Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2403889

vendredi 11 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2403889
TypeOrdonnance
RecoursPlein contentieux
PublicationD
Avocat requérantBENABDESSADOK

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Lyon, saisi par M. B sur le fondement de l'article L. 441-2-3-1 du code de la construction et de l'habitation, a constaté que l'injonction de logement prononcée le 17 janvier 2024 n'avait pas été exécutée par la préfète du Rhône. Pour assurer l'exécution de cette décision, le tribunal a assorti l'injonction d'une astreinte de 300 euros par mois de retard à compter du 1er décembre 2024, payable au Fonds national d'accompagnement vers et dans le logement. Les conclusions accessoires de M. B ont été rejetées.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 17 avril 2024 et un mémoire enregistré le 5 juillet 2024, M. B représenté par Me Benabdessadok demande au tribunal sur le fondement de l'article L. 441-2-3-1 du code de la construction et de l'habitation :

1°) d'assurer l'exécution de l'injonction prononcée par l'ordonnance n° 2308741 du 17 janvier 2024 et d'assortir cette injonction d'une astreinte d'un montant de 100 euros par jour de retard ;

2°) de condamner l'Etat au versement d'une somme de 1 000 euros par application combinée des dispositions de l'article L 761-1 du Code de justice administrative et de l'article 37 de la loi 91-647 du 10 juillet 1991.

Il soutient qu'il est toujours dans l'attente d'une proposition de logement.

Par un mémoire en défense enregistré le 26 juin 2024, la préfète du Rhône informe le tribunal que, malgré les diligences accomplies par ses services, aucune proposition de logement n'a pu être adressée à M. B.

La clôture de l'instruction a été fixée au 8 juillet 2024 par une ordonnance du 7 mai 2024.

M. B a été admis à l'aide juridictionnelle totale par une décision du 6 septembre 2024.

Vu :

- les autres pièces du dossier.

- le code de la construction et de l'habitation ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes du I de l'article L. 441-2-3-1 du code de la construction et de l'habitation : " Le demandeur qui a été reconnu par la commission de médiation comme prioritaire et comme devant être logé d'urgence et qui n'a pas reçu, dans un délai fixé par décret, une offre de logement tenant compte de ses besoins et de ses capacités peut introduire un recours devant la juridiction administrative tendant à ce que soit ordonné son logement ou son relogement. / () / Le président du tribunal administratif ou le magistrat qu'il désigne, lorsqu'il constate que la demande a été reconnue comme prioritaire par la commission de médiation et doit être satisfaite d'urgence et que n'a pas été offert au demandeur un logement tenant compte de ses besoins et de ses capacités, ordonne le logement ou le relogement de celui-ci par l'Etat et peut assortir cette injonction d'une astreinte. (Le) jugement prononçant l'astreinte mentionne que les sommes doivent être versées jusqu'au jugement de liquidation définitive. / Le produit de l'astreinte est versé au fonds national d'accompagnement vers et dans le logement, institué en application de l'article L. 300-2. / (Tant) que l'astreinte n'est pas liquidée définitivement par le juge, le versement de l'astreinte au fonds est effectué deux fois par an, le premier versement devant intervenir à la fin du sixième mois qui suit le mois à compter duquel l'astreinte est due en application du jugement qui l'a prononcée. Toute astreinte versée en application du jugement la prononçant reste acquise au fonds. Lorsque l'astreinte a été liquidée définitivement, le versement du solde restant dû, le cas échéant, est effectué dans le mois qui suit la notification de la décision de liquidation définitive ".

2. M. B demande au tribunal d'assurer l'exécution de l'ordonnance n° 2308741 du 17 janvier 2024 par laquelle le tribunal a, sur le fondement des dispositions précitées du code de la construction et de l'habitation, enjoint à la préfète du Rhône d'assurer son logement avant le 1er mars 2024.

3. Alors qu'il est constant que cette injonction n'a pas été suivie d'effet, il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce et en application des mêmes dispositions, d'assortir l'injonction prononcée par l'ordonnance du 17 janvier 2024 d'une astreinte à compter du 1er décembre 2024 dont le montant doit être fixé à la montant de 300 euros par mois de retard. Il incombera à la préfète du Rhône, tant que l'injonction ne sera pas exécutée, de verser spontanément l'astreinte au Fonds national d'accompagnement vers et dans le logement dès qu'elle sera due pour une période de six mois. Lorsqu'elle estimera avoir exécuté l'injonction, il lui appartiendra de demander au juge de constater cette exécution et de procéder en conséquence à une liquidation définitive de l'astreinte.

4. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux conclusions de la requête tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : L'injonction prononcée par le jugement n° 2308741 du 17 janvier 2024 est assortie d'une astreinte à compter du 1er décembre 2024, dont le montant doit être fixé à la somme de 300 euros par mois de retard.

Article 2 : Jusqu'à sa liquidation définitive, l'astreinte faisant l'objet de l'article 1er sera versée au fonds national d'accompagnement vers et dans le logement selon les modalités prévues par l'article L. 441-2-3-1 du code de la construction et de l'habitation.

Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B, à la préfète du Rhône et au ministre du logement et de la rénovation urbaine.

Fait à Lyon, le 11 octobre 2024

La première vice-présidente,

D. Jourdan

La République mande et ordonne au ministre du logement et de la rénovation urbaine en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,

Un greffier,