire par une décision de la commission de médiation peut perdre le bénéfice de cette décision si, sans motif sérieux, il refuse une offre de logement ou d'hébergement correspondant à ses besoins et à ses capacités.

4. Par une décision du 25 juillet 2023, la commission de médiation Droit au logement opposable du département du Rhône a reconnu le caractère prioritaire et urgent de la situation de Mme C. Il résulte de l'instruction que la requérante a été destinataire le 27 octobre 2023 d'une proposition d'attribution d'un logement de type T4 situé à Vénissieux, qu'elle a refusée au motif tiré de l'absence d'ascenseur dans l'immeuble concerné. Toutefois, et à défaut de justifier de problèmes particuliers de santé nécessitant la présence d'un ascenseur alors que la commission de médiation n'a pas préconisé d'adaptation particulière pour le logement concerné, la seule localisation de ce logement au 3ème étage sans ascenseur ne suffit pas en l'espèce pour considérer que la proposition faite à la requérante, au regard notamment de l'état de santé et de l'âge des membres de sa famille, des préconisations de la commission de médiation ainsi que de la localisation, de la typologie ou du montant du loyer du logement concerné, était manifestement inadaptée à sa situation particulière au sens des dispositions organisant le droit au logement opposable.

5. Dans ces conditions, Mme C, préalablement informée des conséquences d'un refus, n'est pas fondée à demander au tribunal qu'il soit enjoint à l'autorité administrative d'assurer son relogement en application du I de l'article L. 441-2-3-1 du code de la construction et de l'habitation. Il s'ensuit que sa requête doit être rejetée.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de Mme C est rejetée.

Article 2 : Le présente jugement sera notifié à Mme B C et à la ministre du logement et de la rénovation urbaine.

Copie en sera dressée à la préfète du Rhône.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 23 octobre 2024.

La présidente du tribunal,

C. MarillerLe greffier,

Y. MesnardLa République mande et ordonne à la ministre du logement et de la rénovation urbaine, en ce qui la concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

Pour expédition,

Le greffier,