Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2402536

mercredi 23 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2402536
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationD
FormationJU Chambre Sociale

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Lyon, statuant en plein contentieux, était saisi par Mme C d’une demande d’injonction de relogement fondée sur l’article L. 441-2-3-1 du code de la construction et de l’habitation, après reconnaissance de son caractère prioritaire par la commission de médiation. En cours d’instance, la préfète du Rhône a proposé à la requérante un logement de type T2 à Vaulx-en-Velin, qu’elle a accepté en signant un bail le 23 juillet 2024. Constatant que cette offre n’était pas manifestement inadaptée à sa situation, le tribunal a jugé que les conclusions de la requête étaient devenues sans objet et a prononcé un non-lieu à statuer.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, et un mémoire complémentaire enregistrés les 11 mars et 3 juillet 2024, Mme A C demande au tribunal d'enjoindre à la préfète du Rhône d'assurer son relogement dans des conditions adaptées à ses besoins et ses capacités.

Elle soutient qu'elle n'a pas reçu de proposition de logement adaptée à ses besoins et ses capacités.

Par un mémoire en défense, et un mémoire complémentaire, enregistrés les 24 mai et 24 septembre 2024, la préfète du Rhône conclut, en dernier lieu, au non-lieu à statuer sur la requête.

Elle fait valoir que la requérante a signé un bail le 23 juillet 2024 pour l'attribution d'un logement de type T2.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- le code de la construction et de l'habitation ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement convoquées à l'audience publique.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Mariller, présidente ;

- et les observations de M. B, pour la préfète du Rhône.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. Mme C demande au tribunal, saisi sur le fondement de l'article L. 441-2-3-1 du code de la construction et de l'habitation, d'enjoindre à la préfète du Rhône d'assurer son relogement en exécution de la décision du 29 août 2023 par laquelle la commission de médiation Droit au logement opposable du Rhône a reconnu le caractère prioritaire et urgent de sa situation.

2. Aux termes du I de l'article L. 441-2-3-1 du code de la construction et de l'habitation : " Le demandeur qui a été reconnu par la commission de médiation comme prioritaire et comme devant être logé d'urgence et qui n'a pas reçu, dans un délai fixé par décret, une offre de logement tenant compte de ses besoins et de ses capacités peut introduire un recours devant la juridiction administrative tendant à ce que soit ordonné son logement ou son relogement. / () / Le président du tribunal administratif ou le magistrat qu'il désigne, lorsqu'il constate que la demande a été reconnue comme prioritaire par la commission de médiation et doit être satisfaite d'urgence et que n'a pas été offert au demandeur un logement tenant compte de ses besoins et de ses capacités, ordonne le logement ou le relogement de celui-ci par l'Etat et peut assortir cette injonction d'une astreinte () ". Aux termes du IV bis de l'article L. 441-2-3 du même code : " Les propositions faites () aux demandeurs reconnus prioritaires par les commissions de médiation ne doivent pas être manifestement inadaptées à leur situation particulière ".

3. Il résulte de l'instruction que Mme C a conclu, en cours d'instance, un bail pour l'attribution d'un logement de type T2 situé à Vaulx-en-Velin qui lui a été proposé par la préfète et dont il n'est pas soutenu qu'il était manifestement inadapté à sa situation. Dans ces conditions, les conclusions de la requête de Mme C sont devenues sans objet et il n'y a plus lieu d'y statuer.

D E C I D E :

Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur la requête de Mme C.

Article 2 : Le présente jugement sera notifié à Mme A C et à la ministre du logement et de la rénovation urbaine.

Copie en sera dressée à la préfète du Rhône.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 23 octobre 2024.

La présidente du tribunal,

C. MarillerLe greffier,

Y. MesnardLa République mande et ordonne à la ministre du logement et de la rénovation urbaine, en ce qui la concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

Pour expédition,

Le greffier,