vendredi 28 février 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2407648 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | JU Chambre Sociale |
| Avocat requérant | SELARL ABEILLE & ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés le 11 juillet 2024, le 5 août 2024 et le 5 décembre 2024, M. D, représenté par la SELARL Abeille et Associes (Me Pontier), demande au tribunal dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'enjoindre à la préfète du Rhône de lui attribuer un logement adapté à ses besoins et ses capacités, dans un délai d'un mois à compter de la notification dudit jugement, conformément à la décision de la commission de médiation droit au logement opposable du Rhône du 19 septembre 2023 ;
2°) d'assortir cette injonction d'une astreinte de 500 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- sa requête est recevable ;
- Par une décision du 19 septembre 2023, la commission de médiation droit au logement opposable du Rhône l'a reconnu comme prioritaire et devant se voir attribuer un logement en urgence pour le motif " attente d'un logement social depuis un délai supérieur au délai fixé par arrêté préfectoral " ;
- sa situation est inchangée, il réside toujours dans un T3 avec sa femme et leurs quatre enfants ;
- une première proposition de logement lui a été adressée le 30 avril 2024 pour un appartement de type T4 situé à Vénissieux, qui ne lui a pas été attribué, sa candidature ayant été classée en deuxième position par la commission d'attribution des logements ;
- une seconde proposition de logement lui a été adressée le 8 novembre 2024 pour un appartement de type T4 situé à Feyzin, qu'il a refusé en raison de l'éloignement de son lieu de travail, de l'école de ses enfants et E, de l'insécurité aux abords du logement ainsi que de son environnement bruyant, incompatible avec ses besoins médicaux.
Par des mémoires en défense et des pièces complémentaires, enregistrés le 18 novembre 2024, le 21 novembre 2024, le 10 et le 18 décembre 2024 ainsi que le 28 janvier 2025, la préfète du Rhône conclut, dans le dernier état de ses écritures, au rejet de la requête.
Elle fait valoir que :
- une proposition de logement a été adressée au requérant le 8 novembre 2024 pour un appartement de type T4 de 87 m² à Feyzin, que le requérant a refusé en raison de l'éloignement de la commune E où ses enfants sont scolarisés, où il travaille, et où réside sa mère pour qui il remplit la fonction d'aidant, ainsi qu'en raison de l'environnement de ce logement ;
- une proposition a été adressée au requérant le 14 janvier 2025 pour un T5 de 100 m² à Vénissieux, qu'il a également refusé en raison de la distance de l'école de ses enfants ;
- M. D doit donc perdre le bénéfice de la décision favorable de la commission de médiation du 19 septembre 2023, le requérant ayant refusé ces deux propositions de logement sans qu'il ait justifié qu'elles n'étaient manifestement pas adaptées à ses besoins.
L'affaire a été inscrite et appelée à l'audience du 29 janvier 2025.
Un avis de renvoi d'audience a toutefois été adressé aux parties les informant de l'inscription de cette affaire à une audience ultérieure.
Les parties ont été informées, par un avis d'audience envoyé le 5 février 2025, de ce que l'affaire est inscrite au rôle de l'audience publique du 19 février 2025.
Un mémoire a été présenté pour M. D le 17 février 2025, maintenant ses conclusions et soutenant que les motifs de refus de la proposition de logement ne sont pas des motifs de pure opportunité.
Vu la décision favorable de la commission de médiation droit au logement opposable du Rhône du 19 septembre 2023.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de la construction et de l'habitation ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme Jourdan en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Jourdan, vice-présidente, magistrate désignée ;
- les observations de Mme B, représentante de la préfète du Rhône.
M. D n'étant ni présent ni représenté.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. D demande au tribunal d'enjoindre à la préfète du Rhône d'assurer son relogement conformément à la décision de la commission de médiation du droit au logement opposable du Rhône du 19 septembre 2023.
Sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte :
2. Aux termes du I de l'article L. 441-2-3-1 du code de la construction et de l'habitation : " Le demandeur qui a été reconnu par la commission de médiation comme prioritaire et comme devant être logé d'urgence et qui n'a pas reçu, dans un délai fixé par décret, une offre de logement tenant compte de ses besoins et de ses capacités peut introduire un recours devant la juridiction administrative tendant à ce que soit ordonné son logement ou son relogement./ () / () / () / () Le président du tribunal administratif ou le magistrat qu'il désigne, lorsqu'il constate que la demande a été reconnue comme prioritaire par la commission de médiation et doit être satisfaite d'urgence et que n'a pas été offert au demandeur un logement tenant compte de ses besoins et de ses capacités, ordonne le logement ou le relogement de celui-ci par l'Etat et peut assortir son injonction d'une astreinte. Pour les seuls jugements prononcés après le 1er janvier 2016, le jugement prononçant l'astreinte mentionne que les sommes doivent être versées jusqu'au jugement de liquidation définitive. ". Aux termes du IV bis de l'article L. 441-2-3 du même code : " Les propositions faites () aux demandeurs reconnus prioritaires par les commissions de médiation ne doivent pas être manifestement inadaptées à leur situation particulière ".
3. En vertu des dispositions de l'article R. 441-16-1 du même code, applicables dans les départements, tels que le Rhône, comportant au moins une agglomération ou une partie d'une agglomération de plus de 300 000 habitants, le recours devant la juridiction administrative prévu au I de l'article L. 441-2-3-1 peut être introduit par le demandeur qui n'a pas reçu d'offre de logement tenant compte de ses besoins et capacités, passé un délai de six mois à compter de la décision de la commission de médiation le reconnaissant comme prioritaire et comme devant être logé d'urgence.
4. Il résulte des dispositions précitées que le juge, saisi sur le fondement de l'article L. 441-2-3-1 de ce code, s'il constate qu'un demandeur de logement a été reconnu par une commission de médiation comme prioritaire et devant être logé ou relogé d'urgence et que ne lui a pas été offert un logement tenant compte de ses besoins et de ses capacités définis par la commission, doit ordonner à l'administration de loger ou reloger l'intéressé, sauf si celle-ci apporte la preuve que l'urgence a complètement disparu. Il résulte également de ces dispositions que le demandeur reconnu comme prioritaire par une décision de la commission de médiation peut perdre le bénéfice de cette décision s'il refuse, sans motif impérieux, une offre de logement ou d'hébergement correspondant à ses besoins et à ses capacités.
5. Par une décision du 19 septembre 2023, la commission de médiation du droit au logement opposable du Rhône a reconnu M. D prioritaire en vue d'une offre de logement de type T4-T5 en urgence au motif qu'il attend " un logement social depuis un délai supérieur au délai fixé par arrêté préfectoral ".
6. En l'espèce, M. D résidant actuellement dans un T3 avec son épouse et leurs quatre enfants, soutient que si une proposition de logement lui a été adressée le 8 novembre 2024, celle-ci n'était pas adaptée à ses besoins et capacités en raison de l'éloignement de la commune E, dans laquelle se trouvent son lieu de travail, l'école de ses enfants, le domicile de la mère du requérant qui nécessite des soins médicaux, et où il exerce des responsabilités associatives, ainsi qu'en raison de l'insécurité et l'absence de calme aux abords du logement, alors que M. D souffre du syndrome de Gilles de Tourette et qu'il élève quatre enfants.
7. Il résulte de l'instruction que le logement proposé le 8 novembre 2024 se trouve à 13 minutes en voiture ou à 35 minutes en transports en commun du centre E. La circonstance que le temps de trajet serait plus long que celui le séparant aujourd'hui de son lieux de travail, de l'école de ses enfants, ou encore du domicile de sa mère, n'est pas de nature à établir que la proposition faite au requérant, au regard notamment des préconisations de la commission de médiation ainsi que de la localisation, de la typologie ou du montant du loyer du logement concerné, était manifestement inadaptée à leur situation particulière au sens des dispositions organisant le droit au logement opposable. De plus, si M. D soutient que l'insécurité aux abords du logement est incompatible avec l'éducation de ses quatre enfants, de même que l'absence de calme est inadapté à son état de santé, en se bornant à produire des coupures de presse datées de 2021 et de 2024 mentionnant des faits ponctuels, le requérant ne démontre pas d'une insécurité qui, du fait d'une vulnérabilité particulière ou d'autres éléments liés à sa situation personnelle, créerait des risques graves pour lui-même et sa famille et justifiant un motif impérieux. Ainsi, en refusant la proposition de logement faite par la préfète, et pour légitime que soient ses attentes, M. C, qui n'établit pas que le logement qui lui a été proposé n'était pas adapté à ses besoins et capacités et ne fait pas état d'un motif impérieux de nature à justifier son refus, a délié l'administration de son obligation de relogement, dès lors qu'il a été informé, dans la proposition de logement du 8 novembre 2024, qu'un refus était susceptible de lui en faire perdre le bénéfice.
8. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de M. D tendant à ce qu'il soit enjoint à la préfète du Rhône de lui attribuer un logement doivent être rejetées.
Sur les conclusions présentées sur le fondement des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 11 juillet 1991
9. Les dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 11 juillet 1991 font obstacle à ce qu'il soit mis à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. D est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A D, à la préfète du Rhône et à la ministre chargée du logement.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 février 2025.
La magistrate désignée,
D. JourdanLe greffier,
Y. Mesnard
La République mande et ordonne à la ministre chargée du logement en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026