jeudi 25 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2406612 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | D |
| Avocat requérant | METZGER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 5 et 23 juillet 2024, la société Montagnier TP, représentée par Me Metzger, demande au juge des référés, statuant en application de l'article L. 551-1 du code de justice administrative :
1°) d'annuler, au stade de l'analyse des candidatures, la procédure engagée par la communauté de communes du Pilat Rhodanien pour l'attribution des lots n° 1 et n° 2 du marché portant sur des travaux de sécurisation des captages de Jassoux sur la commune de Saint-Michel-Sur-Rhône ;
2°) d'enjoindre à la communauté de communes du Pilat Rhodanien de reprendre la procédure au stade de l'analyse des candidatures en prenant en considération les capacités des sous-traitants qu'elle a déclarés ;
3°) de mettre à la charge de la communauté de communes du Pilat Rhodanien la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- elle justifie d'un intérêt à agir ;
- la communauté de communes du Pilat Rhodanien a manqué à ses obligations de publicité et de concurrence dès lors qu'elle a jugé sa candidature irrecevable au terme d'une analyse manifestement erronée et d'une dénaturation de sa candidature ;
- l'exigence de la qualification FNTP 5143 ou d'une référence équivalente n'est ni justifiée ni proportionnée à l'objet du marché ;
- la communauté de communes du Pilat Rhodanien n'a pas examiné ses candidatures au regard des capacités et qualifications de ses sous-traitants déclarés, la société Colas pour le lot n° 1 et les sociétés Colas et Alpes Geos Etanchéité pour le lot n° 2, en méconnaissance de l'article R. 2142-3 du code de la commande publique ;
- le reproche relatif à l'imprécision de l'affectation des moyens techniques et humains des sous-traitants déclarés est infondé et matériellement inexact.
Par un mémoire en défense, enregistré le 18 juillet 2024, la communauté de communes du Pilat Rhodanien, représentée par Me Salen, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de la société Montagnier TP la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la qualification FNTP 5143 requise pour les lots n° 1 et n° 2 du marché est justifiée et adaptée dès lors que les travaux à effectuer sont situés directement au-dessus de la nappe phréatique ;
- la société Montagnier TP, qui ne dispose pas de la qualification FNTP 5143 requise pour exécuter les missions principales des lots n° 1 et n° 2, n'a apporté aucune précision sur les prestations réalisées par ses sous-traitants ni fourni les informations relatives aux moyens techniques et humains, et la certification Asqual Service détenue par la société Alpes Geos Etanchéité n'est pas équivalente à la qualification FNTP 5143 ;
- les références exigées par le règlement de la consultation n'ont pas davantage été fournies.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la commande publique ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Clément, président de la quatrième chambre, pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus, au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Clément ;
- les observations de Me Metzger pour la société requérante qui a repris les moyens et conclusions de la requête ; les qualifications des sous-traitants n'ont pas été prises en compte dans l'analyse de la capacité technique ; les travaux en présence de nappe nécessitent des moyens de rabattement de nappe et la mise en place de techniques particulières ; la qualification technique demandée ne permettrait pas en leur absence de travailler en présence de la nappe ; le règlement de consultation permettait de ne s'appuyer que sur l'engagement de l'entreprise Colas ;
- et les observations de Me Salen pour la communauté de communes qui a repris les moyens et conclusions de son mémoire ; la ressource en eau de la communauté de communes est fragilisée ; les montants de sous-traitance mentionnés dans le dossier de candidature représentent une prestation minoritaire ; le montant total des prestations demandées est évalué à 1 096 904 euros TTC pour le lot n° 1 et à 434 748 euros TTC pour le lot n° 2.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Par un avis d'appel à la concurrence publié le 25 avril 2024, la communauté de communes du Pilat Rhodanien a lancé une procédure d'appel d'offres ouvert en vue de l'attribution des lots n° 1 et n° 2 d'un marché ayant pour objet des travaux de sécurisation des captages de Jassoux sur la commune de Saint-Michel-Sur-Rhône. La société Montagnier TP a présenté des offres pour les lots n° 1 et n° 2 qui ont été écartées au stade de l'examen des candidatures, au motif qu'elle ne justifiait pas de ses capacités professionnelles et techniques à exécuter les prestations du marché. Elle demande l'annulation, au stade de l'examen des candidatures, de la procédure d'attribution de ces deux lots.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 551-1 du code de justice administrative :
2. Aux termes de l'article L. 551-1 du code de justice administrative : " Le président du tribunal administratif, ou le magistrat qu'il délègue, peut être saisi en cas de manquement aux obligations de publicité et de mise en concurrence auxquelles est soumise la passation par les pouvoirs adjudicateurs de contrats administratifs ayant pour objet l'exécution de travaux, la livraison de fournitures ou la prestation de services, avec une contrepartie économique constituée par un prix ou un droit d'exploitation, la délégation d'un service public ou la sélection d'un actionnaire opérateur économique d'une société d'économie mixte à opération unique. / () / Le juge est saisi avant la conclusion du contrat. ". En vertu de ces dispositions, les personnes habilitées à agir pour mettre fin aux manquements de l'entité adjudicatrice à ses obligations de publicité et de mise en concurrence sont celles susceptibles d'être lésées par de tels manquements. Il appartient dès lors au juge des référés précontractuels de rechercher si l'entreprise qui le saisit se prévaut de manquements qui, eu égard à leur portée et au stade de la procédure auquel ils se rapportent, sont susceptibles de l'avoir lésé ou risquent de le léser, fût-ce de façon indirecte en avantageant une entreprise concurrente.
3. Aux termes de l'article R. 2142-3 du code de la commande publique : " Un opérateur économique peut avoir recours aux capacités d'autres opérateurs économiques, quelle que soit la nature juridique des liens qui l'unissent à ces opérateurs. () ".
4. Le point 6.1 du règlement de la consultation prévoit que le candidat qui s'appuie sur d'autres opérateurs économiques pour présenter sa candidature doit justifier des capacités professionnelles, techniques et financières desdits en produisant les mêmes documents concernant cet opérateur économique que ceux qui lui sont exigés.
5. En premier lieu, alors que la société Montagnier TP ne conteste pas que le cahier des clauses techniques particulières de chaque lot mentionne la présence d'une nappe phréatique à proximité des travaux envisagés, il résulte de l'instruction que l'emprise des travaux est située directement au-dessus d'une nappe phréatique proche de la surface. Dans ces conditions, la société Montagnier TP n'est pas fondée à soutenir que la qualification FNTP 5143 ne serait ni justifiée ni proportionnée à l'objet du marché.
6. En deuxième lieu, s'agissant du lot n° 1 " Réseaux d'eaux pluviales sous RD, bordures et caniveaux de voirie ", la société Montagnier TP soutient qu'il ne peut valablement lui être reproché l'absence de qualification FNTP 5143 ou de référence équivalente dès lors que la société Colas, sous-traitant déclaré, dispose de la qualification FNTP 5141. Toutefois, d'une part, il n'est pas contesté que la société Montagnier TP ne dispose ni de la qualification FNTP 5143 ni de référence équivalente requise par le règlement de la consultation. D'autre part, si la société Colas dispose de la qualification FNTP 4151, qui est supérieure et donc valable, il résulte de l'instruction que le formulaire DC4 de déclaration de sous-traitance qui se borne à mentionner comme nature de prestations sous-traitées " Travaux VRD - Réfection de chaussées - Bordures " était lacunaire et ne permettait pas de déterminer les prestations effectivement réalisées par la société Colas. Or, compte tenu de la proportion du coût de la prestation sous-traitée, évaluée à 378 674,26 euros, au regard du montant total des prestations, évalué à 1 096 904,23 euros alors que l'essentiel des travaux requiert la qualification en litige, la communauté de communes a pu, sans commettre d'erreur manifeste d'appréciation et sans dénaturer la candidature de la société Montagnier TP, estimer que la société Colas n'avait pas vocation à effectuer la prestation principale du lot n° 1, à savoir la réalisation de tranchées et de canalisations en profondeur, et écarter pour irrecevabilité la candidature de la société Montagnier TP.
7. En dernier lieu, s'agissant du lot n° 2 " Bassin de rétention et ouvrages annexes ", il résulte de l'instruction que le formulaire DC4 de déclaration de sous-traitance concernant la société Colas est également lacunaire dès lors que la société Montagnier TP s'est bornée à mentionner comme nature de prestations sous-traitées " Constructions de réseaux gravitaires en site urbanisé / Profondeur de tranchée (= 3,50 m en présence de nappe - FNTP 5143 ", soit l'identité professionnelle 5143. Ainsi, de la même manière que pour le lot n° 1, la société Montagnier TP n'a pas, concernant le lot n° 2, apporté les précisions nécessaires permettant de connaitre les prestations réalisées par la société Colas, seule société possédant la qualification requise par le règlement de la consultation pour effectuer des travaux en profondeur. Or, le coût estimé de la prestation de ce sous-traitant, évalué à 4 000 euros, qui est limité au regard du montant total des prestations, évalué à 430 748,16 euros, ne permet pas davantage ici de considérer que la société Colas avait vocation à effectuer l'ensemble des prestations en lien avec les ouvrages. Dès lors, en écartant la candidature de la société Montagnier TP au stade de l'examen des candidatures, la communauté de communes du Pilat Rhodanien n'a ni commis d'erreur manifeste d'appréciation ni dénaturé la candidature de la société requérante.
8. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que les conclusions aux fins d'annulation et d'injonction de la requête de la société Montagnier TP doivent être rejetées.
Sur les conclusions tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
9. D'une part, les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, font obstacle à ce que soit mise à la charge de la communauté de communes du Pilat Rhodanien qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme demandée à ce titre par la société Montagnier TP. D'autre part, il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux conclusions présentées par la communauté de communes du Pilat Rhodanien au titre de ces dispositions.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de la société Montagnier TP est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par la communauté de communes du Pilat Rhodanien au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à la société Montagnier TP, au groupement Sade CGTH / NGE Routes, au groupement Sade CGTH /Guintoli et à la communauté de communes du Pilat.
Fait à Lyon, le 25 juillet 2024
Le juge des référés,
M. Clément
La greffière,
G. Reynaud
La République mande et ordonne au préfet de la Loire en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026