mardi 29 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2404111 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | JU Chambre Sociale |
| Avocat requérant | SELARL MATHIEU AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 22 avril 2024, Mme B C, représentée par Me Mathieu, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision par laquelle elle a été sortie du dispositif droit au logement opposable et de la rétablir en son droit ;
2°) d'enjoindre à la préfète du Rhône de lui attribuer un logement, conformément à la décision de la commission de médiation Droit au logement opposable du Rhône du 30 mai 2023.
Elle soutient que :
- par décision du 30 mai 2023, la commission de médiation droit au logement opposable du Rhône l'a reconnue comme prioritaire et devant se voir attribuer un logement en urgence ;
- la proposition faite par la préfète du Rhône en date du 19 décembre 2023 n'était pas adaptée à ses besoins et à ses capacités, en raison des temps de trajets en transport en commun qui seraient incompatibles avec ses obligations professionnelles.
Par un mémoire en défense, enregistré le 4 juillet 2024, la préfète du Rhône conclut au à l'irrecevabilité de la requête, et à titre subsidiaire, à son rejet.
Elle soutient que :
- la requête est tardive ;
- elle est déliée de son obligation de proposer un logement à Mme C, la requérante ayant été radiée du droit au logement opposable suite à un refus de sa part sans qu'elle ait justifiée que la proposition du 19 décembre 2023 n'était manifestement pas adaptée à ses besoins.
Par courrier du 2 octobre 2024, Me Roxane Mathieu a informé le tribunal de son intervention en qualité de conseil de Mme B C.
Vu la décision favorable de la commission de médiation droit au logement opposable du Rhône du 30 mai 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la construction et de l'habitation ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
La présidente du tribunal a désigné Mme Jourdan en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Après avoir, au cours de l'audience publique du 9 octobre 2024 :
- le rapport de Mme Jourdan, vice-présidente, magistrate désignée ;
- les observations de Mme C et de Me Mathieu, son conseil ;
- et de M. A, représentant de la préfète du Rhône.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes du I de l'article L. 441-2-3-1 du code de la construction et de l'habitation : " Le demandeur qui a été reconnu par la commission de médiation comme prioritaire et comme devant être logé d'urgence et qui n'a pas reçu, dans un délai fixé par décret, une offre de logement tenant compte de ses besoins et de ses capacités peut introduire un recours devant la juridiction administrative tendant à ce que soit ordonné son logement ou son relogement./ () / () / () / () Le président du tribunal administratif ou le magistrat qu'il désigne, lorsqu'il constate que la demande a été reconnue comme prioritaire par la commission de médiation et doit être satisfaite d'urgence et que n'a pas été offert au demandeur un logement tenant compte de ses besoins et de ses capacités, ordonne le logement ou le relogement de celui-ci par l'Etat et peut assortir son injonction d'une astreinte. Pour les seuls jugements prononcés après le 1er janvier 2016, le jugement prononçant l'astreinte mentionne que les sommes doivent être versées jusqu'au jugement de liquidation définitive. "
.
2. En vertu des dispositions de l'article R. 441-16-1 du même code, applicables dans les départements, tels que le Rhône, comportant au moins une agglomération ou une partie d'une agglomération de plus de 300 000 habitants, le recours devant la juridiction administrative prévu au I de l'article L. 441-2-3-1 peut être introduit par le demandeur qui n'a pas reçu d'offre de logement tenant compte de ses besoins et capacités, passé un délai de six mois à compter de la décision de la commission de médiation le reconnaissant comme prioritaire et comme devant être logé d'urgence.
3. Il résulte des dispositions précitées que le juge, saisi sur le fondement de l'article L. 441-2-3-1 de ce code, s'il constate qu'un demandeur de logement a été reconnu par une commission de médiation comme prioritaire et devant être logé ou relogé d'urgence et que ne lui a pas été offert un logement tenant compte de ses besoins et de ses capacités définis par la commission, doit ordonner à l'administration de loger ou reloger l'intéressé, sauf si celle-ci apporte la preuve que l'urgence a complètement disparu. Il résulte également de ces dispositions que le demandeur reconnu comme prioritaire par une décision de la commission de médiation peut perdre le bénéfice de cette décision s'il refuse, sans motif impérieux, une offre de logement ou d'hébergement correspondant à ses besoins et à ses capacités.
4. Par une décision du 30 mai 2023, la commission de médiation du droit au logement opposable du Rhône a reconnu Mme C prioritaire en vue d'une offre de logement de type T1-T2 au motif : " dépourvue de logement / hébergée chez un particulier ". La requérante dit ne pas avoir reçu d'offre de logement à la date d'introduction de sa requête. Toutefois la préfète du Rhône fait valoir sans être contredite, que Mme C a reçu une proposition le 29 décembre 2023 concernant un logement de type T2 de 42 m² à Colombier-Saugnieu (69124), que la requérante a refusé comme étant " peu accessible en transports en commun ", ce qui risquerait de mettre en danger son emploi, des retards fréquents étant rencontrés sur les lignes qu'elle devrait emprunter. De plus, n'étant pas véhiculée, la requérante soutient que ce logement ne lui permettrait pas de " conserver une vie sociale ".
5. Il ne résulte pas de l'instruction que ce logement, d'une superficie suffisante au regard de la composition du foyer de Mme C, était inadapté à ses besoins et ses capacités. Par ailleurs, si la requérante apporte un témoignage d'une collègue sur la nécessité pour elle d'emprunter un trajet plus long pour se rendre sur son lieu de travail en raison des retards fréquents sur les lignes de bus utilisées mettant en danger son emploi, Mme C ne démontre pas que la localisation du logement proposé vis-à-vis de son lieu de travail dépasserait un temps de trajet acceptable, ce qui pourrait constituer un motif impérieux. Au demeurant, Mme C indique préférer un logement sur Lyon, qui supposerait un temps de trajet identique à plus long que celui qu'elle aurait à faire depuis le logement proposé, localisé dans la même ville que son lieu de travail. Enfin, la requérante se prévaut de ce que la localisation du logement ne lui permettrait pas de conserver une vie sociale, néanmoins, il ressort des écritures de la préfecture que plusieurs activités sont disponibles sur la commune du logement proposé, elle ne peut pas se prévaloir du simple éloignement géographique pour refuser cette proposition de logement. Ainsi, en refusant la proposition de logement faite par la préfète, Mme C, qui n'établit pas que le logement qui lui a été proposé n'était pas adapté à ses besoins et capacités et ne fait pas état d'un motif impérieux de nature à justifier son refus, a délié l'administration de son obligation de relogement, dès lors qu'elle a été informée, par la décision du 30 mai 2023 qui l'avait reconnue prioritaire et devant être logée d'urgence, qu'un refus était susceptible de lui en faire perdre le bénéfice.
6. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la fin de non-recevoir opposée en défense, que les conclusions de Mme C tendant à ce qu'il soit enjoint à la préfète du Rhône de lui attribuer un logement, doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme B C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme C, à la ministre du logement et de la rénovation urbaine et à la préfète du Rhône.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 29 octobre 2024.
La magistrate désignée,
D. JourdanLe greffier,
Y. Mesnard
La République mande et ordonne à la ministre du logement et de la rénovation urbaine en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026