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AccueilJurisprudence administrativeN° TA69-2405699

Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2405699

lundi 18 novembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2405699
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationD
Avocat requérantMARILLER

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 10 juin 2024, le syndicat intercommunal d'énergie et de e-communication de L'AIN (ci-après SIEA), représenté par Me Ribet-Mariller, demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article R. 532-1 du code de justice administrative, de désigner un expert chargé de se prononcer sur les causes et les conséquences des désordres qui affectent la salle des serveurs du " Point of presence " à Bourg-en-Bresse.

Il soutient que :

- dans le cadre de la construction et de l'aménagement d'un " Point of presence " destiné à accueillir les équipements réseaux et informatiques nécessaires au bon fonctionnement du réseau Li@in, il a confié une mission d'étude géotechnique à la société L'AIN N ; la maîtrise d'œuvre a été confiée à un groupement constitué des sociétés Barillot, Stephane H, B3E Ingénierie et Chapuis structures

- le lot n°1 " Terrassement " a été confié à un groupement solidaire constitué des sociétés Socatra et Falaise TP ; le lot n°2 " Gros œuvre " a été attribué à la société Guerrier et fils ; le lot n°3 " Etanchéité " a été confié à la société D ; le lot n° 4 " Façades - ITE " a été attribué à la société K ; le lot n°12 " Plomberie - sanitaire- chauffage - rafraichissement " a été attribué à la société P G ; la mission de contrôle technique a été confiée à la société Alpes contrôles ;

- les travaux ont été achevés le 11 juin 2024 ; la réception des lots 2,3 et 4 a été prononcée sans réserve le 2 juillet 2014 ; pour les lots 1 et 12, les réserves ont été levées le 9 juillet 2014 ;

- au bout de quelques années, il a constaté des fissures au sein de la salle des serveurs, au mur et au plafond, ainsi qu'une infiltration d'eau par le plafond de cette salle ;

- compte tenu de la nature des désordres, il apparaît utile d'organiser une expertise judiciaire, afin de déterminer les causes et les conséquences de ces désordres et d'évaluer son préjudice.

Par un mémoire en défense, enregistré le 25 juin 2024, la société Bureau Alpes Contrôles, représentée par Me Barre (Selarl Barre-Le Gleut) formule les protestations et réserves d'usage sur la mesure d'expertise sollicitée.

Par un mémoire en défense, enregistré le 27 juin 2024, la société Chapuis structure et son assureur, la société C E, représentées par la Selarl PVBF - Piras associés, entendent faire toutes protestations et réserves sur la mesure d'expertise sollicitée.

Par un mémoire en défense, enregistré le 1er juillet 2024, la société S R E M, agissant en qualité d'assureur de la société D, représentée par Me Barthelemy (Selarl PBO Avocats) demande au juge des référés :

1°) de prendre acte de ses protestations et réserves quant à la mesure d'expertise sollicitée ;

2°) de réserver les dépens.

Par des mémoires en défense, enregistrés le 5 juillet 2024, la société O, agissant en qualité d'assureur de la société K, et la société K, représentées par la Selarl PVBF - Piras associés, entendent faire toutes protestations et réserves sur la mesure d'expertise sollicitée.

Par un mémoire en défense, enregistré le 5 juillet 2024, la société O, agissant en qualité d'assureur de la société L H, représentée par la Selarl PVBF - Piras associés, entend faire toutes protestations et réserves sur la mesure d'expertise sollicitée.

Par un mémoire en défense, enregistré le 10 juillet 2024, la société Bureau Alpes Contrôles, la société Architectures Barillot et la société B3E Ingénierie, représentées par Me Barre (Selarl Barre-Le Gleut) demandent au juge des référés :

1°) de prendre acte de ce que les sociétés Bureau Alpes Contrôles et Architectures Bariollot formule les protestations et réserves d'usage sur la mesure d'expertise sollicitée ;

2°) de mettre hors de cause la société B3E Ingénierie.

Elles font valoir que la société B3E Ingénierie n'est nullement intervenue dans l'opération de construction.

Par un mémoire en défense, enregistré le 12 juillet 2024, non communiqué, les sociétés Q E R M et Q E, agissant en qualité d'assureurs de la société Falaise TP, représentées par Me Reffay (SCP Reffay et associés), demandent au juge des référés de constater qu'elles ne s'opposent pas à la demande d'expertise judiciaire formulée par le SIEA, sans aucune reconnaissance de garantie ni de responsabilité.

Par un mémoire en défense, enregistré le 12 juillet 2024, non communiqué, les sociétés Q E R M et Q E, agissant en qualité d'assureurs de la société Etablissement G, représentées par Me Reffay (SCP Reffay et associés), demandent au juge des référés de constater qu'elles ne s'opposent pas à la demande d'expertise judiciaire formulée par le SIEA, sans aucune reconnaissance de garantie ni de responsabilité.

Par un mémoire en défense, enregistré le 12 juillet 2024, non communiqué, les sociétés Socatra, Q E R M et Q E, agissant en qualité d'assureurs de la société Etablissement G, représentées par Me Reffay (SCP Reffay et associés), demandent au juge des référés de constater qu'elles ne s'opposent pas à la demande d'expertise judiciaire formulée par le SIEA, sans aucune reconnaissance de garantie ni de responsabilité.

Par un mémoire en défense, enregistré le 26 juillet 2024, non communiqué, la société D, représentée par Me Combier, formule toutes protestations et réserves sur la mesure d'expertise sollicitée.

Par un mémoire enregistré le 9 septembre 2024, non communiqué, la société Carrier France SCS, représentée par Me Piot-Mouny (Selarl Piot-Mouny, Roy et Machado) demande au juge des référés de lui donner acte de ce qu'elle présente ses protestations et réserves d'usage.

La requête a été régulièrement communiquée aux autres parties qui n'ont pas présenté d'observations.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 532-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, sur simple requête et même en l'absence d'une décision administrative préalable, prescrire toute mesure utile d'expertise ou d'instruction. () ".

2. La demande d'expertise présentée par le SIEA, aux fins de déterminer les causes et les conséquences des désordres qui affectent la salle des serveurs du " Point of presence " à Bourg-en-Bresse, présente un caractère utile et entre dans le champ d'application des dispositions précitées. Dès lors, il y a lieu d'y faire droit dans les conditions précisées au dispositif de la présente ordonnance.

3. La société Bureau Alpes Contrôles, la société Architectures Barillot et la société B3E Ingénierie demandent au juge des référés de prononcer la mise hors de cause de la société B3E Ingénierie, au motif que cette société n'est pas intervenue à C de construire. Il résulte toutefois de l'instruction que la société B3E Ingénierie était membre du groupement chargé de la maîtrise d'œuvre pluridisciplinaire pour la construction et l'aménagement du Point of presence. En tout état de cause, il est constant que l'expertise sollicitée est une simple mesure d'instruction qui a notamment pour objet de déterminer les causes et les conséquences des désordres qui affectent la salle des serveurs du " Point of presence " à Bourg-en-Bresse. En l'état de l'instruction, la présence aux opérations d'expertise de la société B3E Ingénierie n'apparaît pas dépourvue d'utilité. En tout état de cause, il appartiendra à l'expert, s'il l'estime pertinent, dès les investigations réalisées lors de la première réunion d'expertise, de solliciter du juge des référés la mise hors de cause des parties dont la participation ne serait pas ou plus nécessaire. Dans ces conditions, il y a lieu de rendre les opérations d'expertise communes et opposables à la société B3E Ingénierie.

4. Il n'appartient pas au juge administratif de donner acte de déclarations, de réserves ou d'intentions. Les conclusions présentées en ce sens par les parties sont rejetées.

5. En application des dispositions de l'article R. 621-13 du code de justice administrative, les frais de l'expertise seront liquidés et taxés par ordonnance laquelle désignera la partie qui les supportera. Par suite, les conclusions des parties relatives aux dépens ne peuvent qu'être rejetées.

ORDONNE

Article 1er : M. F I, demeurant 434 Boulevard Gambetta à Villefranche-sur-Saône (69400), est désigné comme expert avec pour mission de :

1°- se rendre sur les lieux, entendre les parties, prendre connaissance de tous documents utiles ; donner tous éléments et établir tous plans, croquis ou schémas, produire des photos, utiles à la compréhension des faits de la cause ;

2°- rechercher et préciser les liens contractuels unissant les parties, décrire les missions confiées à chacune des parties à la présente instance, et si possible, annexer à son rapport les marchés, avenants, ordres de services et tous autres documents utiles ; informer les parties qu'il est de leur intérêt d'appeler immédiatement telles entreprises dont la responsabilité serait mise en évidence au cours des premières opérations d'expertise ;

3°- préciser la chronologie des opérations de construction, ainsi que celles des opérations de réception, la nature des réserves dont cette réception aurait été assortie et les suites données à celles-ci ;

4°- décrire les désordres affectant la salle des serveurs du " Point of presence " à Bourg-en-Bresse, en lien avec ceux indiqués ci-dessus, et en indiquer la nature et l'étendue ; pour chacun d'eux, déterminer la date de la première apparition, et préciser, si, à la date de la réception, il était apparent, ou tout au moins prévisible, en tout cas dans toutes ses conséquences ;

5°- fournir tous éléments permettant d'apprécier si chacun de ces désordres met l'ouvrage en péril ou le rendent impropre à sa destination, et donner son avis sur ce point ;

6°- donner son avis sur la ou les causes de chaque désordre (vice de conception, défaut de surveillance, faute d'exécution, manquement aux règles de l'art, qualité des matériaux utilisés, insuffisance d'entretien, ou tout autre cause) ; si les dommages sont dus à plusieurs causes, fournir tous éléments permettant d'apprécier dans quelle proportion ils sont imputables à chacune d'elles et donner son avis sur ce point ;

7°- décrire les travaux de nature à faire cesser les désordres et à remettre l'ouvrage en l'état prévu par le marché ; en évaluer le coût et en fixer la durée compte tenu des nécessités de leur conception, de la passation des marchés, et de l'exécution des travaux ;

8°- donner son avis sur l'existence d'améliorations et/ou de plus-values apportées à l'ouvrage par les préconisations des éventuelles solutions techniques ;

9°- donner son avis sur les préjudices de toute nature subis du fait desdits désordres et en évaluer le montant ;

10°- de manière générale, donner toutes précisions et informations utiles permettant au tribunal de se prononcer sur les responsabilités et l'importance du préjudice, ainsi que toute information utile à la solution du litige ;

11°- établir une synthèse non technique des réponses aux questions posées, et, s'il y a lieu, proposer une répartition motivée des responsabilités en pourcentage ;

12° - tenter de parvenir à un accord entre les parties, si possible.

L'expert disposera des pouvoirs d'investigation les plus étendus. Il pourra entendre tous sachants, se faire communiquer tous documents et renseignements, faire toutes constatations ou vérifications propres à faciliter l'accomplissement de sa mission et éclairer le tribunal administratif.

Article 2 : L'expert accomplira sa mission dans les conditions prévues aux articles R. 621-2 à R. 621-14 du code de justice administrative. Il ne pourra recourir à un sapiteur sans l'autorisation préalable de la présidente du tribunal administratif. L'expert recueillera et consignera les observations des parties sur les constatations auxquelles il procèdera et les conclusions qu'il envisagera d'en tirer.

Article 3 : Préalablement à toute opération, l'expert prêtera serment dans les formes prévues à l'article R. 621-3 du code de justice administrative.

Article 4 : L'expertise aura lieu en présence du SIEA et des sociétés Architectures Barillot, B3E ingénierie, Chapuis Structures, Bureau Alpes Contrôles, Socatra, Falaise TP, Entreprise Guerrier et fils, D, K, P G, O en qualité d'assureur de la société K et de M. L H, C E en qualité d'assureur de la société Chapuis Structures, Q E R M, Q E, en qualité d'assureurs des sociétés Falaise TP, Etablissement G, L'AIN N et Socatra, J en qualité d'assureur de la société Guerrier et Fils, S R E M en qualité d'assureur de la société D, B en qualité d'assureur de la société Architectures Barillot, et de M. L H.

Article 5 : L'expert déposera son rapport au greffe sous forme électronique par le biais de la plateforme d'échanges dans le délai de six mois à compter de la notification de la présente ordonnance, accompagné de l'état de ses vacations, frais et débours.

Article 6 : L'expert notifiera son rapport aux parties dans les conditions prévues à l'article R. 621-9 du code de justice administrative. Avec leur accord, cette notification pourra s'opérer dans les conditions prévues à l'article R. 621-7-3 du même code.

Article 7 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.

Article 8 : La présente ordonnance sera notifiée au SIEA, aux sociétés Architectures Barillot, B3E ingénierie, Chapuis Structures, Bureau Alpes Contrôles, Socatra, Falaise TP, Entreprise Guerrier et fils, D, K, P G, L'AIN N, O, C E, Q E R M, Q E, J, S R E M, B, à M. L H et à l'expert.

Fait à Lyon, le 18 novembre 2024.

La présidente du tribunal,

Juge des référés,

C. MARILLER

La République mande et ordonne à la préfète de L'AIN en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Un greffier,

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