lundi 17 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2400896 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | D |
| Avocat requérant | REBAUD |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 30 janvier 2024, M. J C et Mme H C, le premier nommé ayant la qualité de représentant unique, agissant tant en leur nom personnel qu'en leur qualité de représentants légaux de Mme G C, de M. D C ainsi qu'en qualité d'ayants droit de Mme A C, représentés par Me Karakaya, demandent au juge des référés :
1°) d'ordonner, sur le fondement de l'article R. 532-1 du code de justice administrative, une expertise relative aux conditions de la prise en charge de leur fille, Mme A C, à compter du 25 novembre 2022 et aux circonstances de son décès survenu le 27 novembre 2022 au centre hospitalier universitaire de Saint-Etienne ;
2°) de rendre les opérations d'expertise communes et opposables à la caisse primaire d'assurance maladie de la Loire et à l'Office national d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales ;
3°) de réserver les dépens ;
4°) de mettre à la charge du centre hospitalier universitaire de Saint-Etienne le versement d'une somme de 1 500 euros, en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- leur fille A est née souffrante d'une encéphalomalacie, dans un contexte de prématurité et était tétraplégique spastique ;
- en raison de fièvres, vomissements et selles liquides, A a été transportée aux urgences pédiatriques du centre hospitalier universitaire de Saint-Etienne le 25 novembre 2022 ; finalement, un diagnostic de gastroentérite a été posé et elle a regagné son domicile le même jour ;
- quelques heures après, elle a de nouveau été transportée aux urgences du CHU de Saint-Etienne ; elle est décédée le 27 novembre 2022.
Par un mémoire en défense, enregistré le 7 février 2024, le centre hospitalier universitaire de Saint-Etienne, représenté par Me Rebaud (Selarl Rebaud Avocat) demande au juge des référés :
1°) de considérer qu'il ne s'oppose pas à la mesure d'expertise sollicitée, laquelle devra être complétée selon les termes de son mémoire ;
2°) de réserver les dépens.
Par un mémoire, enregistré le 8 février 2024, la caisse primaire d'assurance maladie de la Loire ne s'oppose pas à la mesure d'expertise et demande au juge des référés de lui donner acte de ce qu'elle chiffrera ses débours ensuite du dépôt du rapport d'expertise.
Par un mémoire en défense, enregistré le 9 février 2024, l'Office national d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales (ONIAM), représenté par Me Fitoussi (Selarl de la Grange et Fitoussi Avocats) demande au juge des référés :
1°) de lui donner acte de ses protestations et réserves sur la mesure d'expertise sollicitée, laquelle devra être complétée selon les termes de son mémoire et confiée à un collège d'experts compétents en pédiatrie et en anesthésie-réanimation ;
2°) de dire que les experts devront adressés un pré-rapport aux parties en leur accordant un délai afin de présenter leurs observations ;
3°) de rejeter toute autre demande.
M. et Mme C ont été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 21 décembre 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme I, première vice-présidente, en qualité de juge des référés.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article R. 532-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, sur simple requête et même en l'absence d'une décision administrative préalable, prescrire toute mesure utile d'expertise ou d'instruction. () ".
2. La prescription d'une mesure d'expertise en application des dispositions de l'article R. 532-1 du code de justice administrative est subordonnée au caractère utile de cette mesure. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande d'expertise, d'apprécier son utilité au vu des pièces du dossier et au regard des motifs de droit et de fait qui justifient, selon la demande, la mesure sollicitée.
3. La demande d'expertise présentée par M. et Mme C relative aux conditions de la prise en charge de l'enfant A C au sein du centre hospitalier universitaire de Saint-Etienne à compter du 25 novembre 2022, présente un caractère utile et entre dans le champ d'application des dispositions précitées. Il y a lieu, dès lors, d'y faire droit dans les conditions précisées à l'article 1er de la présente ordonnance.
4. En application des dispositions de l'article R. 621-2 du code de justice administrative, il n'est commis, en principe, qu'un seul expert, à moins que la juridiction n'estime nécessaire d'en désigner plusieurs. Au cas d'espèce, il apparaît utile de désigner un collège d'experts.
5. Il n'appartient pas au juge administratif de donner acte de déclarations, de réserves ou d'intentions. Par suite, les conclusions des parties présentées en ce sens sont rejetées.
6. L'expert est tenu, entre autres, d'informer les parties de ses constatations, de recueillir leurs dires et d'en faire état dans son rapport. S'il lui est loisible de communiquer aux parties un pré-rapport aux fins de recueillir leurs observations, aucune disposition législative ou réglementaire applicable devant le juge administratif ne permet de lui imposer cette formalité. Il s'ensuit que les conclusions des parties tendant à imposer cette formalité à l'expert doivent être rejetées.
7. En application des dispositions de l'article R. 621-13 du code de justice administrative, les frais de l'expertise seront liquidés et taxés par ordonnance laquelle désignera la partie qui les supportera. Il s'ensuit que les conclusions des parties relatives aux dépens ne peuvent qu'être rejetées.
8. Enfin, il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux conclusions des requérants présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
ORDONNE :
Article 1er : Le docteur F B, domicilié au Pédiapôle Clinique Saint-Jean - 36 Avenue Bouisson Bertrand à Montpellier (34093), et le professeur K E, domicilié Service d'anesthésie pédiatrique au centre hospitalier universitaire de Montpellier - 191 avenue du doyen Gaston Giraud à Montpellier (34295), sont désignés comme experts avec pour mission de :
1°) se faire communiquer tous documents relatifs à l'état de santé de l'enfant A C et, notamment, tous documents relatifs au suivi médical, aux actes de soins, et aux diagnostics pratiqués sur elle lors de sa prise en charge au centre hospitalier universitaire de Saint-Etienne à compter du 25 novembre 2022 ; convoquer et entendre les parties et tout sachant ; procéder à l'examen sur pièces du dossier médical de l'enfant A C ;
2°) décrire l'état de santé de l'enfant A C et les soins et prescriptions antérieurs à son admission au centre hospitalier universitaire de Saint-Etienne, ainsi que les conditions dans lesquelles elle a été prise en charge et soignée dans cet établissement ;
3°) préciser les causes et les circonstances du décès de l'enfant A C ; en cas de pluralité de causes, indiquer les conséquences de chacune et, le cas échéant, proposer au tribunal, un partage en termes de pourcentages ;
4°) donner son avis sur la prise en charge de l'enfant A C au centre hospitalier universitaire de Saint-Etienne, dire si les diagnostics établis et les traitements, interventions et soins prodigués et leur suivi ont été consciencieux, attentifs, diligents et conformes aux règles de l'art et données acquises de la science à l'époque des faits, et s'ils étaient pertinents, adaptés à l'état de l'enfant et aux symptômes qu'elle présentait, et exécutés conformément aux règles de l'art ; donner notamment son avis sur la pertinence des diagnostics des équipes médicales du centre hospitalier et l'utilité des actes opératoires pratiqués ;
5°) de manière générale, réunir tous les éléments devant permettre de déterminer si des manquements dans les actes médicaux, les actes de soins ou dans l'organisation des services ont été commis lors de la prise en charge de l'enfant A C ; le cas échéant, indiquer dans quelle mesure ces manquements ont concouru à la survenance du décès ou ont fait perdre à l'enfant A C une chance sérieuse de survie et, dans l'affirmative, déterminer l'ampleur de la chance perdue en distinguant le pourcentage imputable aux diverses causes établies ;
6°) dire si le dossier médical et les informations recueillies permettent de savoir s'il y a eu manquement à l'obligation d'information à l'égard des requérants ;
7°) donner son avis sur le point de savoir si le décès a un rapport avec l'état initial de l'enfant A C, ou l'évolution prévisible de cet état ; le cas échéant, déterminer la part du préjudice présentant un lien de causalité direct, certain et exclusif avec un manquement reproché au centre hospitalier universitaire de Saint-Etienne, en excluant la part des séquelles à mettre en relation avec la pathologie initiale, son évolution ou toute autre cause extérieure ;
8°) déterminer l'importance des souffrances endurées par l'enfant A C depuis la prise en charge du 25 novembre 2022 jusqu'à son décès en distinguant celles inhérentes à son affection de celles imputables à un éventuel manquement ;
9°) préciser la nature et évaluer l'importance de tout préjudice patrimonial ou extrapatrimonial subi par l'enfant A C, par Mme G C, par M. D C et leurs parents, dont ces derniers feraient état ;
10°) évaluer chacun de ces préjudices même en l'absence de lien de causalité, de manquement ou de faute ; pour chacun d'entre eux, distinguer la part imputable au manquement éventuellement constaté de celle ayant pour origine toute autre cause ou pathologie, eu égard, notamment aux antécédents médicaux de l'intéressée ;
11°) distinguer dans les soins supportés par la caisse primaire d'assurance maladie ceux qui auraient incombé en tout état de cause à celle-ci en raison de l'état initial de l'enfant A C ou à toute autre cause, de ceux imputables aux circonstances de son décès survenu le 27 novembre 2022 ;
12°) de manière générale, donner toutes précisions et informations utiles permettant au tribunal de se prononcer sur les responsabilités et l'importance du préjudice, ainsi que toute information utile à la solution du litige ;
13°) tenter de parvenir à un accord entre les parties, si possible.
Les experts disposeront des pouvoirs d'investigation les plus étendus. Ils pourront entendre tous sachants, se faire communiquer tous documents et renseignements, faire toutes constatations ou vérifications propres à faciliter l'accomplissement de leur mission et éclairer le tribunal administratif.
Article 2 : Les experts accompliront leur mission dans les conditions prévues aux articles R. 621-2 à R. 621-14 du code de justice administrative. Ils ne pourront recourir à un sapiteur sans l'autorisation préalable de la présidente du tribunal administratif. Ils recueilleront et consigneront les observations des parties sur les constatations auxquelles ils procèderont et les conclusions qu'ils envisageront d'en tirer.
Article 3 : Préalablement à toute opération, les experts prêteront serment dans les formes prévues à l'article R. 621-3 du code de justice administrative.
Article 4 : L'expertise aura lieu en présence de M. et Mme C, du centre hospitalier universitaire de Saint-Etienne, de l'ONIAM et de la caisse primaire d'assurance maladie de la Loire.
Article 5 : Les experts déposera son rapport au greffe sous forme électronique par le biais de la plateforme d'échanges dans le délai de six mois à compter de la notification de la présente ordonnance, accompagné de l'état de leurs vacations, frais et débours.
Article 6 : Les experts notifiera son rapport aux parties dans les conditions prévues à l'article R. 621-9 du code de justice administrative. Avec leur accord, cette notification pourra s'opérer dans les conditions prévues à l'article R. 621-7-3 du même code.
Article 7 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 8 : La présente ordonnance sera notifiée à M. J C, représentant unique, au centre hospitalier universitaire de Saint-Etienne, à l'ONIAM, à la caisse primaire d'assurance maladie de la Loire et aux experts.
Fait à Lyon, le 17 juin 2024.
Le juge des référés,
D. I
La République mande et ordonne au préfet de la Loire en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026