mercredi 23 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2402659 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | D |
| Formation | JU Chambre Sociale |
| Avocat requérant | BOUHALASSA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés les 15 mars et 11 septembre 2024, Mme B C, représentée par Me Bouhalassa, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'assurer l'exécution de l'ordonnance n° 2307730 du 8 décembre 2023 par laquelle le magistrat désigné par la présidente du tribunal a fait injonction à la préfète du Rhône d'assurer son relogement avant le 1er février 2024 sous astreinte de 100 euros par jour de retard, en assortissant cette injonction d'une astreinte de 50 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement à son conseil d'une somme de 600 euros, en application des dispositions combinées de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, à charge pour ce dernier de renoncer à percevoir la part contributive de l'Etat.
Elle soutient que :
- sa situation a été reconnue prioritaire par une décision du 27 septembre 2022 de la commission de médiation Droit au logement opposable du Rhône, devant être logée d'urgence dans un logement de T3 adapté ;
- son fils souffre de la maladie de Charcot ; il a subi une opération aux deux pieds le 6 octobre 2023 et se déplace en fauteuil roulant ;
- elle n'a pas reçu de proposition de logement adaptée à sa situation et à celle de son enfant.
Par un mémoire en défense, enregistré le 4 juin 2024, la préfète du Rhône conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir qu'une proposition de logement adaptée a été effectuée, laquelle a été refusée par la requérante pour des motifs de pure opportunité.
Mme C a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 3 mai 2024.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- le code de la construction et de l'habitation ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement convoquées à l'audience publique.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Mariller, présidente ;
- et les observations de M. A, pour la préfète du Rhône.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
Sur l'aide juridictionnelle provisoire :
1. Il résulte de l'instruction que Mme C a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 3 mai 2024. Ses conclusions tendant à ce qu'elle soit admise au bénéfice de cette aide à titre provisoire sont devenues sans objet.
Sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte :
2. Aux termes du I de l'article L. 441-2-3-1 du code de la construction et de l'habitation : " Le demandeur qui a été reconnu par la commission de médiation comme prioritaire et comme devant être logé d'urgence et qui n'a pas reçu, dans un délai fixé par décret, une offre de logement tenant compte de ses besoins et de ses capacités peut introduire un recours devant la juridiction administrative tendant à ce que soit ordonné son logement ou son relogement. / () / Le président du tribunal administratif ou le magistrat qu'il désigne, lorsqu'il constate que la demande a été reconnue comme prioritaire par la commission de médiation et doit être satisfaite d'urgence et que n'a pas été offert au demandeur un logement tenant compte de ses besoins et de ses capacités, ordonne le logement ou le relogement de celui-ci par l'Etat et peut assortir cette injonction d'une astreinte. (Le) jugement prononçant l'astreinte mentionne que les sommes doivent être versées jusqu'au jugement de liquidation définitive. / Le produit de l'astreinte est versé au fonds national d'accompagnement vers et dans le logement, institué en application de l'article L. 300-2. / (Tant) que l'astreinte n'est pas liquidée définitivement par le juge, le versement de l'astreinte au fonds est effectué deux fois par an, le premier versement devant intervenir à la fin du sixième mois qui suit le mois à compter duquel l'astreinte est due en application du jugement qui l'a prononcée. Toute astreinte versée en application du jugement la prononçant reste acquise au fonds. Lorsque l'astreinte a été liquidée définitivement, le versement du solde restant dû, le cas échéant, est effectué dans le mois qui suit la notification de la décision de liquidation définitive ". Aux termes du IV bis de l'article L. 441-2-3 du même code : " Les propositions faites () aux demandeurs reconnus prioritaires par les commissions de médiation ne doivent pas être manifestement inadaptées à leur situation particulière ".
3. Bénéficiaire d'une décision de la commission de médiation du département du Rhône du 27 septembre 2022 reconnaissant le caractère prioritaire et urgent de sa situation, Mme C demande au tribunal d'assurer l'exécution de l'ordonnance n° 2307730 du 8 décembre 2023 par laquelle, saisi sur le fondement des dispositions précitées du code de la construction et de l'habitation, le magistrat désigné par la présidente du tribunal a fait injonction à la préfète du Rhône d'assurer son relogement avant le 1er février 2024, sous astreinte de 100 euros par jour de retard.
4. Pour conclure au rejet de la requête, la préfète du Rhône fait valoir, d'une part, qu'une proposition d'attribution d'un logement de type T3 d'une superficie de 60 m² situé à Lyon 2ème a été adressée à la requérante le 29 mars 2024, laquelle l'a refusée compte tenu de l'éloignement de ce logement des établissements de soins dans lesquels son enfant est suivi en raison de son handicap, d'autre part, que l'intéressée peut se déplacer vers les établissements de soins qui suivent son enfant, et enfin, que la demande de logement ne comportait aucun justificatif au sujet du handicap de son fils.
5. Il n'est toutefois pas contesté que Mme C est mère d'un enfant souffrant de la maladie de Charcot, cette maladie ayant nécessité pour l'enfant une opération des deux pieds réalisée le 6 octobre 2023, et que l'enfant est astreint à un suivi médical régulier depuis deux ans, à raison de plusieurs rendez-vous par semaine, chez son médecin traitant, son kinésithérapeute et à l'hôpital Femme Mère Enfant de D. A ce titre, compte tenu de l'ancienneté et de la complexité du suivi médical dont bénéficie l'enfant à raison de cette maladie dégénérative, la circonstance qu'il existe des professionnels de santé autour du logement proposé n'est pas de nature, dans les circonstances de l'espèce, à caractériser que la proposition de logement effectuée répond aux besoins et aux capacités de l'intéressée En outre, il résulte de l'instruction que Mme C, reconnue prioritaire en septembre 2022, a mis à jour sa demande de logement social en novembre 2022 en faisant part du handicap de son fils et en produisant des justificatifs en ce sens. Enfin la requérante produit une décision de la maison départementale et métropolitaine des personnes handicapées du 3 mai 2023 attribuant à son enfant une orientation vers un service d'éducation spéciale et de soins à domicile situé à Lyon 8ème. Dans les circonstances particulières de l'espèce, le refus opposé par Mme C à la proposition de logement doit être regardé comme justifié par un motif impérieux, et n'a pas délié l'autorité préfectorale de son obligation d'assurer son relogement en application du I de l'article L. 441-2-3-1 du code de la construction et de l'habitation et de l'injonction prononcée par le tribunal.
Sur l'astreinte :
6. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu d'augmenter l'astreinte prononcée le 8 décembre 2023 et fixée à 100 euros par jour de retard qui continuera jusqu'à sa liquidation définitive, à être liquidée et versée au fonds national d'accompagnement vers et dans le logement selon les modalités spécifiques prévues à l'article L. 441-2-3-1 précité du code de la construction et de l'habitation, qui sont exclusives du régime d'astreinte de droit commun défini aux articles L. 911-4 et suivants du code de justice administrative.
Sur les frais liés au litige :
7. Dans les circonstances de l'espèce et alors que Mme C a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions de la requête présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi susvisée du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions tendant à ce que Mme C soit admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : Il est enjoint à la préfète du Rhône d'assurer le relogement immédiat de Mme C.
Article 3 : Jusqu'à sa liquidation définitive, l'astreinte fixée par l'ordonnance n° 2307730 du 8 décembre 2023 sera versée au fonds national d'accompagnement vers et dans le logement selon les modalités prévues par l'article L. 441-2-3-1 du code de la construction et de l'habitation.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : Le présente jugement sera notifié à Mme B C et à la ministre du logement et de la rénovation urbaine.
Copie en sera adressée à la préfète du Rhône.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 23 octobre 2024.
La présidente du tribunal,
C. MarillerLe greffier,
Y. Mesnard
La République mande et ordonne à la ministre du logement et de la rénovation urbaine, en ce qui la concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition,
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026