lundi 7 avril 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2408824 |
| Type | Décision |
| Formation | 8ème chambre |
| Avocat requérant | HASSID |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 5 septembre 2024, M. A B, représenté par Me Hassid, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision implicite née le 5 juillet 2024, par laquelle la préfète de l'Ain a rejeté sa demande de titre de séjour ;
2°) d'enjoindre à la préfète de l'Ain, à titre principal de lui délivrer une carte de séjour dans le mois suivant la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ; en cas d'annulation du refus de séjour pour illégalité externe, d'enjoindre à la préfète de lui délivrer dans les huit jours suivant la notification du jugement à intervenir, une autorisation provisoire de séjour comportant un droit au travail jusqu'à réinstruction de sa demande, sous astreinte de 100 euros par jour de retard et de fixer le délai de réinstruction du dossier à deux mois, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros, en application des dispositions de l'article L 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision en litige n'est pas motivée ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et celles de l'article 7 quater de l'accord franco-tunisien ; enfin, elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et est entachée d'erreur manifeste d'appréciation au regard du pouvoir de régularisation préfectoral ;
Par un mémoire en défense, enregistré le 4 février 2025, la préfète de l'Ain conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que :
- la requête est tardive en ce qui concerne la décision expresse du 9 juillet 2024 ;
- elle est dirigée contre une décision implicite inexistante.
Par un mémoire enregistré le 3 mars 2025, M. B demande au tribunal :
1°) d'annuler les décisions du 9 juillet 2024, par lesquelles la préfète de l'Ain a rejeté sa demande de titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de renvoi et lui a fait interdiction de retour sur le territoire français, pour une durée de dix-huit mois ;
2°) d'enjoindre à la préfète de l'Ain, à titre principal de lui délivrer une carte de séjour dans les quinze jours suivant la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ; en cas d'annulation du refus de séjour ou de l'obligation de quitter le territoire français pour illégalité externe, d'enjoindre à la préfète de lui délivrer dans les huit jours suivant la notification du jugement à intervenir, une autorisation provisoire de séjour comportant un droit au travail jusqu'à réinstruction de sa demande, sous astreinte de 100 euros par jour de retard et de fixer le délai de réinstruction du dossier à deux mois, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ; à titre infiniment subsidiaire, en cas d'annulation de la décision fixant le pays de renvoi, d'enjoindre à la préfète d'avoir à lui délivrer une assignation à résidence ;
3°) d'enjoindre à la préfète de l'Ain de donner pour instruction à l'autorité compétente d'effacer du fichier système d'information Schengen la mention de la décision portant obligation de quitter le territoire français et interdiction de retour en France ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros, en application des dispositions de l'article L 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la notification administrative des décisions en litige était irrégulière et le délai de recours n'a pas couru ;
- le refus de titre de séjour est insuffisamment motivé ;
- il est entaché d'un défaut d'examen de sa situation particulière ;
- il méconnaît les dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et celles de l'article 7 quater de l'accord franco-tunisien ; enfin, il est entaché d'erreur manifeste d'appréciation ;
- il méconnaît les dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et est entaché d'erreur manifeste d'appréciation au regard du pouvoir de régularisation préfectoral ;
- l'obligation de quitter le territoire français est illégale du fait de l'illégalité du refus de titre de séjour ;
- le risque de soustraction à la mesure d'éloignement n'étant pas constitué, l'obligation de quitter le territoire français méconnaît les dispositions de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- cette décision méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entachée d'erreur manifeste d'appréciation ;
- l'interdiction de retour sur le territoire français est illégale du fait de l'illégalité du refus de titre de séjour et de l'obligation de quitter le territoire français ;
- cette décision est entachée d'erreur manifeste d'appréciation ;
- la décision fixant le pays de renvoi est illégale du fait de l'illégalité du refus de titre de séjour et de l'obligation de quitter le territoire français.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950 ;
- l'accord franco-tunisien du 17 mars 1988 ;
- loi n° 2024-42 du 26 janvier 2024 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le décret n° 2024-799 du 2 juillet 2024 ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Dèche, présidente-rapporteure,
- et les observations de Me Cavalli, substituant Me Hassid, représentant M. B.
La préfète de l'Ain n'était ni présente, ni représentée.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant tunisien, né le 7 avril 1996, est entré en France à la date déclarée du 5 janvier 2017. Par décisions du 18 janvier 2022, le préfet du Rhône l'a obligé à quitter le territoire français et lui a fait interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an. Le 5 mars 2024, il a sollicité la délivrance d'un titre de séjour sur le fondement des articles 3 et 7 quater de l'accord franco-tunisien du 17 mars 1988 et des articles L. 423-23 et L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. M. B demande au tribunal l'annulation de la décision implicite par laquelle la préfète de l'Ain a rejeté sa demande de titre de séjour ainsi celles des décisions du 9 juillet 2024, par lesquelles cette préfète a expressément rejeté sa demande de titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de renvoi et lui a fait interdiction de retour sur le territoire français, pour une durée de dix-huit mois.
Sur l'étendue du litige :
2. Lorsque le silence gardé par l'administration sur une demande dont elle a été saisie a fait naître une décision implicite de rejet, une décision explicite de rejet intervenue postérieurement se substitue à la première décision. Dans ce cas, des conclusions à fin d'annulation de cette première décision doivent être regardées comme dirigées contre la seconde.
3. En l'espèce, par une décision du 9 juillet 2024, la préfète de l'Ain a expressément rejeté la demande de titre de séjour, formulée par M. B, le 5 mars 2024. Par suite, les conclusions à fin d'annulation de la décision implicite de rejet de cette demande de titre de séjour doivent être regardées comme étant dirigées contre cette décision explicite en date du 9 juillet 2024 portant refus de délivrance d'un titre de séjour.
Sur le refus de titre de séjour :
4. En premier lieu, la décision du 9 juillet 2024 par laquelle la préfète de l'Ain a expressément rejeté la demande de titre de séjour présentée par M. B, ne peut être utilement contestée au motif que l'administration aurait méconnu les dispositions des articles L. 211-2 et L. 232-4 du code des relations entre le public et l'administration, en ne communiquant pas à l'intéressé les motifs de la décision implicite initialement née sur sa demande dans le délai d'un mois qu'elles impartissent.
5. En deuxième lieu, la décision en litige vise les textes dont elle fait application, notamment les articles 3 et 7 quater de l'accord franco-tunisien, l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ainsi que les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, et rappelle les éléments de fait relatifs à la situation personnelle et familiale de M. B. En conséquence, la décision attaquée comporte les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement et est, par suite, suffisamment motivée.
6. En troisième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que la préfète de l'Ain n'aurait pas procédé à un examen particulier de la situation personnelle de M. B.
7. En quatrième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ". Aux termes de l'article 7 quater de l'accord du 17 mars 1988 susvisé : " Sans préjudice des dispositions du b et du d de l'article 7 ter, les ressortissants tunisiens bénéficient, dans les conditions prévues par la législation française, de la carte de séjour temporaire portant la mention "vie privée et familiale" ". Enfin, aux termes de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui n'entre pas dans les catégories prévues aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21 et L. 423-22 ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, et qui dispose de liens personnels et familiaux en France tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / Les liens mentionnés au premier alinéa sont appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'étranger, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec sa famille restée dans son pays d'origine. / L'insertion de l'étranger dans la société française est évaluée en tenant compte notamment de sa connaissance des valeurs de la République. ".
8. Le requérant fait valoir qu'il entré en France au début de l'année 2017, qu'il a exercé le métier de vendeur polyvalent, de cuisinier et d'ouvrier maraîcher depuis novembre 2020, qu'il a tissé un réseau amical et professionnel fort, qu'il maitrise parfaitement la langue française et qu'il déclare ses revenus et paie ses impôts. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que l'intéressé qui ne conteste pas s'être soustrait à une précédente mesure d'éloignement, édictée le 18 janvier 2022, est célibataire, sans enfant et n'allègue ni n'établit être dépourvu de toute attache privée ou familiale en Tunisie. Dans ces conditions, et alors même que l'intéressé se prévaut de la conclusion d'un contrat de travail à durée indéterminée le 5 novembre 2022, en qualité d'ouvrier maraîcher, en refusant de lui délivrer un titre de séjour, la préfète de l'Ain n'a pas porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des buts pour lesquels la décision a été prise. Par suite, les moyens tirés de la méconnaissance des stipulations et dispositions précitées doivent être écartés.
9. En cinquième lieu, aux termes de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié ", " travailleur temporaire " ou " vie privée et familiale ", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / Lorsqu'elle envisage de refuser la demande d'admission exceptionnelle au séjour formée par un étranger qui justifie par tout moyen résider habituellement en France depuis plus de dix ans, l'autorité administrative est tenue de soumettre cette demande pour avis à la commission du titre de séjour prévue à l'article L. 432-14 () ".
10. Cet article est relatif aux conditions dans lesquelles les étrangers peuvent être admis à séjourner en France soit au titre de la vie privée et familiale, soit au titre d'une activité salariée. Dès lors que l'article 3 de l'accord franco-tunisien du 17 mars 1988 prévoit la délivrance de titres de séjour au titre d'une activité salariée, un ressortissant tunisien souhaitant obtenir un titre de séjour au titre d'une telle activité ne peut utilement invoquer les dispositions de l'article L. 435-1 à l'appui d'une demande d'admission au séjour sur le territoire national, s'agissant d'un point déjà traité par l'accord franco-tunisien, au sens de l'article 11 de cet accord. Toutefois, si l'accord franco-tunisien ne prévoit pas, pour sa part, de semblables modalités d'admission exceptionnelle au séjour, il y a lieu d'observer que ses stipulations n'interdisent pas au préfet de délivrer un titre de séjour à un ressortissant tunisien qui ne remplit pas l'ensemble des conditions auxquelles est subordonnée sa délivrance de plein droit. Il appartient au préfet, dans l'exercice du pouvoir discrétionnaire dont il dispose sur ce point, d'apprécier, en fonction de l'ensemble des éléments de la situation personnelle de l'intéressé, l'opportunité d'une mesure de régularisation.
11. D'une part, il ressort des pièces du dossier, et il n'est pas contesté que le 5 mars 2024, M. B a notamment sollicité la délivrance d'un titre de séjour sur le fondement de L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, sans restreindre cette demande au titre d'une activité salariée. S'il ressort des mentions du refus de titre de séjour en litige que la préfète a estimé que ces dispositions n'étaient pas applicables aux ressortissants tunisiens qui demandent leur demande d'admission exceptionnelle au séjour, en qualité de salarié, elle a cependant examiné la demande d'admission exceptionnelle au séjour de M. B au regard de sa vie privée et familiale, dont il se prévalait sur le fondement de l'article L.435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Ainsi, contrairement à ce que le requérant soutient, la préfète de l'Ain a procédé à un examen particulier de sa situation avant de prendre la décision contestée de refus de séjour.
12. D'autre part, les circonstances que l'intéressé réside en France depuis 2017, qu'il justifie d'expériences professionnelles et notamment en qualité d'ouvrier maraîcher, secteur concerné par des difficultés de recrutement et qu'il ait conclu en 2022, un contrat à durée indéterminée ne suffisent pas à caractériser un motif exceptionnel de régularisation ou des considérations de nature humanitaire. Dès lors, la préfète de l'Ain n'a pas commis d'erreur manifeste d'appréciation en refusant de régulariser la situation de M. B par la délivrance d'un titre de séjour tant au regard des dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, que dans l'exercice de son pouvoir de régularisation.
Sur la décision portant obligation de quitter le territoire français :
13. En premier lieu, compte tenu de ce qui a été dit précédemment, M. B n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision portant obligation de quitter le territoire français par voie de conséquence de l'annulation de la décision portant refus de séjour.
14. En second lieu, pour les motifs exposés au point 8, les moyens selon lesquels l'obligation de quitter le territoire français méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entachée d'erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur la situation personnelle de l'intéressé doivent être écartés.
Sur la décision refusant d'accorder un délai de départ volontaire :
15. En premier lieu, aux termes de l'article L. 612-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger faisant l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français dispose d'un délai de départ volontaire de trente jours à compter de la notification de cette décision. (). " Aux termes de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : () 1° Le comportement de l'étranger constitue une menace pour l'ordre public () 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet. " Et aux termes de l'article L. 612-3 du même code : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : () 5° L'étranger s'est soustrait à l'exécution d'une précédente mesure d'éloignement () ".
16. Il est constant que M. B s'est soustrait à l'exécution d'une précédente mesure d'éloignement. La préfète de l'Ain pouvait donc légalement, pour ce seul motif, décider, sans erreur d'appréciation, de ne pas lui octroyer un délai de départ volontaire.
17. En second lieu, pour les motifs exposés au point 8, les moyens selon lesquels l'obligation de quitter le territoire français méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entachée d'erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur la situation personnelle de l'intéressé doivent être écartés.
Sur l'interdiction de retour sur le territoire français :
18. En premier lieu, compte tenu de ce qui a été dit précédemment, M. B n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision d'interdiction de retour sur le territoire français par voie de conséquence de l'annulation de la décision portant refus de titre de séjour et de celle portant obligation de quitter le territoire français.
19. En second lieu, aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder cinq ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français, et dix ans en cas de menace grave pour l'ordre public. " Aux termes du premier alinéa de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français () ".
20. Il résulte de ces dispositions que, lorsque le préfet prend, à l'encontre d'un étranger, une décision portant obligation de quitter le territoire français sans délai de départ, il appartient au préfet d'assortir sa décision d'une interdiction de retour sur le territoire français, sauf dans le cas où des circonstances humanitaires y feraient obstacle. Seule la durée de cette interdiction de retour doit être appréciée au regard des quatre critères énumérés à l'article L. 612-10, à savoir la durée de la présence de l'étranger sur le territoire français, la nature et l'ancienneté de ses liens avec la France, l'existence ou non d'une précédente mesure d'éloignement et, le cas échéant, la menace pour l'ordre public que constitue sa présence sur le territoire.
21. Compte tenu de ce qui a été exposé plus haut, et alors même qu'ainsi qu'il le prétend, il ne serait jamais rendu coupable de l'infraction de prise de nom de tiers, il ne ressort pas des pièces du dossier que M. B justifie de l'existence de circonstances humanitaires faisant obstacle à la décision d'interdiction de retour sur le territoire français. Ainsi, la préfète n'a pas entaché d'une erreur d'appréciation ni méconnu les dispositions précitées des articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en prononçant à l'encontre de l'intéressé une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de dix-huit mois.
Sur la décision fixant le pays de renvoi :
22. En l'absence d'illégalité des décisions portant refus de titre de séjour, obligation de quitter le territoire français et refus de délai de départ volontaire, le moyen tiré de ce que la décision fixant le pays de renvoi serait illégale par voie de conséquence de l'illégalité de ces décisions ne peut, en tout état de cause, qu'être écarté.
23. Il résulte de ce qui précède que, sans qu'il soit besoins de statuer sur les fins de non-revoir soulevées en défense, M. B n'est pas fondé à soutenir que les décisions du 9 juillet 2024, par lesquelles la préfète de l'Ain a rejeté sa demande de titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de renvoi et lui a fait interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de dix-huit mois, sont illégales. Dès lors, ses conclusions à fin d'annulation ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte et celles tendant à la mise en œuvre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à la préfète de l'Ain.
Délibéré après l'audience du 21 mars 2025, à laquelle siégeaient :
Mme Dèche, présidente,
Mme Journoud, conseillère,
Mme Pouyet, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 avril 2025.
La présidente-rapporteure,
P. DècheL'assesseure la plus ancienne,
L. Journoud
La greffière,
S. Hosni
La République mande et ordonne à la préfète de l'Ain, en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Une greffière.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2300356
**Sujet principal** : Demande d'indemnisation d'un agent public pour absence de réintégration après une période de disponibilité. **Juridiction** : Tribunal Administratif de Marseille (8ème chambre). **Solution retenue** : Le tribunal rejette la fin de non-recevoir opposée par la commune, estimant que le requérant a bien produit l'ensemble des pièces requises selon l'article R. 414-5 du code de justice administrative. **Textes appliqués** : Article R. 414-5 du code de justice administrative (règles de procédure concernant la production des pièces).
08/04/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2302852
Le Tribunal Administratif de Marseille rejette la requête de M. A... B... visant à annuler la décision de l'ONACVG limitant à 3 000 euros l'aide financière qui lui a été attribuée au titre du dispositif pour les enfants d'anciens harkis. Le tribunal estime que la décision d'attribution, qui n'est pas une décision défavorable, n'était pas soumise à une obligation de motivation spécifique et que l'administration n'a pas commis d'erreur manifeste d'appréciation en déterminant le montant, en application du décret n° 2018-1320 du 28 décembre 2018.
08/04/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2400683
Le Tribunal Administratif de Marseille a été saisi d'un recours pour excès de pouvoir contre le refus d'autorisation d'exercice de la médecine générale notifié à une docteure titulaire d'un diplôme non communautaire. La juridiction a annulé la décision du Centre National de Gestion (CNG) du 6 juillet 2023, considérant que le refus était entaché d'un défaut de motivation suffisante. Elle a enjoint au CNG de réexaminer la demande de la requérante dans un délai de deux mois, en application des articles L. 4111-2 du code de la santé publique et L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration.
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Le Tribunal Administratif de Marseille a annulé la décision du préfet des Bouches-du-Rhône refusant le renouvellement d'une habilitation aéroportuaire à un employé de DHL. Le juge a retenu un vice de procédure, estimant que ce refus, constitutif d'une décision individuelle défavorable, devait être motivé en application des articles L. 211-2 et suivants du code des relations entre le public et l'administration, ce qui n'était pas le cas. La décision a été annulée sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens soulevés par le requérant.
08/04/2026