mercredi 20 novembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2408652 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | JU Chambre Sociale |
| Avocat requérant | NICOLAS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des pièces complémentaires enregistrées le 27 août 2024 et le 23 octobre 2024, M. B C, représenté par Me Etienne Nicolas, demande au tribunal d'enjoindre la préfète du Rhône de lui attribuer une place dans une structure d'hébergement ou une résidence hôtelière à vocation sociale, conformément à la décision de la commission de médiation droit au logement opposable du Rhône du 14 mai 2024.
Il soutient que :
- il est bénéficiaire d'une décision de la commission de médiation droit au logement opposable du Rhône du 14 mai 2024 le reconnaissant comme prioritaire et devant être hébergé d'urgence dans une structure d'hébergement ou une résidence hôtelière à vocation sociale : centre d'hébergement d'urgence ;
- la préfète du Rhône ne lui a fait aucune proposition d'hébergement à la date d'introduction de la requête ;
- sa situation est urgente, la personne chez qui il réside actuellement ne pouvant plus l'héberger ;
- il est bien inscrit auprès du Service intégration d'accueil et d'orientation, mais que ses noms et prénoms ont été inversés.
Par un mémoire en défense, enregistré le 30 septembre 2024, la préfète du Rhône conclut au sursis à statut en attente du renouvellement par le requérant de son dossier.
Elle soutient que l'absence de proposition d'hébergement résulte non pas de l'inaction ou de l'obstruction de la préfète du Rhône mais du comportement de M. C, qui ne s'est pas enregistré auprès de la Maison de la Veille Sociale.
Vu la décision favorable de la commission de médiation droit au logement opposable du Rhône du 14 mai 2024.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de la construction et de l'habitation ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
La présidente du tribunal a désigné Mme Jourdan en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Après avoir, au cours de l'audience publique du 24 octobre 2024 :
- le rapport de Mme Jourdan, vice-présidente, magistrate désignée ;
- les observations de Me Nicolas, conseil de M. C ;
- les observations de M. A pour la préfète du Rhône.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes du II de l'article L. 441-2-3-1 du code de la construction et de l'habitation : " Le demandeur qui a été reconnu par la commission de médiation comme prioritaire et comme devant être accueilli dans une structure d'hébergement, un établissement ou logement de transition, un logement-foyer ou une résidence hôtelière à vocation sociale et qui n'a pas été accueilli, dans un délai fixé par décret, dans l'une de ces structures peut introduire un recours devant la juridiction administrative tendant à ce que soit ordonné son accueil dans une structure d'hébergement, un établissement ou logement de transition, un logement-foyer ou une résidence hôtelière à vocation sociale. /() / () Le président du tribunal administratif ou le magistrat qu'il désigne, lorsqu'il constate que la demande a été reconnue prioritaire par la commission de médiation et que n'a pas été proposée au demandeur une place dans une structure d'hébergement, un établissement ou logement de transition, un logement-foyer ou une résidence hôtelière à vocation sociale, ordonne l'accueil dans l'une de ces structures et peut assortir son injonction d'une astreinte. Pour les seuls jugements prononcés après le 1er janvier 2016, le jugement prononçant l'astreinte mentionne que les sommes doivent être versées jusqu'au jugement de liquidation définitive. "
2. Il résulte des dispositions précitées que le juge, saisi sur le fondement de l'article L. 441-2-3-1 de ce code, s'il constate qu'un demandeur de logement a été reconnu par une commission de médiation comme prioritaire et comme devant être accueilli dans une structure d'hébergement, un établissement ou logement de transition, un logement-foyer ou une résidence hôtelière à vocation sociale et qui n'a pas été accueilli, doit ordonner à l'administration de trouver une place à l'intéressé dans la structure définie par la commission, sauf si celle-ci apporte la preuve que l'urgence a complètement disparu. Il résulte également de ces dispositions que le demandeur reconnu comme prioritaire par une décision de la commission de médiation peut perdre le bénéfice de cette décision s'il refuse, sans motif impérieux, une offre de logement ou d'hébergement correspondant à ses besoins et à ses capacités.
Sur l'injonction et l'astreinte :
3. Aux termes de l'article R. 441-18 du code de la construction et de l'habitation : " () Le préfet propose, dans un délai de six semaines au plus à compter de la décision de la commission, une place dans une structure d'hébergement, un logement de transition, un logement dans un logement-foyer ou une résidence hôtelière à vocation sociale aux personnes désignées par la commission de médiation (). Toutefois, si la commission préconise un accueil dans un logement de transition ou dans un logement-foyer, le délai est porté à trois mois ".
4. Par une décision du 14 mai 2024, la commission de médiation du droit au logement opposable du Rhône a reconnu M. C prioritaire et devant être accueilli dans un centre d'hébergement d'urgence. Il est constant que M. C n'a pas été destinataire d'une proposition de place dans une structure d'hébergement en dépit de l'expiration du délai de six semaines prévu à l'article R. 441-18 du code de la construction et de l'habitation. Si la préfète fait valoir que le retard pour loger l'intéressé n'est pas dû à l'inaction de ses services, mais de l'absence d'enregistrement du requérant auprès de la Maison de la Veille Sociale, elle ne conteste pas toutefois, que l'urgence à trouver un hébergement pour M. C perdure. Par suite, la préfète du Rhône, qui ne peut être regardée comme déliée de son obligation, n'est pas fondée à conclure au sursis à statuer dans l'attente de l'enregistrement du requérant auprès de ses services. Dans ces conditions, il y a lieu d'enjoindre à la préfète du Rhône d'attribuer à M. C, avant le 1er décembre 2024, une place en centre d'hébergement d'urgence, conformément à la décision de la commission de médiation du Rhône du 14 mai 2024.
5. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce et en application des dispositions de l'article L. 441-2-3-1 du code de la construction et de l'habitation, d'assortir d'office cette injonction d'une astreinte à compter du 1er décembre 2024, dont le montant doit être fixé à la somme de 40 euros par jour de retard. Il incombera à la préfète du Rhône, tant que l'injonction ne sera pas exécutée, de verser spontanément l'astreinte au Fonds national d'accompagnement vers et dans le logement dès qu'elle sera due pour une période de six mois. Lorsqu'elle estimera avoir exécuté l'injonction, il lui appartiendra de demander au juge de constater cette exécution et de procéder en conséquence à une liquidation définitive de l'astreinte
D E C I D E :
Article 1er : Il est enjoint à la préfète du Rhône de proposer à M. C une place dans structure d'hébergement ou une résidence hôtelière à vocation sociale, avant le 1er décembre 2024.
Article 2 : Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce et en application des dispositions de l'article L. 441-2-3-1 du code de la construction et de l'habitation, d'assortir d'office cette injonction d'une astreinte à compter du 1er décembre 2024, dont le montant doit être fixé à la somme de 40 euros par jour de retard. Il incombera à la préfète du Rhône, tant que l'injonction ne sera pas exécutée, de verser spontanément l'astreinte au Fonds national d'accompagnement vers et dans le logement dès qu'elle sera due pour une période de six mois. Lorsqu'elle estimera avoir exécuté l'injonction, il lui appartiendra de demander au juge de constater cette exécution et de procéder en conséquence à une liquidation définitive de l'astreinte.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B C, à la préfète du Rhône et à la ministre du logement et de la rénovation urbaine.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 novembre 2024.
La magistrate désignée,
D. JourdanLe greffier,
Y. Mesnard
La République mande et ordonne à la ministre du logement et de la rénovation urbaine en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026