Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2405406

lundi 9 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2405406
TypeOrdonnance
RecoursPlein contentieux
PublicationD

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Lyon a rejeté la requête de Mme A contestant le refus de remise gracieuse d’une dette de prime d’activité de 705,36 euros. La requérante n’a pas régularisé son recours malgré une invitation à produire des pièces justificatives, notamment le recours administratif préalable. Le seul moyen soulevé, tiré d’un défaut de motivation, a été jugé inopérant car la décision attaquée portait uniquement sur la remise gracieuse, sans contestation du bien-fondé de l’indu. L’ordonnance se fonde sur l’article R. 222-1, 7° du code de justice administrative pour rejeter la requête comme irrecevable.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 30 mai 2024, Mme B A demande au tribunal d'annuler la décision du 19 mars 2024 par laquelle la caisse d'allocations familiales du Rhône a refusé de lui accorder une remise gracieuse de sa dette de prime d'activité d'un montant de 705,36 euros.

Vu la décision attaquée et les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les magistrats () ayant atteint au moins le grade de premier conseiller désignés à cet effet par le président de leur juridiction peuvent, par ordonnance : / () 7° Rejeter, après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire, les requêtes ne comportant que () des moyens inopérants () ".

2. Aux termes de l'article R. 772-6 du code de justice administrative spécialement applicable aux contentieux sociaux : " Une requête de première instance ne peut être rejetée pour défaut ou pour insuffisance de motivation, notamment en application du 7° de l'article R. 222-1, qu'après que le requérant a été informé du rôle du juge administratif et de la nécessité de lui soumettre une argumentation propre à établir que la décision attaquée méconnaît ses droits et de lui transmettre, à cet effet, toutes les pièces justificatives utiles. / S'il y a lieu, le requérant est ainsi invité à régulariser sa requête dans le délai qui lui est imparti et dont le terme peut être fixé au-delà de l'expiration du délai de recours. Il est informé qu'à défaut de régularisation les conclusions pourront être rejetées comme irrecevables dès l'expiration du délai imparti qui, sauf urgence, ne peut être inférieur à quinze jours. La demande de régularisation tient lieu de l'information prévue à l'article R. 611-7. ". Aux termes de l'article R. 772-7 de ce même code : " Les dispositions de l'article R. 772-6 ne sont pas applicables lorsque la requête () a été présentée sur un formulaire mis à la disposition des requérants par la juridiction administrative qui contient l'ensemble des informations mentionnées au premier alinéa de cet article. ".

3. Mme A expose de manière générale, dans sa requête qui n'est accompagnée d'aucune autre pièce que la décision attaquée indiquant qu'une remise de sa dette est refusée après que sa situation fût appréciée par la commission de recours amiable, qu'elle ne comprend pas comment on peut lui demander de l'argent sans justifier par un calcul qu'elle " les doit à la CAF ".

4. Par courrier du 11 juin 2024 dont elle a accusé réception le 18 juin suivant, Mme A a été invitée par le greffe du tribunal à régulariser sa requête dans un délai de quinze jours à l'aide du formulaire prévu par l'article R. 772-7 du code de justice administrative, qui précisait notamment la nécessité de transmettre toutes les pièces justificatives utiles, en particulier le recours administratif préalable obligatoire qu'elle a formulé à l'encontre de l'indu de prime d'activité. A la date de la présente ordonnance, la requérante n'a pas déféré à cette demande ni produit aucune écriture ou pièce.

5. Il ne ressort pas des pièces produites par Mme A que, par le recours administratif formé devant la caisse d'allocations familiales, elle a contesté le bien-fondé de l'indu de prime d'activité mis à sa charge. Par suite, il n'est pas établi que la décision qu'elle produit, qui indique explicitement qu'elle refuse l'octroi d'une remise gracieuse, avait également pour objet de rejeter une telle contestation distincte de l'appréciation de sa situation de précarité et de sa bonne foi, seule de nature à justifier l'octroi d'une réduction ou d'une remise dans le cadre du recours contentieux dont elle saisit la juridiction. L'unique moyen tiré d'un défaut de motivation en l'absence d'indication du motif et de la période sur laquelle porte la récupération en litige est, dès lors, inopérant.

6. Dans ces conditions, la requête doit être rejetée en application des dispositions précitées du 7° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A.

Fait à Lyon, le 9 décembre 2024.

Le magistrat désigné,

R. Reymond-Kellal

La République mande et ordonne à la préfète du Rhône en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,

Un greffier,