jeudi 3 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2404392 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | D |
| Avocat requérant | BROGLIN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 3 mai 2024, et un mémoire complémentaire, enregistré le 9 juillet 2024, le centre hospitalier de Bourg-en-Bresse, représenté par Me Rayssac (Selarl Rayssac Avocats et associés), demande au juge des référés :
1°) de désigner un expert, sur le fondement de l'article R. 532-1 du code de justice administrative, chargé de se prononcer sur les causes et les conséquences des fissures et pathologies visibles sur les dalles bétons des différents niveaux du bâtiment Z du centre hospitalier ;
2°) de réserver les dépens.
Il soutient que :
- dans le cadre d'une opération de travaux de réhabilitation du site de Fleyriat, il a confié la maîtrise d'œuvre, en dernier lieu, au groupement conjoint composé des sociétés Carta Reichen Robert et Associés (mandataire), Bel Air Architectures, Edeis Ingenierie et Etamine ; la mission de contrôle technique a été confiée à la société Socotec, aux droits de laquelle est venue la société Socotec Construction ; la société Abrotec s'est vue confiée un marché public de prestations intellectuelles ; la mission OPC a été confié à la société Im Projet ; il s'est adjoint les conseils d'un assistant technique à maîtrise d'ouvrage dont la mission a été confiée au groupement composé des sociétés Serl (mandataire), Gec Rhône-Alpes, Couzane et C'Z'D'Azur ;
- dans le cadre de ces opérations, et notamment de la phase technique n°5, des matériaux contenant de l'amiante ont été identifiés par la société GCC sur le site d'exécution des travaux ;
- à l'occasion de la mise à nu des sols, murs et plafonds des différents niveaux du bâtiment, des fissures ont été détectées sur les niveaux 1 à 5 ;
- une procédure de référé-constat, sur le fondement de l'article R. 531-1 du code de justice administrative a également été initiée ;
- il s'oppose à la demande de modification des missions de l'expert telle que formulée par la société Edeis Ingenierie ;
- il prend acte des appels en cause présentés par la société Edeis Ingenierie, à l'encontre de la société Teco, sous-traitant, et de son assureur et par la société GCC à l'encontre des sociétés MTS et TIA, sous-traitants, ainsi que de leurs assureurs, ces sociétés étant chargées des travaux de désamiantage et de curage de la phase n°5 de l'opération des travaux ; toutefois, en l'absence d'élément démontrant l'intérêt d'un élargissement des opérations d'expertise à la société Teco, il émet les plus expresses réserves sur l'opportunité de la demande de la société Edeis Ingenierie.
Par un mémoire en défense, enregistré le 17 mai 2024, la société Agence Carta Reichen et Robert Associés, représentée par Me Broglin demande au juge des référés :
1°) de lui donner acte de ses protestations et réserves ;
2°) de réserver les dépens.
Par un mémoire en défense, enregistré le 25 juin 2024 et un mémoire complémentaire enregistré le 22 juillet 2024, la société Edeis Ingenierie, représentée par Me Alonso Garcia (Selarl Antoine Alonso Garcia Avocat) demande au juge des référés :
1°) de lui donner acte de ce qu'elle formule toutes les réserves et protestations d'usage quant à l'expertise sollicitée ;
2°) de rendre les opérations d'expertise communes et opposables à la société Teco et à la société SMABTP, son assureur ;
3°) de modifier la mission n°5 de l'expert telle qu'indiquée dans son mémoire ;
4°) de réserver les dépens.
Elle fait valoir que la société Teco pourrait avoir commis des manquements dans le cadre de l'exécution de sa mission, de sorte que la présence de cette société et de son assureur aux opérations présente également un intérêt.
Par un mémoire en défense, enregistré le 25 juin 2024, la société GCC, représentée par Me Fialaire (Selarl Juge Fialaire Avocats) demande au juge des référés de déclarer les opérations d'expertise communes et opposables à la société MTS, à la société TIA et à leurs assureurs, les sociétés Generali Iard, SMABTP et SMA.
Elle fait valoir qu'elle a sous-traité les travaux de désamiantage et de curage de la phase 5 à un groupement composé des sociétés MTS et TIA, de sorte que leur présence aux opérations d'expertise s'avère utile.
Par un mémoire en défense, enregistré le 26 juillet 2024, la société Maintenance et Travaux Spéciaux, ci-après MTS, et son assureur, la société SMA, représentées par la Selarl PVBF - Piras Associés, informent le juge des référés qu'elles entendent faire toutes protestations et réserves sur la mesure sollicitée.
Par un mémoire en défense, enregistré le 26 juillet 2024, la société Tecnologie Industriali et Ambientali, ci-après TIA, représentée par Me Gaslini, demande au juge des référés :
1°) de lui donner acte de ce qu'elle s'en remet à justice quant à la mesure d'extension présentée à son encontre ;
2°) de réserver les dépens.
Par un mémoire en défense, enregistré le 1er août 2024, la société Generali Iard, représentée par Me Delrue (DBM) demande au juge des référés :
1°) à titre principal, de rejeter la demande d'extension présentée par la société GCC à son encontre ;
2°) à titre subsidiaire, de lui donne acte de ce qu'elle émet les plus expresses réserves ;
3°) de mettre à la charge de la société GCC le versement d'une somme de 2 000 euuros, en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- la police d'assurance souscrite par la société TIA exclue les dommages résultants d'activités se rapportant à l'amiante et ses dérivés ;
- en outre, elle exclut également les recours exercés à l'encontre de son assuré intervenant en qualité de sous-traitant.
Par un mémoire en défense, enregistré le 21 août 2024, la société SMABTP et la société Teco, représentées par Me Ducrot (SCP Ducrot Associés DPA) demandent au juge des référés :
1°) de constater qu'elles formulent les protestations et réserves d'usage quant à la mesure d'instruction sollicitée ;
2°) de réserver les dépens.
La requête a été régulièrement communiquée aux sociétés Etamine, Bel Air Architectes et Socotec Constructions qui n'ont pas présenté d'observations.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article R. 532-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, sur simple requête et même en l'absence d'une décision administrative préalable, prescrire toute mesure utile d'expertise ou d'instruction. () ".
2. En premier lieu, la demande d'expertise présentée par le centre hospitalier de Bourg-en-Bresse, aux fins de déterminer les causes et les conséquences des fissures et pathologies visibles sur les dalles bétons des différents niveaux du bâtiment Z, présente un caractère utile et entre dans le champ d'application des dispositions précitées. Dès lors, il y a lieu d'y faire droit dans les conditions précisées au dispositif de la présente ordonnance.
3. En deuxième lieu, rien ne s'oppose à ce que les opérations d'expertise soient rendues communes et opposables aux sociétés à la société MTS, à la société TIA, à la société SMA, et à la société SMABTP, assureurs de la société MTS.
4. En troisième lieu, la société Edeis Ingenierie demande de rendre les opérations d'expertise à venir communes et opposables à la société Teco et son assureur, au motif que cette société est intervenue en qualité de sous-traitant sur les missions PRO-QAO, DCE et assistance en ACT. Si le centre hospitalier conteste l'utilité de sa présence aux opérations d'expertise dans la perspective du traitement du litige au principal, il est constant que l'expertise sollicitée est une simple mesure d'instruction qui a notamment pour objet de déterminer l'origine, les causes, la nature et les conséquences des désordres affectant les dalles bétons des différents niveaux du bâtiment Z, sans préjuger de leur imputabilité ou des responsabilités pouvant être encourues par les parties défenderesses. En l'état de l'instruction, la présence aux opérations d'expertise la société Teco et de son assureur apparait utile dès lors qu'elle est de nature à éclairer l'expert dans la bonne exécution de sa mission. En tout état de cause, il appartiendra à l'expert, s'il l'estime pertinent, dès les investigations réalisées lors de la première réunion d'expertise, de solliciter du juge des référés la mise hors de cause des parties dont la participation ne serait pas ou plus nécessaire. Dans ces conditions, il y a lieu de rendre les opérations d'expertise communes et opposables à la société Teco et son assureur, la société SMABTP.
5. En quatrième lieu, la société Generali Iard demande au juge des référés de prononcer sa mise hors de cause en tant qu'assureur de la société Tia, au motif que sa police d'assurance ne garantissait pas les dommages résultants d'activités se rapportant à l'amiante et ses dérivés. Toutefois, il résulte de l'instruction que la société Tia était titulaire d'un contrat d'assurance auprès de la compagnie Generali Iard. Il ne relève pas de l'office du juge des référés de statuer sur les conditions d'application de garanties d'assurance et d'interpréter les termes d'un contrat d'assurance, les droits des parties restant entiers sur le fond du litige susceptible de les opposer. Dès lors, il y a lieu de maintenir la compagnie Generali Iard à la cause.
6. En cinquième lieu, il n'appartient pas au juge administratif de donner acte de déclarations, de réserves ou d'intentions. Les conclusions présentées en ce sens par les parties sont, par suite, rejetées.
7. En sixième lieu, en application des dispositions de l'article R. 621-13 du code de justice administrative, les frais de l'expertise seront liquidés et taxés par ordonnance laquelle désignera la partie qui les supportera. Par suite, les conclusions des parties relatives aux dépens ne peuvent qu'être rejetées.
8. En dernier lieu, il résulte de ce qui précède que les conclusions présentées par la société Generali Iard sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ne peuvent qu'être rejetées.
ORDONNE
Article 1er : M. A B, demeurant 193 route du Bibost à Sourcieux-les-Mines (69210), est désigné comme expert avec pour mission de :
1°- se rendre sur les lieux, entendre les parties, prendre connaissance de tous documents utiles ; donner tous éléments et établir tous plans, croquis ou schémas, produire des photos, utiles à la compréhension des faits de la cause ;
2°- rechercher et préciser les liens contractuels unissant les parties, décrire les missions confiées à chacune des parties à la présente instance, et si possible, annexer à son rapport les marchés, avenants, ordres de services et tous autres documents utiles ; informer les parties qu'il est de leur intérêt d'appeler immédiatement telles entreprises dont la responsabilité serait mise en évidence au cours des premières opérations d'expertise ;
3°- préciser la chronologie des opérations de construction, ainsi que celles des opérations de réception, la nature des réserves dont cette réception aurait été assortie et les suites données à celles-ci ;
4°- décrire les désordres affectant l'ouvrage, en lien avec ceux indiqués ci-dessus et ceux relevés par l'expert désigné par l'ordonnance n° 2404375 du 14 mai 2024, et en indiquer la nature et l'étendue ; pour chacun d'eux, déterminer la date de la première apparition, et préciser, si, à la date de la réception, il était apparent, ou tout au moins prévisible, en tout cas dans toutes ses conséquences ;
5°- fournir tous éléments permettant d'apprécier si chacun de ces désordres met l'ouvrage en péril ou le rendent impropre à sa destination, et donner son avis sur ce point ;
6°- donner son avis sur la ou les causes de chaque désordre (vice de conception, défaut de surveillance, faute d'exécution, manquement aux règles de l'art, qualité des matériaux utilisés, insuffisance d'entretien, ou tout autre cause) ; si les dommages sont dus à plusieurs causes, fournir tous éléments permettant d'apprécier dans quelle proportion ils sont imputables à chacune d'elles et donner son avis sur ce point ;
7°- décrire les travaux de nature à faire cesser les désordres et à remettre l'ouvrage en l'état prévu par le marché ; en évaluer le coût et en fixer la durée compte tenu des nécessités de leur conception, de la passation des marchés, et de l'exécution des travaux ;
8°- donner son avis sur l'existence d'améliorations et/ou de plus-values apportées à l'ouvrage par les préconisations des éventuelles solutions techniques ;
9°- donner son avis sur les préjudices de toute nature subis du fait desdits désordres et en évaluer le montant ;
10°- de manière générale, donner toutes précisions et informations utiles permettant au tribunal de se prononcer sur les responsabilités et l'importance du préjudice, ainsi que toute information utile à la solution du litige ;
11°- établir une synthèse non technique des réponses aux questions posées, et, s'il y a lieu, proposer une répartition motivée des responsabilités en pourcentage ;
12° - tenter de parvenir à un accord entre les parties, si possible.
L'expert disposera des pouvoirs d'investigation les plus étendus. Il pourra entendre tous sachants, se faire communiquer tous documents et renseignements, faire toutes constatations ou vérifications propres à faciliter l'accomplissement de sa mission et éclairer le tribunal administratif.
Article 2 : L'expert accomplira sa mission dans les conditions prévues aux articles R. 621-2 à R. 621-14 du code de justice administrative. Il ne pourra recourir à un sapiteur sans l'autorisation préalable de la présidente du tribunal administratif. L'expert recueillera et consignera les observations des parties sur les constatations auxquelles il procèdera et les conclusions qu'il envisagera d'en tirer.
Article 3 : Préalablement à toute opération, l'expert prêtera serment dans les formes prévues à l'article R. 621-3 du code de justice administrative.
Article 4 : L'expertise aura lieu en présence du centre hospitalier de Bourg-en-Bresse et des sociétés Carta Reichen Robert et Associés, Bel Air Architectures, Edeis Ingenierie, Etamine, GCC, Socotec Constructions, MTS, SMABTP, SMA, TIA, Generali Iard et Teco.
Article 5 : L'expert déposera son rapport au greffe sous forme électronique par le biais de la plateforme d'échanges dans le délai de six mois à compter de la notification de la présente ordonnance, accompagné de l'état de ses vacations, frais et débours.
Article 6 : L'expert notifiera son rapport aux parties dans les conditions prévues à l'article R. 621-9 du code de justice administrative. Avec leur accord, cette notification pourra s'opérer dans les conditions prévues à l'article R. 621-7-3 du même code.
Article 7 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 8 : La présente ordonnance sera notifiée au centre hospitalier de Bourg-en-Bresse, aux sociétés Carta Reichen Robert et Associés, Bel Air Architectures, Edeis Ingenierie, Etamine, GCC, Socotec Constructions, MTS, SMABTP, SMA, TIA, Generali Iard, Teco et à l'expert.
Fait à Lyon, le 3 octobre 2024.
La présidente du tribunal,
Juge des référés,
C. MARILLER
La République mande et ordonne à la préfète de l'Ain en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Un greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026