Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2405946

vendredi 11 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2405946
TypeOrdonnance
RecoursPlein contentieux
PublicationD

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Lyon, statuant en référé, rejette la requête de M. C qui demandait l'exécution d'une précédente ordonnance enjoignant à la préfète du Rhône de lui proposer un logement adapté au handicap de son fils. Le tribunal constate que l'injonction n'a pas été exécutée mais estime qu'il n'y a pas lieu de prononcer une nouvelle injonction ou de majorer l'astreinte de 125 euros par jour, qui reste due. La solution retenue est fondée sur l'article L. 441-2-3-1 du code de la construction et de l'habitation, qui prévoit le versement spontané de l'astreinte au Fonds national d'accompagnement vers et dans le logement tant que l'injonction n'est pas exécutée.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 13 juin 2024, M. C demande au tribunal, sur le fondement de l'article L. 441-2-3-1 du code de la construction et de l'habitation, d'assurer l'exécution de l'injonction assortie d'une astreinte fixée à 125 euros par jour de retard à compter du 15 avril 2024 prononcée par l'ordonnance n° 2310537 du 23 février 2024.

Il soutient qu'il est toujours dans l'attente d'une proposition de logement adaptée à la situation de son fils porteur de handicap.

Par un mémoire en défense enregistré le 29 août 2024, la préfète du Rhône informe le tribunal que, malgré les diligences accomplies par ses services, aucune proposition de logement n'a pu être adressée à M. A.

La clôture de l'instruction a été fixée au 5 septembre 2024 par une ordonnance du 28 juin 2024.

Vu :

- les autres pièces du dossier.

- le code de la construction et de l'habitation ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes du I de l'article L. 441-2-3-1 du code de la construction et de l'habitation : " Le demandeur qui a été reconnu par la commission de médiation comme prioritaire et comme devant être logé d'urgence et qui n'a pas reçu, dans un délai fixé par décret, une offre de logement tenant compte de ses besoins et de ses capacités peut introduire un recours devant la juridiction administrative tendant à ce que soit ordonné son logement ou son relogement. / () / Le président du tribunal administratif ou le magistrat qu'il désigne, lorsqu'il constate que la demande a été reconnue comme prioritaire par la commission de médiation et doit être satisfaite d'urgence et que n'a pas été offert au demandeur un logement tenant compte de ses besoins et de ses capacités, ordonne le logement ou le relogement de celui-ci par l'Etat et peut assortir cette injonction d'une astreinte. (Le) jugement prononçant l'astreinte mentionne que les sommes doivent être versées jusqu'au jugement de liquidation définitive. / Le produit de l'astreinte est versé au fonds national d'accompagnement vers et dans le logement, institué en application de l'article L. 300-2. / (Tant) que l'astreinte n'est pas liquidée définitivement par le juge, le versement de l'astreinte au fonds est effectué deux fois par an, le premier versement devant intervenir à la fin du sixième mois qui suit le mois à compter duquel l'astreinte est due en application du jugement qui l'a prononcée. Toute astreinte versée en application du jugement la prononçant reste acquise au fonds. Lorsque l'astreinte a été liquidée définitivement, le versement du solde restant dû, le cas échéant, est effectué dans le mois qui suit la notification de la décision de liquidation définitive ".

2. M. C demande au tribunal d'assurer l'exécution de l'ordonnance n° 2310537 du 23 février 2024 par laquelle le tribunal a, sur le fondement des dispositions précitées du code de la construction et de l'habitation, enjoint à la préfète du Rhône d'assurer son relogement avant le 15 avril 2024.

3. Il appartient toujours à la préfète du Rhône d'assurer le logement du requérant, qui doit être adapté au handicap de son fils en fauteuil roulant, sans qu'il y ait lieu de prononcer une nouvelle injonction.

4. Il incombera à la préfète du Rhône, tant que la précédente injonction ne sera pas exécutée, de verser spontanément l'astreinte au Fonds national d'accompagnement vers et dans le logement dès qu'elle sera due pour une période de six mois. Lorsqu'elle estimera avoir exécuté l'injonction, il lui appartiendra de demander au juge de constater cette exécution et de procéder en conséquence à une liquidation définitive de l'astreinte. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de majorer l'astreinte qui demeure cependant effective et fixée à un montant de 125 euros par jour de retard par l'ordonnance n° 2310537 du 23 février 2024.

5. Il résulte de ce qui précède que la requête doit être rejetée.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C, à la préfète du Rhône et au ministre du logement et de la rénovation urbaine.

Fait à Lyon, le 11 octobre 2024

La première vice-présidente,

D. Jourdan

La République mande et ordonne au ministre du logement et de la rénovation urbaine en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,

Un greffier,