lundi 7 avril 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2404948 |
| Type | Décision |
| Formation | 8ème chambre |
| Avocat requérant | PELISSIER-BOUAZZA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 17 mai 2024, M. A B, représenté par Me Pelissier-Bouazza, demande au tribunal :
1°) d'annuler les décisions du 18 avril 2024 par lesquelles le préfet de la Loire a rejeté sa demande de titre de séjour portant la mention " salarié ", l'a obligé à quitter le territoire français, dans un délai de trente jours et lui a fait interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de six mois ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Loire de lui délivrer un titre de séjour mention " salarié ", sous astreinte de 90 euros par jour de retard, à compter du délai de quinze jours suivant la notification du jugement à intervenir, ou subsidiairement, de réexaminer sa situation dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir et de lui délivrer, durant cet examen, une autorisation provisoire de séjour, sous astreinte de 90 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, à verser à son conseil, sur son affirmation de droit.
Il soutient que :
- les décisions attaquées sont insuffisamment motivées et entachées d'un défaut d'examen de sa situation personnelle comme en témoignent les multiples erreurs matérielles relevées ;
- il remplit les critères définis par la circulaire dite " Valls " du 28 novembre 2012 concernant l'admission au séjour au titre du travail ; ainsi, la décision du préfet de la Loire est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation dans l'exercice de son pouvoir de régularisation ;
- le refus de titre de séjour méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- l'obligation de quitter le territoire français est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- l'interdiction de retour sur le territoire français est entachée d'erreur d'appréciation ;
La requête a été communiquée au préfet de la Loire qui n'a pas produit d'observations en défense.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950 ;
- l'accord franco-tunisien du 17 mars 1988 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Dèche, présidente-rapporteure, a été entendu au cours de l'audience publique.
Les parties n'étaient ni présentes ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant tunisien, né le 28 août 1988 déclare être entré en France le 12 avril 2018. Le 26 septembre 2023, il a présenté une demande d'admission exceptionnelle au séjour, en sollicitant la délivrance d'un premier titre de séjour mention " salarié " ou " travailleur temporaire ". Par des décisions du 18 avril 2024, dont M. B demande au tribunal l'annulation, le préfet de la Loire a rejeté sa demande de titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français, dans un délai de trente jours et lui a fait interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de six mois.
2. Il ressort des pièces du dossier que le refus de titre de séjour attaqué indique que le requérant a déclaré être entré en France, le 17 juin 2018, alors qu'il affirme avoir déclaré une date d'entrée sur le territoire français au 12 avril 2018, que cette décision relève par la suite que l'intéressé serait entré en France en 2016, que le préfet a indiqué de manière incohérente, que l'intéressé pourrait poursuivre sa vie familiale dans son pays d'origine, accompagné de son épouse et de ses enfants, après avoir relevé qu'il était séparé de son épouse et qu'il n'avait pas d'enfant, qu'il a présenté une demande de titre de séjour sur le fondement de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, alors que le requérant indique sans être utilement contredit par le préfet qui n'a pas produit de mémoire en défense, que tel n'était pas le cas et que cette décision indique enfin que l'intéressé s'était soustrait à quatre précédentes mesures d'éloignement, alors qu'il n'a fait l'objet que d'une mesure d'éloignement. Compte tenu des nombreuses erreurs et incohérences que comporte cette décision, tenant tant à la date de l'entrée en France de l'intéressé, qu'à sa situation familiale et à situation sur le territoire français, le préfet de la Loire doit être regardé comme s'étant abstenu de procéder à un examen réel de la situation de M. B. Par suite, le moyen tiré du défaut d'examen de la situation personnelle du requérant doit être accueilli.
3. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête, que M. B est fondé à demander l'annulation de la décision portant refus de titre de séjour du 18 avril 2024, ainsi que, par voie de conséquence, des décisions portant obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours, et prononçant à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de six mois.
Sur les conclusions à fin d'injonction sous astreinte :
4. Compte tenu du motif d'annulation retenu, il y a lieu d'enjoindre au préfet de la Loire de réexaminer la demande de M. B, dans le délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les frais liés au litige :
5. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de l'État une somme de 1 000 euros au titre des frais exposés par M. B en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : Les décisions du 18 avril 2024 du préfet de la Loire rejetant la demande de titre de séjour de M. B, l'obligeant à quitter le territoire français, dans un délai de trente jours et lui faisant interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de six mois sont annulées.
Article 2 : Il est enjoint au préfet de la Loire de réexaminer la situation de M. B dans le délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : L'État versera à M. B une somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au préfet de la Loire.
Délibéré après l'audience du 21 mars 2025, à laquelle siégeaient :
Mme Dèche, présidente,
Mme Journoud, conseillère,
Mme Pouyet, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 avril 2025.
La présidente-rapporteure,
P. DècheL'assesseure la plus ancienne,
L. Journoud
La greffière,
S. Hosni
La République mande et ordonne au préfet de la Loire, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Une greffière ;
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2300356
**Sujet principal** : Demande d'indemnisation d'un agent public pour absence de réintégration après une période de disponibilité. **Juridiction** : Tribunal Administratif de Marseille (8ème chambre). **Solution retenue** : Le tribunal rejette la fin de non-recevoir opposée par la commune, estimant que le requérant a bien produit l'ensemble des pièces requises selon l'article R. 414-5 du code de justice administrative. **Textes appliqués** : Article R. 414-5 du code de justice administrative (règles de procédure concernant la production des pièces).
08/04/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2302852
Le Tribunal Administratif de Marseille rejette la requête de M. A... B... visant à annuler la décision de l'ONACVG limitant à 3 000 euros l'aide financière qui lui a été attribuée au titre du dispositif pour les enfants d'anciens harkis. Le tribunal estime que la décision d'attribution, qui n'est pas une décision défavorable, n'était pas soumise à une obligation de motivation spécifique et que l'administration n'a pas commis d'erreur manifeste d'appréciation en déterminant le montant, en application du décret n° 2018-1320 du 28 décembre 2018.
08/04/2026
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08/04/2026
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Le Tribunal Administratif de Marseille a annulé la décision du préfet des Bouches-du-Rhône refusant le renouvellement d'une habilitation aéroportuaire à un employé de DHL. Le juge a retenu un vice de procédure, estimant que ce refus, constitutif d'une décision individuelle défavorable, devait être motivé en application des articles L. 211-2 et suivants du code des relations entre le public et l'administration, ce qui n'était pas le cas. La décision a été annulée sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens soulevés par le requérant.
08/04/2026