vendredi 21 mars 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2406405 |
| Type | Décision |
| Formation | 8ème chambre |
| Avocat requérant | VIALLARD-VALEZY |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 28 juin 2024, Mme A C, représentée par Me Viallard-Valezy, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 27 février 2024 par laquelle le préfet de la Loire a refusé de lui délivrer un certificat de résidence algérien d'une durée de dix ans ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Loire de lui délivrer le certificat de résidence algérien d'une durée de dix ans, sollicité.
Elle soutient que la décision attaquée est entachée d'une erreur de droit en méconnaissance de stipulations de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié et d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors que les textes applicables ne prévoient pas d'apprécier les moyens d'existence du demandeur par référence à un montant minimum de revenus et qu'elle justifie d'un contrat de travail à durée indéterminée depuis le 24 juillet 2018 et de revenus suffisants.
Par un mémoire en défense, enregistré le 12 novembre 2024, le préfet de la Loire, conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que la requête n'appelle aucune observation de sa part et qu'il s'en remet à l'appréciation du tribunal.
Mme C a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du bureau d'aide juridictionnelle du 16 mai 2024.
Vu la décision attaquée et les autres pièces du dossier.
Vu :
- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
La présidente de la formation de jugement a dispensé, sur sa proposition, la rapporteure publique de prononcer des conclusions à l'audience.
Le rapport de Mme B, magistrate rapporteure, a été entendu au cours de l'audience.
Les parties n'étaient ni présentes, ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. Mme C, ressortissante algérienne née le 25 juillet 1994 et titulaire d'un certificat de résidence algérien d'un an valable jusqu'au 14 novembre 2024, a sollicité le 23 février 2024 dans le cadre d'un recours gracieux, la délivrance d'un certificat de résidence algérien valable dix ans sur le fondement de l'article 7 bis de l'accord franco-algérien. Par une décision du 27 février 2024, dont Mme C demande l'annulation, le préfet de la Loire a rejeté sa demande au motif que ses ressources étaient insuffisantes.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article 7 bis de l'accord franco-algérien susvisé : " Les ressortissants algériens visés à l'article 7 peuvent obtenir un certificat de résidence de dix ans s'ils justifient d'une résidence ininterrompue en France de trois années. Il est statué sur leur demande en tenant compte des moyens d'existence dont ils peuvent faire état, parmi lesquels les conditions de leur activité professionnelle et, le cas échéant, des justifications qu'ils peuvent invoquer à l'appui de leur demande ".
3. Il résulte de ces stipulations qu'il appartient au requérant qui sollicite la délivrance d'un certificat de résidence de dix ans, après avoir démontré entrer dans l'un des cas visés à l'article 7 de l'accord franco-algérien, d'établir, d'une part, la permanence et l'effectivité de sa résidence en France depuis trois ans, et, d'autre part, de justifier de ses moyens d'existence et notamment des conditions d'exercice de son activité professionnelle.
4. En l'espèce, il n'est pas contesté que Mme C résidait de façon permanente en France depuis plus de trois ans à la date de la décision attaquée. Toutefois, si elle fait valoir qu'elle travaille en tant qu'assistante de vie pour la société AIDE et A en contrat à durée indéterminée depuis le 24 juillet 2018, il ressort des avis d'impositions produits par la requérante sur les trois années précédant la décision en litige, soit s'agissant des revenus des années 2021, 2022 et 2023, que les revenus déclarés par l'intéressée s'élevaient respectivement à 11 916 euros, 10 578 euros et 10 562 euros, soit un montant mensuel nettement inférieur au salaire minimum de croissance pour l'ensemble de la période. Si Mme C soutient que le critère des ressources ne doit pas s'entendre uniquement de celles propres au demandeur de la carte de résident et ne doit pas s'apprécier par référence à un montant minimum de revenus, d'une part, elle ne produit aucun élément de nature à établir qu'elle disposerait de ressources supérieures à celles résultant de ses bulletins de salaire et avis d'imposition, et d'autre part, la référence au salaire minimum de croissance permet d'objectiver les moyens d'existence et d'apprécier le caractère stable et durable des ressources, y compris des ressortissants algériens. Dans ces conditions, la requérante, qui ne justifie pas disposer de moyens d'existence suffisants au sens des stipulations précitées de l'article 7 bis de l'accord franco-algérien, n'est, par suite, pas fondée à soutenir que le préfet de la Loire aurait commis une erreur de droit ni une erreur d'appréciation au regard de ces stipulations en lui refusant la délivrance d'un certificat de résidence algérien d'une durée de dix ans.
5. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de Mme C doit être rejetée dans toutes ses conclusions.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A C et au préfet de la Loire.
Délibéré après l'audience du 28 février 2025, à laquelle siégeaient :
Mme Pascale Dèche, présidente,
Mme Ludivine Journoud, conseillère,
Mme Charlotte Pouyet, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 mars 2025.
La rapporteure,
L. B
La présidente,
P. Dèche
La greffière,
N. Boumedienne
La République mande et ordonne au préfet de la Loire en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Une greffière.
N°2406405
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2300356
**Sujet principal** : Demande d'indemnisation d'un agent public pour absence de réintégration après une période de disponibilité. **Juridiction** : Tribunal Administratif de Marseille (8ème chambre). **Solution retenue** : Le tribunal rejette la fin de non-recevoir opposée par la commune, estimant que le requérant a bien produit l'ensemble des pièces requises selon l'article R. 414-5 du code de justice administrative. **Textes appliqués** : Article R. 414-5 du code de justice administrative (règles de procédure concernant la production des pièces).
08/04/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2302852
Le Tribunal Administratif de Marseille rejette la requête de M. A... B... visant à annuler la décision de l'ONACVG limitant à 3 000 euros l'aide financière qui lui a été attribuée au titre du dispositif pour les enfants d'anciens harkis. Le tribunal estime que la décision d'attribution, qui n'est pas une décision défavorable, n'était pas soumise à une obligation de motivation spécifique et que l'administration n'a pas commis d'erreur manifeste d'appréciation en déterminant le montant, en application du décret n° 2018-1320 du 28 décembre 2018.
08/04/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2400683
Le Tribunal Administratif de Marseille a été saisi d'un recours pour excès de pouvoir contre le refus d'autorisation d'exercice de la médecine générale notifié à une docteure titulaire d'un diplôme non communautaire. La juridiction a annulé la décision du Centre National de Gestion (CNG) du 6 juillet 2023, considérant que le refus était entaché d'un défaut de motivation suffisante. Elle a enjoint au CNG de réexaminer la demande de la requérante dans un délai de deux mois, en application des articles L. 4111-2 du code de la santé publique et L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration.
08/04/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2507446
Le Tribunal Administratif de Marseille a annulé la décision du préfet des Bouches-du-Rhône refusant le renouvellement d'une habilitation aéroportuaire à un employé de DHL. Le juge a retenu un vice de procédure, estimant que ce refus, constitutif d'une décision individuelle défavorable, devait être motivé en application des articles L. 211-2 et suivants du code des relations entre le public et l'administration, ce qui n'était pas le cas. La décision a été annulée sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens soulevés par le requérant.
08/04/2026