jeudi 31 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2403830 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Plein contentieux |
| Avocat requérant | DUCA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 12 avril 2024 et le 20 août 2024, Mme B A, majeure sous tutelle représentée par Me Duca, demande au tribunal :
1°) d'enjoindre la préfète de l'Ain à reloger Mme A dans un délai de 15 jours, et, par voie de conséquence, d'exécuter le jugement n°2305284 du tribunal administratif de Lyon en date du 3 novembre 2023, lequel avait fixé la date limite d'exécution au 1er janvier 2024 ;
2°) d'enjoindre la préfète de l'Ain à exécuter ledit jugement, en tant que la somme de 600 euros a été mise à sa charge au titre des frais irrépétibles ;
3°) d'assortir l'injonction d'une astreinte à hauteur de 200,00 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat ou de la préfète de l'Ain une somme de 1 000,00 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la préfète de l'Ain, de même que le bailleur social, n'ont pas engagé d'initiative quelconque en vue du relogement de Mme A ;
- aucune démarche n'a été entreprise par la préfète de l'Ain en vue du relogement trois mois après le terme fixé dans le jugement n°2305284 en date du 3 novembre 2023 ;
- la préfète de l'Ain n'a pas versé la somme due au titre des frais irrépétibles ;
- Mme A souffre d'une grande fragilité et est en situation de danger dans son logement actuel ;
- Mme A a dû faire appel à un conseil pour obtenir l'exécution du jugement précité.
- le refus d'attribution de la commission d'attribution des logements est abusif, et Mme A n'a pas été informée des conséquences de l'absence de production de son jugement de divorce.
Par un mémoire en défense, enregistré le 3 mai 2024, la préfète de l'Ain conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que :
- elle était déliée de son obligation de reloger Mme A en raison d'une radiation de la requérante du dispositif du droit au logement opposable le 8 décembre 2024 liée de l'absence de renouvellement de son dossier ;
- un logement a été proposé à Mme A le 6 février 2024, mais n'a pas pu lui être attribué, la requérante n'ayant pas fourni les pièces nécessaires ;
- la somme de 600,00 euros n'a pas pu être versée en raison d'une erreur dans l'adresse communiquée à Mme A pour l'envoi de son attache, mais ne résulte pas d'une absence de diligence ou d'une obstruction de l'administration ;
- le rejet des précédentes conclusions fait obstacle à ce que la préfète de l'Ain soit enjointe à procéder au relogement de Mme A, et à ce qu'elle soit condamnée au paiement de 1 000,00 euros au titre des frais irrépétibles.
Vu la décision favorable de la commission de médiation du droit au logement opposable de l'Ain du 20 octobre 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- l'arrêté du 22 décembre 2020 relatif au nouveau formulaire de demande de logement locatif social et aux pièces justificatives fournies pour l'instruction de la demande de logement locatif social
- le code de la construction et de l'habitation ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
La présidente du tribunal a désigné Mme Jourdan en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
A été entendu au cours de l'audience publique du 9 octobre 2024, le rapport de Mme Jourdan, présidente.
Aucune partie n'était présente ou représentée.
Considérant ce qui suit :
1. Par une décision du 20 octobre 2022, la commission de médiation du droit au logement opposable de l'Ain a reconnu Mme A prioritaire en vue d'une offre de logement de type T1-T2. Mme A a accepté la proposition de logement qui lui a été adressée par la préfète de l'Ain le 6 février 2024, pour un logement de type T2 de 58,2 m² à Bourg-en-Bresse (01000). Toutefois, celui-ci ne lui a pas été attribué, au motif que Mme A n'avait pas communiqué l'ensemble des éléments demandés par le bailleur pour l'examen de son dossier. Mme A, demande l'exécution du précédent jugement n°2305284 du tribunal administratif de Lyon en date du 3 novembre 2023 ayant prononcé une injonction de reloger la requérante à l'encontre de la préfète de l'Ain.
Sur l'injonction à reloger :
2. Aux termes du I de l'article L. 441-2-3-1 du code de la construction et de l'habitation : " Le demandeur qui a été reconnu par la commission de médiation comme prioritaire et comme devant être logé d'urgence et qui n'a pas reçu, dans un délai fixé par décret, une offre de logement tenant compte de ses besoins et de ses capacités peut introduire un recours devant la juridiction administrative tendant à ce que soit ordonné son logement ou son relogement./ () / () / () / () Le président du tribunal administratif ou le magistrat qu'il désigne, lorsqu'il constate que la demande a été reconnue comme prioritaire par la commission de médiation et doit être satisfaite d'urgence et que n'a pas été offert au demandeur un logement tenant compte de ses besoins et de ses capacités, ordonne le logement ou le relogement de celui-ci par l'Etat et peut assortir son injonction d'une astreinte. Pour les seuls jugements prononcés après le 1er janvier 2016, le jugement prononçant l'astreinte mentionne que les sommes doivent être versées jusqu'au jugement de liquidation définitive. ".
3. Aux termes de l'article R. 441-16-1 du code de la construction et de l'habitation : " () le recours devant la juridiction administrative prévu au I de l'article L. 441-2-3-1 peut être introduit par le demandeur qui n'a pas reçu d'offre de logement tenant compte de ses besoins et capacités passé un délai de trois mois à compter de la décision de la commission de médiation le reconnaissant comme prioritaire et comme devant être logé d'urgence. Dans les départements d'outre-mer et dans les départements comportant au moins une agglomération, ou une partie d'une agglomération, de plus de 300 000 habitants, ce délai est de six mois ".
4. Il résulte de l'instruction que, pour exécuter le jugement du 3 novembre 2023 précité, la préfète de l'Ain a proposé la candidature de Mme A à la société Dynacité pour l'attribution d'un logement de type T2 de 58,2 m² à Bourg-en-Bresse (01000). La commission d'attribution des logements de la société Dynacité a toutefois rejeté la candidature de Mme A au motif que celle-ci n'a pas communiqué l'ensemble des éléments demandés par le bailleur pour l'examen de son dossier, notamment le document permettant d'isoler ses ressources.
5. Les dispositions de l'article L. 441-2-3-1 du code de la construction et de l'habitation, éclairées par les travaux parlementaires qui ont précédé leur adoption, font peser sur l'Etat, désigné comme garant du droit au logement opposable, une obligation de résultat. La proposition par le préfet de la candidature du demandeur reconnu prioritaire à une société HLM pour un logement correspondant à ses besoins et capacités, alors même qu'elle atteste des diligences effectuées, ne peut, en l'absence de l'intervention d'un accord effectif de l'organisme, s'analyser comme constituant une offre de logement au sens des dispositions de l'article L. 441-2-3-1 du code de la construction et de l'habitation. Toutefois, un comportement de nature à faire obstacle à l'exécution par le préfet de la décision de la commission de médiation peut délier l'administration de l'obligation de résultat qui pèse sur elle.
6. En l'espèce, la préfète de l'Ain soutient que Mme A a perdu le bénéfice du droit au logement opposable dès lors qu'elle n'a pas renouvelé son dossier en temps utiles, et a puis omis d'adresser les pièces sollicitées, soit la production de son jugement de divorce.
7. Toutefois, il est constant que la requérante a mis jour son dossier le 19 janvier 2024. Par ailleurs, en l'absence de difficulté sur l'évaluation des ressources de Mme A, qui a produit ses avis d'imposition, ou elle apparaît comme seule mentionnée, la préfète de l'Ain n'était pas fondée à solliciter le jugement de divorce de la requérante antérieur de plus de dix ans, dont la production n'est pas prévue par l'arrêté du 22 décembre 2020 susvisé. Ainsi, les éléments avancés par la préfète de l'Ain ne sont pas de nature à établir que l'absence d'offre de logement serait imputable à un comportement fautif de l'intéressée.
8. Il est constant qu'aucune offre de logement correspondant à ses besoins et capacités n'a été faite à Mme A. Par ailleurs, 'administration ne soutient pas que l'urgence à la reloger ait disparu du fait de circonstances postérieures à la décision de la commission de médiation. Par suite, la préfète de l'Ain n'est pas déliée de son obligation de loger la requérante, et il lui appartient d'assurer le logement de la requérante, sans qu'il y ait lieu de prononcer une nouvelle injonction.
Sur l'astreinte :
9. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce et en application des dispositions de l'article L. 441-2-3-1 du code de la construction et de l'habitation, d'assortir l'injonction prononcée par le jugement n°2305284 du tribunal administratif de Lyon en date du 3 novembre 2023 d'une astreinte à compter du 1er décembre 2024, dont le montant doit être fixé à la somme de 300 euros par mois complet de retard. Il incombera à la préfète de l'Ain, tant que l'injonction ne sera pas exécutée, de verser spontanément l'astreinte au Fonds national d'accompagnement vers et dans le logement dès qu'elle sera due pour une période de six mois. Lorsqu'elle estimera avoir exécuté l'injonction, il lui appartiendra de demander au juge de constater cette exécution et de procéder en conséquence à une liquidation définitive de l'astreinte.
Sur la demande d'exécution du jugement en ce qu'il condamne l'Etat à verser au conseil de Mme A une somme de 600 euros au titre des frais irrépétibles :
10. Il résulte de l'instruction que par un jugement n°2305284 du 3 novembre 2023, le tribunal administratif a mis à la charge de l'Etat la somme de 600 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. S'il est soutenu que la préfète de l'Ain n'a pris aucune mesure propre à assurer l'exécution du jugement précité, la préfète soutient sans être sérieusement contredite que le conseil de la requérante ne lui a pas adressé les documents bancaires nécessaires. En tout état de cause, la demande ne peut être que rejetée.
Sur les frais irrépétibles :
11. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge de l'Etat une somme en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : L'injonction prononcée par le jugement n°2305284 du tribunal administratif de Lyon en date du 3 novembre 2023 est assortie d'une astreinte à compter du 1er décembre 2024, dont le montant doit être fixé à la somme de 300 euros par mois complet de retard. Il incombera à la préfète de l'Ain, tant que l'injonction ne sera pas exécutée, de verser spontanément l'astreinte au Fonds national d'accompagnement vers et dans le logement dès qu'elle sera due pour une période de six mois. Lorsqu'elle estimera avoir exécuté l'injonction, il lui appartiendra de demander au juge de constater cette exécution et de procéder en conséquence à une liquidation définitive de l'astreinte.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de Mme B A est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A, à la préfète de l'Ain et à la ministre du logement et de la rénovation urbaine.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 31 octobre 2024.
La magistrate désignée,
D. JourdanLe greffier,
Y. Mesnard
La République mande et ordonne à la ministre du logement et de la rénovation urbaine en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026