vendredi 11 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2403586 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | D |
| Avocat requérant | SELARL CONSTRUCTIV'AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 11 avril 2024, la commune de Sainte-Foy-lès-Lyon, représentée par son maire en exercice, ayant pour avocat Me Chanon (Selarl Chanon Leleu Associés) demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article R. 532-1 du code de justice administrative :
1°) de désigner un expert chargé de se prononcer sur les causes et les conséquences des désordres qui affectent la piscine municipale " Kubdo ", en lien avec ceux évoqués dans sa requête ;
2°) de fixer, en tant que de besoin, une provision à consigner au greffe à titre d'avance sur les honoraires de l'expert ;
3°) de réserver les dépens.
Elle soutient que :
- dans le cadre de la construction d'une piscine municipale " Kubdo ", elle a confié le 16 mai 2011 une mission de maîtrise d'œuvre à un groupement composé notamment des sociétés Atelier Sequana Architecture, mandataire, et Blondeau Ingénierie ; suite à la liquidation judiciaire de la société Atelier Sequana Architecture, la charge de mandataire a été transférée à la société Blondeau Ingénierie ; la mission OPC a été confiée à la société ICS ; le lot n°6 " Menuiserie extérieure et intérieure aluminium - Brise soleil " a été confié à la société SMAC, anciennement Eurofaçade ; le lot n°3 " Charpente métallique et bois lamelle collé " a été confié à la société Cabrol Construction Métallique ;
- la réception du lot n°6 a été prononcée avec réserves le 7 novembre 2014, les réserves ont été levées le 30 avril 2015 suivant ; la réception du lot n°3 a été prononcée avec réserves le 7 novembre 2014, les réserves ont été levées le 22 juin 2015 suivant ;
- les murs vitrés présentent aujourd'hui des désordres, consistant en des fissurations et des cassures, de sorte qu'ils induisent des déperditions de chaleur ainsi qu'un risque pour la sécurité des usagers ;
- un audit de ces désordres a été réalisé, dont il résulte des problèmes de réalisation des traverses par éclissages, des coulures intérieures et extérieures, des casses de vitrages au niveau de points de contact acier-verre et des absences d'étanchéité ;
- l'expertise sollicitée doit permettre de déterminer l'étendue des désordres, leurs causes et les responsabilités liées.
Par un mémoire en défense, enregistré le 6 mai 2024, et un mémoire complémentaire enregistré le 21 mai 2024 les sociétés CAM BTP et BET Blondeau Ingénierie, représentées par Me Duflot (Selarl Duflot et Associés) formulent leurs plus vives protestations et réserves quant au bien-fondé de leur mise en cause et demandent au juge des référés :
1°) de rendre les opérations d'expertise communes et opposables à la société MAF, assureur du mandataire du groupement de maîtrise d'œuvre, et à la société Archetique, économiste ;
2°) de compléter la mission de l'expert selon les termes de leur mémoire.
Par un mémoire en défense, enregistré le 7 mai 2024, les sociétés MMA Iard et MMA Iard Assurances Mutuelles, représentées par Me Charvier (Selarl C/M D), en leur qualité d'assureurs de la société Cabrol, forment les protestations et réserves d'usage et demandent au juge des référés de mettre à la charge de la requérante les frais d'expertise, au besoin provisoirement.
Par un mémoire en défense, enregistré le 23 mai 2024, les sociétés Ingénierie coordination services (ICS) et L'Auxiliaire, assureur de la société ICS, représentées par Me Bois (Selarl Racine Lyon) demandent au juge des référés :
1°) de leur donner acte de ce qu'elles formulent toutes protestations et réserves d'usage sur la mesure d'expertise sollicitée ;
2°) de réserver les dépens.
Par un mémoire en défense, enregistré le 27 mai 2024, la société CGN, représentée par Me Astor (Selarl ASC D et Associés) demande au juge des référés :
1°) de lui donner acte de ce qu'elle formule les protestations et réserves d'usage sur la demande d'expertise présentée ;
2°) de réserver les dépens.
Par un mémoire en défense, enregistré le 27 mai 2024, la société Apave Infrastructures et Construction France, venant aux droits de la société Apave Sudeurope, représentée par Me Berthiaud (Selarl Berthiaud et associés) demande au juge des référés :
1°) de lui donner acte de ce qu'elle vient aux droits de la société Apave Sudeurope et de ce qu'elle ne s'oppose pas à la mesure d'expertise, sous les plus expresses réserves ;
2°) de compléter la mission de l'expert selon les termes de son mémoire ;
3°) de réserver les dépens.
Par un mémoire en défense, enregistré le 3 juin 2024, la société MAAF Assurances, en sa qualité d'assureur de la société CGN, représentée par Me Descout (Selarl Constructiv'Avocats), demande au juge des référés :
1°) de lui donner acte de ses protestations et réserves quant au bien-fondé de la demande d'expertise et de l'extension présentée à son encontre ;
2°) de se prononcer ce que de droit sur les dépens.
Par un mémoire en défense, enregistré le 30 août 2024, la société Mutuelle des Architectes Français (MAF), représentée par Me Salles (Selarl Axon Droit Public) demande au juge des référés :
1°) de prendre acte de sa non-opposition à la demande présentée, tout en formant ses plus expresses protestations et réserves d'usage ;
2°) d'étendre les opérations de l'expertise aux sociétés Montmirail Lloyd's, assureur de la société Apave Sudeurope.
La requête a été régulièrement communiquée aux autres parties qui n'ont pas présenté d'observations.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article R. 532-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, sur simple requête et même en l'absence d'une décision administrative préalable, prescrire toute mesure utile d'expertise ou d'instruction. () ".
2. La demande d'expertise présentée par la commune de Sainte-Foy-lès-Lyon, aux fins de déterminer les causes et les conséquences des désordres affectant la piscine municipale " Kubdo ", en lien avec ceux évoqués dans sa requête, présente un caractère utile et entre dans le champ d'application des dispositions précitées. Dès lors, il y a lieu d'y faire droit dans les conditions précisées au dispositif de la présente ordonnance.
3. La présence aux opérations d'expertise de la société MAF, assureur du mandataire du groupement de maîtrise d'œuvre, de la société Archetique, économiste, et de la société Montmirail Lloyd's, assureur de la société Apave Sudeurope, apparaît utile. Il y a lieu par suite d'étendre les opérations d'expertise à ces sociétés.
4. Ensuite, il n'appartient pas au juge administratif de donner acte de déclarations, de réserves ou d'intentions. Les conclusions présentées en ce sens par les parties sont, par suite, rejetées.
5. Enfin, d'une part, l'expertise demandée sur le fondement de l'article R. 532-1 du code de justice administrative n'est pas soumise à la procédure de consignation préalable d'une provision. D'autre part, il appartient à la seule présidente de la juridiction de désigner la ou les parties qui assumeront la charge de l'éventuelle allocation provisionnelle ou, après l'accomplissement de l'expertise, des frais et honoraires de celle-ci. Par suite, les conclusions des parties relatives à l'allocation provisionnelle ou aux dépens ne peuvent qu'être rejetées.
ORDONNE
Article 1er : M. C B, demeurant 85 rue Cuvier à Lyon (69006), est désigné comme expert avec pour mission de :
1°- se rendre sur les lieux, entendre les parties, prendre connaissance de tous documents utiles ; donner tous éléments et établir tous plans, croquis ou schémas, produire des photos, utiles à la compréhension des faits de la cause ;
2°- rechercher et préciser les liens contractuels unissant les parties, décrire les missions confiées à chacune des parties à la présente instance, et si possible, annexer à son rapport les marchés, avenants, ordres de services et tous autres documents utiles ; informer les parties qu'il est de leur intérêt d'appeler immédiatement telles entreprises dont la responsabilité serait mise en évidence au cours des premières opérations d'expertise ;
3°- préciser la chronologie des opérations de construction, ainsi que celles des opérations de réception, la nature des réserves dont cette réception aurait été assortie et les suites données à celles-ci ;
4°- décrire les désordres affectant l'ouvrage, le cas échéant ceux qui pourraient intervenir dans le cadre de la procédure d'expertise, en lien avec ceux indiqués ci-dessus, et en indiquer la nature et l'étendue ; pour chacun d'eux, déterminer la date de la première apparition, et préciser, si, à la date de la réception, il était apparent, ou tout au moins prévisible, en tout cas dans toutes ses conséquences ;
5°- fournir tous éléments permettant d'apprécier si chacun de ces désordres met l'ouvrage en péril ou le rendent impropre à sa destination, et donner son avis sur ce point ;
6°- donner son avis sur la ou les causes de chaque désordre (vice de conception, défaut de surveillance, faute d'exécution, manquement aux règles de l'art, qualité des matériaux utilisés, insuffisance d'entretien, ou tout autre cause) ; si les dommages sont dus à plusieurs causes, fournir tous éléments permettant d'apprécier dans quelle proportion ils sont imputables à chacune d'elles et donner son avis sur ce point ;
7°- décrire les travaux de nature à faire cesser les désordres et à remettre l'ouvrage en l'état prévu par le marché ; en évaluer le coût et en fixer la durée compte tenu des nécessités de leur conception, de la passation des marchés, et de l'exécution des travaux ;
8°- donner son avis sur l'existence d'améliorations et/ou de plus-values apportées à l'ouvrage par les préconisations des éventuelles solutions techniques ;
9°- donner son avis sur les préjudices de toute nature subis du fait desdits désordres et en évaluer le montant ;
10°- de manière générale, donner toutes précisions et informations utiles permettant au tribunal de se prononcer sur les responsabilités et l'importance du préjudice, ainsi que toute information utile à la solution du litige ;
11°- établir une synthèse non technique des réponses aux questions posées, et, s'il y a lieu, proposer une répartition motivée des responsabilités en pourcentage ;
12° - tenter de parvenir à un accord entre les parties, si possible.
L'expert disposera des pouvoirs d'investigation les plus étendus. Il pourra entendre tous sachants, se faire communiquer tous documents et renseignements, faire toutes constatations ou vérifications propres à faciliter l'accomplissement de sa mission et éclairer le tribunal administratif.
Article 2 : L'expert accomplira sa mission dans les conditions prévues aux articles R. 621-2 à R. 621-14 du code de justice administrative. Il ne pourra recourir à un sapiteur sans l'autorisation préalable de la présidente du tribunal administratif. L'expert recueillera et consignera les observations des parties sur les constatations auxquelles il procèdera et les conclusions qu'il envisagera d'en tirer.
Article 3 : Préalablement à toute opération, l'expert prêtera serment dans les formes prévues à l'article R. 621-3 du code de justice administrative.
Article 4 : L'expertise aura lieu en présence de la commune de Sainte-Foy-lès-Lyon, des sociétés Blondeau Ingénierie, ICS, Apave Sudeurope, CAM BTP, L'Auxiliaire, SMAC, SMABTP, MMA Iard, MMA Iard Assurances Mutuelles, CGN, MAAF Assurances, Entreprise Guarino, MAF, Archétique, Atelier Sequana Architecture dont le mandataire est M. E A, de Me Virginie Vitani, liquidateur judiciaire de la société Cabrol Construction Métallique et de la société Montmirail Lloyd's.
Article 5 : L'expert déposera son rapport au greffe sous forme électronique par le biais de la plateforme d'échanges dans le délai de quatre mois à compter de la notification de la présente ordonnance, accompagné de l'état de ses vacations, frais et débours.
Article 6 : L'expert notifiera son rapport aux parties dans les conditions prévues à l'article R. 621-9 du code de justice administrative. Avec leur accord, cette notification pourra s'opérer dans les conditions prévues à l'article R. 621-7-3 du même code.
Article 7 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 8 : La présente ordonnance sera notifiée à la commune de Sainte-Foy-lès-Lyon, aux sociétés Blondeau Ingénierie, ICS, Apave Sudeurope, CAM BTP, L'Auxiliaire, SMAC, SMABTP, MMA Iard, MMA Iard Assurances Mutuelles, CGN, MAAF Assurances, Entreprise Guarino, MAF, Archétique, Atelier Sequana Architecture dont le mandataire est M. E A, à Me Virginie Vitani, liquidateur judiciaire de la société Cabrol Construction Métallique, à la société Montmirail Lloyd's et à l'expert.
Fait à Lyon, le 11 octobre 2024.
La présidente du tribunal,
Juge des référés,
C. MARILLER
La République mande et ordonne à la préfète du Rhône en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Un greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026