Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2407686

vendredi 6 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2407686
TypeOrdonnance
RecoursPlein contentieux
PublicationD
Avocat requérantPRIOLET

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Lyon a rejeté comme manifestement irrecevable la requête de M. B contestant un indu de revenu de solidarité active et d'aide au logement de 4 525,97 euros notifié le 22 janvier 2021 par la CAF de l'Ain. Le juge a estimé que le délai raisonnable d'un an pour exercer un recours, applicable même en l'absence d'information sur les voies et délais, était expiré, M. B ayant eu connaissance de la décision plus de deux ans avant d'introduire l'instance. Les démarches entreprises après le décès de son avocat en 2022 n'ont pas permis de régulariser la situation dans un délai acceptable. La décision est fondée sur le 4° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 11 mars 2024, M. A B demande au tribunal d'annuler la décision du 22 janvier 2021 par laquelle la caisse d'allocations familiales de l'Ain lui a notifié un indu de revenu de solidarité active et d'aide au logement d'un montant total de 4 525,97 euros, ensemble la décision rejetant implicitement ou explicitement son recours administratif préalable obligatoire.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'action sociale et des familles ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les magistrats () ayant atteint au moins le grade de premier conseiller désignés à cet effet par le président de leur juridiction peuvent, par ordonnance : / () 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens ; (). ".

2. Le principe de sécurité juridique, qui implique que ne puissent être remises en cause sans condition de délai des situations consolidées par l'effet du temps, fait obstacle à ce que puisse être contestée indéfiniment une décision administrative individuelle qui a été notifiée à son destinataire, ou dont il est établi, à défaut d'une telle notification, que celui-ci a eu connaissance. En une telle hypothèse, si le non-respect de l'obligation d'informer l'intéressé sur les voies et les délais de recours, ou l'absence de preuve qu'une telle information a bien été fournie, ne permet pas que lui soient opposés les délais de recours fixés par le code de justice administrative, le destinataire de la décision ne peut exercer de recours juridictionnel au-delà d'un délai raisonnable. En règle générale et sauf circonstances particulières dont se prévaudrait le requérant, ce délai ne saurait, sous réserve de l'exercice de recours administratifs pour lesquels les textes prévoient des délais particuliers, excéder un an à compter de la date à laquelle une décision expresse lui a été notifiée ou de la date à laquelle il est établi qu'il en a eu connaissance.

3. Par la requête susvisée, M. B demande l'annulation de la décision, prise le 22 janvier 2021, par laquelle la caisse d'allocations familiales de l'Ain a explicitement confirmé l'indu de revenu de solidarité active et d'aide au logement d'un montant total de 4 525,97 euros pour la période allant d'aout 2018 à octobre 2020. Il résulte toutefois des pièces qu'il produit qu'il avait connaissance de cette décision plus de deux ans avant l'introduction de l'instance. Si l'intéressé justifie avoir bénéficié d'un avocat désigné au titre de l'aide juridictionnelle le 26 août 2022 pour l'assister dans une procédure de contestation de cette décision, lequel est décédé quelques jours plus tard sans avoir pu produire d'écritures, il n'établit pas, par la seules productions d'accusés de réception postaux dont les dates correspondent à des écritures produites dans d'autres instances relatives à des contentieux de cartes de mobilité inclusion, qu'il avait saisi la juridiction administrative dès le 4 mars 2022 d'un recours contestant le bien-fondé de l'indu en litige. Informé le 10 janvier 2023 par l'administrateur provisoire du décès de l'avocat désigné, il ne justifie d'aucune démarche entreprise auprès du Tribunal, du bureau de l'aide juridictionnelle ou du conseil de l'ordre des avocats en vue d'obtenir le remplacement de son conseil pour introduire une instance contentieuse dans un délai raisonnable qui ne peut aujourd'hui qu'être regardé comme étant manifestement expiré malgré les circonstances exceptionnelles qui auraient pu justifier d'admettre le recours durant toute l'année 2023.

4. Dans ces conditions, la requête, qui est manifestement irrecevables, doit être rejetée en application des dispositions précitées du 4° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M.A B.

Fait à Lyon, le 6 septembre 2024.

Le magistrat désigné,

R. Reymond-Kellal

La République mande et ordonne à la préfète de l'Ain en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,

Un greffier,