Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2404237

mardi 3 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2404237
TypeOrdonnance
RecoursPlein contentieux
PublicationD

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Lyon a rejeté la requête de Mme B contestant un indu de prime d'activité de 565,38 euros notifié par la CAF du Rhône. La requérante n'a pas exercé le recours administratif préalable obligatoire prévu par l'article L. 845-2 du code de la sécurité sociale, rendant ses conclusions sur le bien-fondé de l'indu manifestement irrecevables. Concernant le refus implicite de remise de dette, elle n'a fourni aucun moyen ou fait précis, comme sa bonne foi ou sa précarité, pour étayer sa demande. L'ordonnance, fondée sur l'article R. 222-1 du code de justice administrative, rejette la requête pour irrecevabilité et défaut de moyens sérieux.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 29 avril 2024, Mme A B demande au tribunal d'annuler la décision du 22 décembre 2023 par laquelle la caisse d'allocations familiales du Rhône a mis à sa charge un indu de prime d'activité d'un montant de 565,38 euros, ensemble la décision par laquelle la même caisse a implicitement refusé de lui accorder une remise de dette.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la sécurité sociale ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les magistrats () ayant atteint au moins le grade de premier conseiller désignés à cet effet par le président de leur juridiction peuvent, par ordonnance : () / 4' Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens ; / () 7° Rejeter, après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire, les requêtes ne comportant que () des moyens inopérants ou des moyens qui ne sont assortis que de faits manifestement insusceptibles de venir à leur soutien ou ne sont manifestement pas assortis des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé. / (). ".

2. Aux termes de l'article R. 772-6 du code de justice administrative spécialement applicable en matière de contentieux sociaux : " Une requête de première instance ne peut être rejetée pour défaut ou pour insuffisance de motivation, notamment en application du 7° de l'article R. 222-1, qu'après que le requérant a été informé du rôle du juge administratif et de la nécessité de lui soumettre une argumentation propre à établir que la décision attaquée méconnaît ses droits et de lui transmettre, à cet effet, toutes les pièces justificatives utiles. / S'il y a lieu, le requérant est ainsi invité à régulariser sa requête dans le délai qui lui est imparti et dont le terme peut être fixé au-delà de l'expiration du délai de recours. Il est informé qu'à défaut de régularisation les conclusions pourront être rejetées comme irrecevables dès l'expiration du délai imparti qui, sauf urgence, ne peut être inférieur à quinze jours. La demande de régularisation tient lieu de l'information prévue à l'article R. 611-7. ". Aux termes de l'article R. 772-7 de ce même code : " Les dispositions de l'article R. 772-6 ne sont pas applicables lorsque la requête () a été présentée sur un formulaire mis à la disposition des requérants par la juridiction administrative qui contient l'ensemble des informations mentionnées au premier alinéa de cet article ".

3. Mme B conteste devoir la somme de 565,38 euros au titre d'un indu de prime d'activité notifié par courrier du 22 décembre 2023 en soutenant qu'elle n'a jamais perçu d'aide personnalisée au logement et produit le courrier de la caisse d'allocations familiales du Rhône accusant réception de sa demande de remise de dette. Par un courrier du 8 juillet 2024 dont il a été accusé réception au moyen de l'application Télérecours Citoyen le 13 juillet, Mme B a été invitée par le greffe du tribunal à régulariser sa requête dans un délai de quinze jours à l'aide du formulaire prévu par l'article R. 772-7 du code de justice administrative, en précisant les moyens qu'elle entend soulever et en produisant tous les documents en sa possession, en particulier le recours administratif préalable qui doit être obligatoirement effectué s'agissant de la contestation du bien-fondé de l'indu. A la date de la présente ordonnance, la requérante n'a pas déféré à cette demande de régularisation, ni produit aucune autre pièce ou écriture.

4. Il ne ressort pas des pièces du dossier que Mme B a exercé le recours administratif qui doit être obligatoirement formulé préalablement à la contestation du bien-fondé de l'indu, lequel est requis par les dispositions de l'article L. 845-2 du code de la sécurité sociale. Il en résulte que les conclusions contestant le bien-fondé de la décision du 22 décembre 2023 mettant initialement à sa charge un indu de prime d'activité sont manifestement irrecevables. Par ailleurs, la requérante ne fait état d'aucun moyen, ni même d'une circonstance de fait, susceptible de caractériser une situation de précarité et sa bonne foi, seules susceptibles de remettre en cause le refus implicite de lui accorder une remise gracieuse de sa dette de prime d'activité. Par suite, les conclusions contestant cette décision ne sont assorties que d'un moyen inopérant. Dans ces conditions, la requête doit être rejetée en application des dispositions précitées de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B.

Fait à Lyon le 3 décembre 2024.

Le magistrat désigné,

R. Reymond-Kellal

La République mande et ordonne à la préfète du Rhône en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,

Un greffier,