Le Tribunal administratif de Lyon constate qu'il n'y a plus lieu de statuer sur la requête de l'association One Voice, qui demandait l'annulation et l'abrogation d'une instruction préfectorale. Cette constatation est motivée par le fait que le Conseil d'État a déjà annulé la disposition contestée (le point 8 de l'instruction du 23 février 2024) par une décision du 18 avril 2025, rendant l'objet du litige sans objet. Le tribunal rejette également la demande de condamnation de l'État aux frais de procédure au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 20 août 2024, l'association One Voice, représentée par la SELARL Thouy Avocats, demande au tribunal :
1°) d’annuler pour excès de pouvoir la décision implicite de rejet née du silence gardé par la préfète de la région Auvergne-Rhône-Alpes sur sa demande d’abrogation du point 8 de l’instruction du 23 février 2024 par lequel la préfète a établi le caractère non protégeable des troupeaux bovins, équins et asins aux attaques de loups ;
2°) d’enjoindre à la préfète de la région Auvergne-Rhône-Alpes d’abroger le point 8 de l’instruction précitée du 23 février 2024 dans un délai de sept jours à compter de la notification du jugement à intervenir sous astreinte de 5 000 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l’État les entiers dépens ainsi qu’une somme de 3 000 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Par un mémoire, enregistré le 26 janvier 2026, l'association One Voice, représentée par la SELARL Thouy Avocats, demande au tribunal de constater qu’il n’y a plus lieu de statuer sur ses conclusions à fin d’annulation et d’injonction sous astreinte et maintient ses conclusions tendant à ce que soit mise à la charge de l’État les entiers dépens ainsi que la somme de 3 000 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que ses conclusions à fin d’annulation sont devenues sans objet, dès lors que, par une décision du 18 avril 2025, le Conseil d’État statuant au contentieux a annulé le point 8 de l’instruction attaquée.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
Aux termes de l’article R. 222-1 du code de justice administrative : « (...) les présidents de formation de jugement des tribunaux (…) peuvent, par ordonnance : / (…) / 3° Constater qu'il n'y a pas lieu de statuer sur une requête ; / (…) / 5° Statuer sur les requêtes qui ne présentent plus à juger de questions autres que la condamnation prévue à l'article L. 761-1 ou la charge des dépens ; / (...) ».
Il ressort des pièces du dossier que, par une décision du 18 avril 2025 postérieure à l’introduction de la requête, le Conseil d’État statuant au contentieux a annulé le point 8 de l’instruction du 23 février 2024 par lequel la préfète a établi le caractère non protégeable des troupeaux bovins, équins et asins aux attaques de loups. Par suite, sont devenues sans objet les conclusions de l'association One Voice tendant à l’annulation de la décision implicite par laquelle la préfète de la région Auvergne-Rhône-Alpes a rejeté sa demande d’abrogation du point 8 de l’instruction du 23 février 2024 et à ce qu’il soit enjoint sous astreinte à la préfète de la région Auvergne-Rhône-Alpes de l’abroger. Il n’y a pas lieu d’y statuer.
Dans les circonstances de l’espèce, il n’y a pas lieu de faire droit aux conclusions de la requête à fin de mise à la charge de l’État des frais exposés et non compris dans les dépens.
ORDONNE :
Article 1er : Il n’y a pas lieu de statuer sur les conclusions à fin d’annulation et d’injonction sous astreinte de la requête de l'association One Voice.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de l'association One Voice est rejeté.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à l'association One Voice, à la ministre de la transition écologique, de la biodiversité et des négociations internationales sur le climat et la nature et à la ministre de l’agriculture, de l’agro-alimentaire et de la souveraineté alimentaire.
Copie en sera adressée à la préfète de la région Auvergne-Rhône-Alpes.
Fait à Lyon, le 19 mars 2026.
Le président de la 1ère chambre,
Hervé Drouet
La République mande et ordonne à la ministre de la transition écologique, de la biodiversité et des négociations internationales sur le climat et à la ministre de l’agriculture, de l’agro-alimentaire et de la souveraineté alimentaire en ce qui les concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Une greffière,