jeudi 31 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2405947 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Plein contentieux |
| Avocat requérant | BELIGON |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire complémentaire enregistrés le 13 juin 2024 et le 9 octobre 2024, M. F E, représenté par Me Beligon demande au tribunal :
1°) d'enjoindre la préfète du Rhône de lui attribuer un logement dans un délai de 15 jours à compter de la notification du jugement, conformément à la décision de la commission de médiation droit au logement opposable du Rhône du 19 septembre 2023 ;
2°) d'assortir cette injonction d'une astreinte de 50 euros par jour de retard à verser jusqu'au jugement de liquidation définitive au Fonds national de l'accompagnement vers et dans le logement prévu à l'article L. 300-2 du code de la construction et de l'habitation ;
3°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire de mettre à la charge de l'Etat le versement à son conseil de la somme de 1 200 euros au titre des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991, à charge pour ce dernier de renoncer au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Il soutient que :
- la requête est recevable ;
- par une décision du 19 septembre 2023, la commission de médiation droit au logement opposable du Rhône l'a reconnu comme prioritaire et devant se voir attribuer un logement en urgence ;
- la préfète du Rhône ne lui a fait aucune proposition de logement adaptée à ses besoins et à ses capacités à la date d'introduction de la requête ;
- il a refusé le logement proposé le 3 juillet 2024 en raison de motif impérieux justifiant son refus ;
- il vit actuellement dans T3 de 60m² avec son épouse et ses 4 enfants, sa situation est urgente.
Par un mémoire en défense et un mémoire complémentaire enregistré le 29 août 2024 et le 2 octobre 2024, la préfète du Rhône conclut à l'irrecevabilité de la requête et, à titre subsidiaire, à son rejet.
Elle soutient que :
- la requête n'est pas signée ;
- une proposition de logement a été adressée à M. C E le 3 juillet 2024, que le requérant a refusé en raison de l'insécurité de la localisation du logement, de l'éloignement du logement de son lieu de travail et de celui de son épouse, et l'absence de solution de garde pour leurs quatre enfants ;
- M. C E doit perdre le bénéfice de la décision favorable du 19 septembre 2023, le requérant ayant refusé la proposition du 3 juillet 2024 sans qu'il ait justifiée qu'elle n'était manifestement pas adaptée à ses besoins.
Par courrier du 9 octobre 2024, Me Beligon a informé le tribunal de son intervention en qualité de conseil de M. A C E.
Une demande d'aide juridictionnelle a été déposée le 9 octobre 2024.
Vu la décision favorable de la commission de médiation droit au logement opposable du Rhône du 19 septembre 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la construction et de l'habitation ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
La présidente du tribunal a désigné Mme Jourdan en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Après avoir, au cours de l'audience publique du 9 octobre 2024 :
- le rapport de Mme Jourdan, vice-présidente, magistrate désignée ;
- les observations de Me Beligon ;
- les observations de M. B pour la préfète du Rhône.
Considérant ce qui suit :
Sur la fin de non-recevoir opposée par la préfète du Rhône :
1. Aux termes de l'article R. 431-4 du code de justice administrative : " Dans les affaires où ne s'appliquent pas les dispositions de l'article R. 431-2, les requêtes et les mémoires doivent être signés par leur auteur et, dans le cas d'une personne morale, par une personne justifiant de sa qualité pour agir ". Si la préfète du Rhône soutient que la requête est irrecevable pour défaut de signature, toutefois, le défaut de signature de la requête a été régularisé à l'audience, dès lors, la fin de non-recevoir opposée par la préfète doit être écartée.
Sur l'injonction et l'astreinte :
2. Aux termes du I de l'article L. 441-2-3-1 du code de la construction et de l'habitation : " Le demandeur qui a été reconnu par la commission de médiation comme prioritaire et comme devant être logé d'urgence et qui n'a pas reçu, dans un délai fixé par décret, une offre de logement tenant compte de ses besoins et de ses capacités peut introduire un recours devant la juridiction administrative tendant à ce que soit ordonné son logement ou son relogement./ () / () / () / () Le président du tribunal administratif ou le magistrat qu'il désigne, lorsqu'il constate que la demande a été reconnue comme prioritaire par la commission de médiation et doit être satisfaite d'urgence et que n'a pas été offert au demandeur un logement tenant compte de ses besoins et de ses capacités, ordonne le logement ou le relogement de celui-ci par l'Etat et peut assortir son injonction d'une astreinte. Pour les seuls jugements prononcés après le 1er janvier 2016, le jugement prononçant l'astreinte mentionne que les sommes doivent être versées jusqu'au jugement de liquidation définitive. ".
3. En vertu des dispositions de l'article R. 441-16-1 du même code, applicables dans les départements, tels que le Rhône, comportant au moins une agglomération ou une partie d'une agglomération de plus de 300 000 habitants, le recours devant la juridiction administrative prévu au I de l'article L. 441-2-3-1 peut être introduit par le demandeur qui n'a pas reçu d'offre de logement tenant compte de ses besoins et capacités, passé un délai de six mois à compter de la décision de la commission de médiation le reconnaissant comme prioritaire et comme devant être logé d'urgence.
4. Il résulte des dispositions précitées que le juge, saisi sur le fondement de l'article L. 441-2-3-1 de ce code, s'il constate qu'un demandeur de logement a été reconnu par une commission de médiation comme prioritaire et devant être logé ou relogé d'urgence et que ne lui a pas été offert un logement tenant compte de ses besoins et de ses capacités définis par la commission, doit ordonner à l'administration de loger ou reloger l'intéressé, sauf si celle-ci apporte la preuve que l'urgence a complètement disparu. Il résulte également de ces dispositions que le demandeur reconnu comme prioritaire par une décision de la commission de médiation peut perdre le bénéfice de cette décision s'il refuse, sans motif impérieux, une offre de logement ou d'hébergement correspondant à ses besoins et à ses capacités.
5. Par une décision du 19 septembre 2023, la commission de médiation du droit au logement opposable du Rhône a reconnu M. C E prioritaire en vue d'une offre de logement de type T4-T5 au motif " attente d'un logement social depuis un délai supérieur au délai fixé par arrêté préfectoral ". Le requérant réside actuellement dans un appartement de type T3 de 60m² avec son épouse et leurs 4 enfants. Toutefois, la préfète du Rhône fait valoir sans être contredite, que M. C E a reçu une proposition concernant un logement de type T4 de 84 m² situé au 41 boulevard Lénine à Vénissieux, que le requérant a refusée en raison de l'insécurité aux abords de l'immeuble, et de la distance avec le lieu de travail de Mme C E, qui l'empêcherait de pouvoir emmener ses enfants à l'école.
6. Il ne résulte pas de l'instruction que ce logement, d'une superficie suffisante au regard de la composition du foyer du requérant, était inadapté à ses besoins et ses capacités. Par ailleurs, M. C E, qui se borne à faire état de " trafics " et de " violences " sur les lieux qui seraient " défavorables " pour l'éducation de ses enfants, sans produire de justificatifs, ne fournit que des éléments d'ordre général s'agissant de la sécurité du logement, qui ne suffisent pas pour considérer la proposition qui lui a été adressée comme manifestement inadaptée à sa situation en raison de sa localisation. Si M. C E soutient également que localisation de ce logement serait plus contraignante pour les enfants eu égard au lieu de travail de son épouse, il ne démontre pas qu'aucune solution de garde serait disponible pour ses enfants. Enfin, si M. C E soutient que le logement serait trop éloigné de son lieu de travail, il résulte de l'instruction que M. C E peut se rendre sur son lieu de travail en une demi-heure. Il ne peut se prévaloir de la situation professionnelle de son épouse dès lors que le contrat de travail produit est récent, et conclu pour une courte durée, et qu'il n'est pas soutenu qu'il pourrait être reconduit. Ainsi, en refusant la proposition de logement, M. C E, qui n'établit pas que le logement qui lui a été proposé n'était pas adapté à ses besoins et capacités et ne fait pas état d'un motif impérieux de nature à justifier son refus, a délié l'administration de son obligation de relogement, dès lors qu'il a été informé, par la décision du 19 septembre 2023 qui l'a reconnu prioritaire et devant être logé d'urgence, qu'un refus était susceptible de lui en faire perdre le bénéfice.
7. S'il résulte de l'instruction que M. C E a également reçu une proposition de logement qui lui conviendrait le 5 juillet 2024, la préfète soutient sans être contredite que celle-ci lui a été adressée par erreur, ce dont le requérant a été informé.
8. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions de M. C E tendant à ce qu'il soit enjoint à la préfète du Rhône de lui attribuer un logement et tendant à ce que cette injonction soit assortie d'une astreinte de 50 euros par jour de retard à verser jusqu'au jugement de liquidation définitive au Fonds national de l'accompagnement vers et dans le logement prévu, doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
9. Le bureau d'aide juridictionnelle n'ayant pas statué sur la demande d'aide juridictionnelle dont il est fait état, il y a lieu de faire application de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 visée ci-dessus et d'admettre le requérant au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font en revanche obstacle à ce qu'il soit fait droit aux conclusions de la requête présentées sur leur fondement et dirigées contre l'Etat, qui n'est pas partie perdante.
D E C I D E :
Article 1er : M. C E est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.
Article 2 : La requête de M. A C E est rejetée.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A C E, à la préfète du Rhône et à la ministre du logement et de la rénovation urbaine.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 31 octobre 2024.
La magistrate désignée,
D. JourdanLe greffier,
Y. Mesnard
La République mande et ordonne à la ministre du logement et de la rénovation urbaine en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026