vendredi 21 mars 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2407827 |
| Type | Décision |
| Formation | 8ème chambre |
| Avocat requérant | FRERY |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 1er août 2024, Mme C, représentée par Me Frery, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 30 avril 2024 par lequel la préfète de l'Ain a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel elle pourrait être reconduite ;
2°) d'enjoindre à la préfète de l'Ain, dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement, de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " et de la munir, dans l'attente, d'une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler.
Mme B soutient que :
S'agissant de la décision portant refus de délivrance d'un titre de séjour :
- cette décision est entachée d'un défaut d'examen sérieux de sa situation particulière ;
- elle est entachée d'une erreur de droit et d'une erreur d'appréciation dans l'application des dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnaît son droit au respect de sa vie privée et familiale, garanti par les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
S'agissant des décisions portant obligation de quitter le territoire français et fixant un délai de départ volontaire :
- cette décision est illégale en conséquence de l'illégalité de la décision portant refus de délivrance d'un titre de séjour ;
S'agissant de la décision fixant le pays de renvoi :
- cette décision est illégale en conséquence de l'illégalité de la décision portant refus de délivrance d'un titre de séjour ;
- cette décision méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Par un mémoire en défense enregistré le 28 janvier 2025, la préfète de l'Ain conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Mme B a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 26 juillet 2024.
Vu les décisions attaquées les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Pouyet a été entendu au cours de l'audience publique.
Les parties n'étaient ni présentes, ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B, née le 2 juillet 2005, de nationalité kosovare, est entrée en France le 25 octobre 2019 selon ses déclarations, en possession d'un visa court séjour valable jusqu'au 23 octobre 2019. Le 27 février 2024, elle a sollicité la délivrance d'un titre de séjour sur le fondement de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par un arrêté du 30 avril 2024, la préfète de l'Ain a rejeté cette demande, a prononcé à son encontre une obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel elle pourrait être reconduite. Mme B demande l'annulation de cet arrêté.
Sur la décision portant refus de délivrance d'un titre de séjour :
2. En premier lieu, il ne ressort ni des termes de l'arrêté, en particulier de ceux qui mentionnent la situation personnelle et familiale de l'intéressée sur le territoire français, ni d'aucune autre pièce du dossier que la préfète de l'Ain n'aurait pas procédé à un examen sérieux et approfondi de cette situation.
3. En second lieu, aux termes de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui n'entre pas dans les catégories prévues aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21 et L. 423-22 ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, et qui dispose de liens personnels et familiaux en France tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention "vie privée et familiale" d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / Les liens mentionnés au premier alinéa sont appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'étranger, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec sa famille restée dans son pays d'origine. / L'insertion de l'étranger dans la société française est évaluée en tenant compte notamment de sa connaissance des valeurs de la République ". Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale (). / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".
4. D'une part, contrairement à ce que soutient la requérante, il ressort des pièces du dossier que, pour rejeter la demande de délivrance d'un titre de séjour présentée sur le fondement des dispositions précitées de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, la préfète de l'Ain ne s'est pas fondée sur le défaut de possession par Mme B d'un visa d'une durée de validité supérieure à trois mois, mais sur des motifs tirés de la vie privée et familiale de l'intéressée. Par suite, le moyen tiré de l'erreur de droit doit être écarté.
5. D'autre part, Mme B fait valoir qu'elle est entrée en France en 2019, a été scolarisée au collège puis dans une formation de service de restauration et cuisine avant d'être suivie, entre 2022 et 2024, par la mission de lutte contre le décrochage scolaire avec laquelle elle a effectué plusieurs stages, de son niveau A2 en langue française et de ses possibilités de suivre une formation en alternance dans le secteur de l'hôtellerie-restauration. Toutefois, de telles circonstances ne permettent pas d'établir une insertion significative de la requérante sur le territoire français, alors par ailleurs qu'elle est prise en charge par ses parents, lesquels sont dépourvus de titre de séjour et, ayant fait l'objet d'une mesure d'éloignement le 20 décembre 2021, n'ont ainsi pas vocation à se maintenir sur le territoire français. En outre, il n'est pas démontré, ni même allégué, que Mme B ne disposerait plus d'attaches dans son pays d'origine dans lequel elle a vécu jusqu'à ses 14 ans et où rien ne s'oppose à ce que sa cellule familiale se reconstitue. Dès lors, en lui refusant la délivrance d'un titre de séjour sur le fondement des dispositions précitées, la préfète de l'Ain n'a pas méconnu les dispositions précitées de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Pour les mêmes motifs, le moyen tiré de l'atteinte excessive que le refus de titre de séjour porterait à la vie privée et familiale de l'intéressée, en violation des stipulations précitées de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, doit être écarté.
Sur les décisions portant obligation de quitter le territoire et fixant un délai de départ volontaire :
6. Il résulte de ce qui a été dit aux points 2 à 5 que Mme B n'est pas fondée à exciper de l'illégalité de la décision portant refus de délivrance d'un titre de séjour pour demander l'annulation des décisions portant obligation de quitter le territoire français et fixant un délai de départ volontaire.
Sur la décision fixant le pays de renvoi :
7. En premier lieu, il résulte de ce qui a été dit aux points 2 à 5 que Mme B n'est pas fondée à exciper de l'illégalité de la décision portant refus de délivrance d'un titre de séjour pour demander l'annulation de la décision fixant le pays de renvoi.
8. En second lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".
9. Pour les mêmes motifs que ceux énoncés au point 5, la préfète de l'Ain n'a pas, dans les circonstances particulières de l'espèce, porté une atteinte disproportionnée au droit de Mme B au respect de sa vie privée et familiale.
10. Il résulte de tout ce qui précède que Mme B n'est pas fondée à demander l'annulation de l'arrêté du 30 avril 2024 par lequel la préfète de l'Ain a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel elle pourrait être reconduite. Par suite ses conclusions à fin d'annulation ainsi que, par voie de conséquence, celles à fin d'injonction sont rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et à la préfète de l'Ain.
Délibéré après l'audience du 28 février 2025 laquelle siégeaient :
Mme Dèche, présidente,
Mme Journoud, conseillère,
Mme Pouyet, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe, le 21 mars 2025.
La rapporteure,
C. PouyetLa présidente
P. Dèche
La greffière,
N. Boumedienne
La République mande et ordonne à la préfète de l'Ain en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Une greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2300356
**Sujet principal** : Demande d'indemnisation d'un agent public pour absence de réintégration après une période de disponibilité. **Juridiction** : Tribunal Administratif de Marseille (8ème chambre). **Solution retenue** : Le tribunal rejette la fin de non-recevoir opposée par la commune, estimant que le requérant a bien produit l'ensemble des pièces requises selon l'article R. 414-5 du code de justice administrative. **Textes appliqués** : Article R. 414-5 du code de justice administrative (règles de procédure concernant la production des pièces).
08/04/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2302852
Le Tribunal Administratif de Marseille rejette la requête de M. A... B... visant à annuler la décision de l'ONACVG limitant à 3 000 euros l'aide financière qui lui a été attribuée au titre du dispositif pour les enfants d'anciens harkis. Le tribunal estime que la décision d'attribution, qui n'est pas une décision défavorable, n'était pas soumise à une obligation de motivation spécifique et que l'administration n'a pas commis d'erreur manifeste d'appréciation en déterminant le montant, en application du décret n° 2018-1320 du 28 décembre 2018.
08/04/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2400683
Le Tribunal Administratif de Marseille a été saisi d'un recours pour excès de pouvoir contre le refus d'autorisation d'exercice de la médecine générale notifié à une docteure titulaire d'un diplôme non communautaire. La juridiction a annulé la décision du Centre National de Gestion (CNG) du 6 juillet 2023, considérant que le refus était entaché d'un défaut de motivation suffisante. Elle a enjoint au CNG de réexaminer la demande de la requérante dans un délai de deux mois, en application des articles L. 4111-2 du code de la santé publique et L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration.
08/04/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2507446
Le Tribunal Administratif de Marseille a annulé la décision du préfet des Bouches-du-Rhône refusant le renouvellement d'une habilitation aéroportuaire à un employé de DHL. Le juge a retenu un vice de procédure, estimant que ce refus, constitutif d'une décision individuelle défavorable, devait être motivé en application des articles L. 211-2 et suivants du code des relations entre le public et l'administration, ce qui n'était pas le cas. La décision a été annulée sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens soulevés par le requérant.
08/04/2026