Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2403510
mercredi 23 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2403510 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | D |
| Formation | JU Chambre Sociale |
Résumé IA
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 8 avril 2024, Mme B C demande au tribunal d'assurer l'exécution de l'ordonnance n° 2306034 du 2 octobre 2023 par laquelle le magistrat désigné par la présidente du tribunal a fait injonction à la préfète du Rhône d'assurer son relogement avant le 1er décembre 2023.
Elle soutient que :
- aucune proposition de logement adaptée à son handicap n'a été effectuée, malgré la précédente injonction du tribunal ;
- si une proposition de logement a été effectué le 5 octobre 2023, celle-ci est inadaptée à son handicap en l'absence d'espace de transfert suffisant pour le passage d'un fauteuil roulant.
Par un mémoire en défense enregistré le 18 juin 2024, la préfète du Rhône conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que :
- une proposition de logement adaptée a été effectuée, laquelle a été refusée par la requérante ;
- la requérante ne justifie pas que la proposition de logement n'était pas adaptée à ses besoins, alors qu'elle n'a fourni aucun justificatif au soutien du motif qu'elle a opposé.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- le code de la construction et de l'habitation ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement convoquées à l'audience publique.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Mariller, présidente ;
- et les observations de M. A, pour la préfète du Rhône.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Mme C demande au tribunal, saisi sur le fondement de l'article L. 441-2-3-1 du code de la construction et de l'habitation, d'assurer l'exécution de l'ordonnance du 2 octobre 2023 par laquelle le magistrat désigné par la présidente du tribunal a fait injonction à la préfète du Rhône d'assurer son relogement avant le 1er décembre 2023.
2. Aux termes du I de l'article L. 441-2-3-1 du code de la construction et de l'habitation : " Le demandeur qui a été reconnu par la commission de médiation comme prioritaire et comme devant être logé d'urgence et qui n'a pas reçu, dans un délai fixé par décret, une offre de logement tenant compte de ses besoins et de ses capacités peut introduire un recours devant la juridiction administrative tendant à ce que soit ordonné son logement ou son relogement. / () / Le président du tribunal administratif ou le magistrat qu'il désigne, lorsqu'il constate que la demande a été reconnue comme prioritaire par la commission de médiation et doit être satisfaite d'urgence et que n'a pas été offert au demandeur un logement tenant compte de ses besoins et de ses capacités, ordonne le logement ou le relogement de celui-ci par l'Etat et peut assortir cette injonction d'une astreinte () ". Aux termes du IV bis de l'article L. 441-2-3 du même code : " Les propositions faites () aux demandeurs reconnus prioritaires par les commissions de médiation ne doivent pas être manifestement inadaptées à leur situation particulière ".
3. Il résulte des dispositions organisant le droit au logement opposable, particulièrement des articles R. 441-16-3, R. 441-18 et R. 441-18-2 du code de la construction et de l'habitation, que le demandeur reconnu comme prioritaire par une décision de la commission de médiation peut perdre le bénéfice de cette décision si, sans motif impérieux, il refuse une offre de logement ou d'hébergement correspondant à ses besoins et à ses capacités.
4. Par une décision du 10 janvier 2023, la commission de médiation Droit au logement opposable du département du Rhône a reconnu Mme C comme étant prioritaire et devant se voir attribuer en urgence un logement répondant à ses besoins et à ses capacités, de type T3-T4, sans adaptation particulière.
5. La requérante a été destinataire, le 5 octobre 2023 d'une proposition pour un logement de type T3, d'une superficie de 74m², situé à Villeurbanne dans un immeuble doté d'un ascenseur, qu'elle a refusée au motif de l'absence d'espace de transfert suffisant pour le passage d'un fauteuil roulant. S'il résulte de l'instruction que la requérante souffre d'une pathologie invalidante responsable de troubles de la marche et réduisant son périmètre de marche, faisant obstacle à ce qu'elle puisse monter et descendre des escaliers, elle ne démontre pas, notamment par les pièces médicales versées au dossier, qu'elle se déplacerait en fauteuil roulant et qu'elle devrait en conséquence disposer d'un logement doté d'un espace de transfert suffisant pour cet équipement. Ainsi, en l'état du dossier soumis au tribunal, il n'est pas établi que la proposition qui lui a été adressée, au regard des préconisations de la commission de médiation, de la localisation, de la typologie ou du montant du loyer du bien concerné, était manifestement inadaptée à sa situation particulière au sens des dispositions organisant le droit au logement opposable. Dans ces conditions, Mme C, préalablement informée des conséquences d'un refus, n'est pas fondée à soutenir que la préfète du Rhône n'a pas satisfait à ses obligations résultant du I de l'article L. 441-2-3-1 du code de la construction et de l'habitation et de l'injonction prononcée par le tribunal le 2 octobre 2023. Par suite, sa requête doit être rejetée, en toutes ses conclusions.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme C est rejetée.
Article 2 : Le présente jugement sera notifié à Mme B C et à la ministre du logement et de la rénovation urbaine.
Copie en sera adressée à la préfète du Rhône.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 23 octobre 2024.
La présidente du tribunal,
C. MarillerLe greffier,
Y. MesnardLa République mande et ordonne à la ministre du logement et de la rénovation urbaine, en ce qui la concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition,
Le greffier,
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