mardi 24 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2408132 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | D |
| Avocat requérant | LANTHEAUME |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 12 août 2024, M. B A, représenté par Me Lantheaume, demande au juge des référés :
1°) d'enjoindre à la préfète du Rhône de le convoquer en préfecture dans un délai de sept jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir pour lui remettre une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler d'une durée minimale de six mois dans l'attente du réexamen de sa situation administrative, sous astreinte de 500 euros par jour de retard ;
2°) d'enjoindre à la préfète du Rhône de lui restituer son permis de conduire dans le même délai et dans les mêmes conditions d'astreinte ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat le paiement d'une somme de 1 200 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- il existe une situation d'urgence, dès lors que la préfète du Rhône n'a pas exécuté le jugement du 14 mai 2024 par lequel le tribunal administratif de Lyon a annulé la décision du 25 avril 2023 refusant l'abrogation de l'arrêté d'expulsion pris à son encontre le 30 juillet 1979 ; ce jugement impliquait le réexamen de sa situation administrative et la restitution de son permis de conduire ; il séjourne en situation irrégulière sur le territoire français, sans autorisation de travail et sans son permis de conduire alors qu'il a besoin de ce document pour travailler ;
- il a tenté sans succès d'obtenir une convocation en préfecture et la restitution de son permis de conduire ;
- les mesures demandées sont utiles et ne font pas obstacle à l'exécution d'une décision administrative.
Par un mémoire en défense, enregistré le 19 septembre 2024, la préfète du Rhône conclut au rejet de la requête.
Elle soutient qu'il n'y a pas d'urgence à prononcer la mesure demandée.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme Rizzato, première conseillère, pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique tenue en présence de Mme Senoussi, greffière d'audience, Mme Rizzato a lu son rapport et entendu les observations de Me Lantheaume, représentant M. A, qui a repris ses conclusions et moyens et indique que, la situation de M. A relevant de l'admission exceptionnelle au séjour, il ne sera pas convoqué avant deux ans et demi compte-tenu des pratiques de la préfecture.
La préfète du Rhône n'étant ni présente, ni représentée.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Par jugement n° 2304185, 2401884 et 2403329 du 14 mai 2024, le tribunal administratif de Lyon a annulé la décision du 25 avril 2023 par laquelle la préfète du Rhône a refusé d'abroger l'arrêté d'expulsion du 30 juillet 1979 prononcé à l'encontre de M. A ainsi que les décisions des 23 février et 3 avril 2024 par lesquelles la préfète du Rhône l'a assigné à résidence dans le département du Rhône. Par courrier électronique du 15 mai 2024 et des relances des 28 mai, 11 juin, 19 juin et 15 juillet 2024, M. A a demandé à la préfète du Rhône d'exécuter ce jugement, de le convoquer à la préfecture pour procéder au réexamen de sa situation et de lui restituer son permis de conduire. Par un arrêté du 19 août 2024, postérieur à l'introduction de la requête, la préfète du Rhône a abrogé l'arrêté d'expulsion de 1979.
2. Saisi sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'une demande qui n'est pas manifestement insusceptible de se rattacher à un litige relevant de la compétence du juge administratif, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l'urgence justifie, notamment sous forme d'injonctions adressées à l'administration, à la condition que ces mesures soient utiles et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse. En raison du caractère subsidiaire du référé régi par l'article L. 521-3, le juge saisi sur ce fondement ne peut prescrire les mesures qui lui sont demandées lorsque leurs effets pourraient être obtenus par les procédures de référé régies par les articles L. 521-1 et L. 521-2. Enfin, il ne saurait faire obstacle à l'exécution d'une décision administrative, même celle refusant la mesure demandée, à moins qu'il ne s'agisse de prévenir un péril grave.
Sur les conclusions tendant à ce qu'il soit enjoint à la préfète du Rhône de convoquer M. A en préfecture :
3. Eu égard aux conséquences qu'a sur la situation d'un étranger, notamment sur son droit à se maintenir en France et, dans certains cas, à y travailler, la détention du récépissé qui lui est en principe remis après l'enregistrement de sa demande et au droit qu'il a de voir sa situation examinée au regard des dispositions relatives au séjour des étrangers en France, il incombe à l'autorité administrative, après lui avoir fixé un rendez-vous, de le recevoir en préfecture et, si son dossier est complet, de procéder à l'enregistrement de sa demande, dans un délai raisonnable.
4. Il résulte de l'instruction, et notamment des écritures en défense, que la préfecture du Rhône a mis en place une procédure qui permet aux ressortissants étrangers souhaitant demander leur admission exceptionnelle au séjour de déposer un dossier en créant un compte " démarches simplifiées " sur le site de la préfecture ou via une " formulaire d'accompagnement aux démarches " qui doit être déposé à la préfecture du Rhône, qui leur propose ensuite un rendez-vous pour déposer l'ensemble de leur dossier en préfecture. M. A confirme à l'audience ne pas avoir déposé de demande de rendez-vous selon ses formalités et ne se prévaut d'aucune difficulté particulière pour les accomplir. Dans ces circonstances, les conclusions de sa requête tendant à obtenir la fixation d'un rendez-vous sont, à ce jour, dépourvues d'utilité.
Sur les conclusions tendant à ce qu'il soit enjoint à la préfète du Rhône de lui restituer son permis de conduire :
5. M. A a sollicité la restitution de son permis de conduire à plusieurs reprises depuis le 15 mai 2024. Dans ces conditions, une décision implicite de rejet de sa demande est nécessairement née du silence gardé par la préfète du Rhône à l'expiration d'un délai de deux mois. Par suite, les conclusions de la requête de M. A tendant à ce que le juge des référés enjoigne à la préfète du Rhône de lui restituer son permis de conduire font obstacle à l'exécution de la décision implicite de rejet. Dès lors, la condition posée à l'article L. 521-3 du code de justice administrative, tenant à ce que la mesure demandée ne fasse pas obstacle à l'exécution d'une décision administrative, n'est pas remplie. Il appartient au requérant, s'il s'y croit fondé, de contester cette décision implicite.
6. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de M. A, y compris celles relatives aux frais liés au litige, doivent être rejetées.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Les conclusions de la requête sont rejetées pour le surplus.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A et à la préfète du Rhône.
Fait à Lyon le 24 septembre 2024.
La juge des référés,La greffière
C. Rizzato A. Senoussi
La République mande et ordonne à la préfète du Rhône en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026