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AccueilJurisprudence administrativeN° TA69-2406448

Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2406448

mercredi 7 janvier 2026

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2406448
TypeOrdonnance
RecoursPlein contentieux

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Lyon a rejeté l'opposition formée par M. B... contre une contrainte émise par la Mutualité Sociale Agricole Ain-Rhône pour le recouvrement d'un indu d'aide personnelle au logement de 852 euros. La requête a été jugée tardive, car adressée après l'expiration du délai de quinze jours suivant la signification de la contrainte, conformément à l'article R. 133-3 du code de la sécurité sociale. Le tribunal a appliqué les articles L. 161-1-5 du code de la sécurité sociale et L. 823-9 du code de la construction et de l'habitation, et a fondé son rejet sur le 4° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 28 juin 2024, M. A... B... (C...) forme opposition à la contrainte émise le 31 mai 2024 à son encontre par le directeur de la mutualité sociale agricole Ain-Rhône, en vue du recouvrement de la somme de 852 euros, correspondant à un indu de d’aide personnelle au logement, constituée sur la période du 1er mars 2021 au 30 juin 2021, et demande au tribunal de lui accorder une exonération totale de sa dette.

Il soutient que la période de l’indu ne devrait pas inclure le mois de mars dès lors qu’il a quitté son logement le 1er avril 2021.

Par un mémoire enregistré le 28 juillet 2024, la mutualité sociale agricole Ain-Rhône informe le tribunal de la tardiveté de la requête.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code de la construction et de l’habitation ;
- le code de la sécurité sociale ;
- le code de justice administrative.


Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : « (…) les premiers vice-présidents des tribunaux (...) peuvent, par ordonnance : / (…) 4º Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu’elles n’ont pas été régularisées à l’expiration du délai imparti par une demande en ce sens ; ».

2. Aux termes de l’article L. 161-1-5 du code de la sécurité sociale : « Pour le recouvrement d'une prestation indûment versée (…), le directeur d'un organisme de sécurité sociale peut, dans les délais et selon les conditions fixés par voie réglementaire, délivrer une contrainte qui, à défaut d'opposition du débiteur devant la juridiction compétente, comporte tous les effets d'un jugement et confère notamment le bénéfice de l'hypothèque judiciaire ». Aux termes de l’article R. 133-3 du même code : « Si la mise en demeure ou l'avertissement reste sans effet au terme du délai d'un mois à compter de sa notification, le directeur de l'organisme créancier peut décerner la contrainte mentionnée (…) à l'article L. 161-1-5 (…) Le débiteur peut former opposition par inscription au secrétariat du tribunal compétent dans le ressort duquel il est domicilié ou par lettre recommandée avec demande d'avis de réception adressée au secrétariat dudit tribunal dans les quinze jours à compter de la signification. L'opposition doit être motivée ; une copie de la contrainte contestée doit lui être jointe. ». Aux termes de l’article L. 821-1 du code de la construction et de l’habitation : « Les aides personnelles au logement ainsi que les primes accordées aux bénéficiaires de ces aides afin qu'ils déménagent pour s'assurer des conditions de logement plus adaptées sont régies par le présent livre. / Les aides personnelles au logement comprennent : / 1° L'aide personnalisée au logement ; / 2° Les allocations de logement : / a) L'allocation de logement familiale ; / b) L'allocation de logement sociale. ». Enfin aux termes de l’article L. 823-9 du code de la construction et de l’habitation : « Les articles L. 161-1-5 et L. 553-2 du code de la sécurité sociale sont applicables au recouvrement des montants d'aide personnelle au logement indûment versés. ».

3. Sauf texte contraire, les délais de recours devant les juridictions administratives sont, en principe, des délais francs, leur premier jour étant le lendemain du jour de leur déclenchement et leur dernier jour étant le lendemain du jour de leur échéance, et les recours doivent être enregistrés au greffe de la juridiction avant l’expiration du délai. Toutefois, il résulte des dispositions précitées de l’article R. 133-3 du code de la sécurité sociale, applicables également au contentieux général de la sécurité sociale, qui relève des juridictions judiciaires, que, ainsi que cela est le cas devant ces juridictions en vertu des articles 642 et 668 du code de procédure civile, l’opposition à contrainte doit seulement être « adressée » à la juridiction compétente, c’est-à-dire expédiée en cas d’envoi postal, avant le terme du délai de quinze jours à compter de la signification de la contrainte, qui n’est pas un délai franc mais est seulement susceptible de prorogation jusqu’au premier jour ouvrable suivant s’il expire normalement un samedi, un dimanche ou un jour férié ou chômé.

4. Il résulte de l’instruction que M. B... a accusé réception le 8 juin 2024 de la contrainte litigieuse, qui comportait la mention complète des voies et délais de recours. Dans ces conditions, la requête faisant opposition à contrainte, enregistrée au greffe du tribunal le 28 juin 2024, a été adressée le 26 juin 2024 après l’expiration du délai de quinze jours mentionné audit article R. 133-3. Par suite, la requête de M. B... est tardive et entachée d’une irrégularité manifeste insusceptible d’être couverte en cours d’instance. Cette requête doit, dès lors, être rejetée en application des dispositions précitées du 4° de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.



O R D O N N E :



Article 1er : La requête de M. B... est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à la M. A... B... et à la mutualité sociale agricole Ain-Rhône.


Fait à Lyon, le 7 janvier 2026.


Le premier vice-président,





Juan Segado

La République mande et ordonne à la préfète du Rhône en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.

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