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AccueilJurisprudence administrativeN° TA69-2409170

Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2409170

jeudi 22 janvier 2026

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2409170
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationD
FormationJU Chambre Sociale

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Lyon, statuant en plein contentieux, a rejeté la requête de Mme B... qui demandait l'annulation du refus de la caisse d'allocations familiales de la Loire de lui accorder une remise gracieuse de sa dette de prime d'activité de 1 803,78 euros. Le tribunal a examiné la demande au regard de l'article L. 845-3 du code de la sécurité sociale, qui permet une remise en cas de bonne foi ou de précarité. Bien que la bonne foi de Mme B... ne soit pas contestée, le juge a estimé que sa situation de précarité n'était pas suffisamment caractérisée pour justifier une remise totale, d'autant qu'elle pouvait solliciter un échelonnement du remboursement. La solution retenue est donc le rejet de la requête.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée et un mémoire, enregistrés le 12 septembre 2024 et le 4 décembre 2025, Mme A... B... demande au tribunal, d’une part, d’annuler la décision du 29 mai 2024 par laquelle la caisse d’allocations familiales de la Loire a rejeté sa demande tendant à la remise gracieuse de sa dette de prime d’activité d’un montant de 1 803,78 euros et, d’autre part, de lui accorder la remise totale de cette dette.

Elle soutient qu’elle est de bonne foi et dans une situation de précarité qui ne lui permet pas de rembourser sa dette.

Par des mémoires en défense, enregistrés le 19 novembre 2024, le 21 février 2025, le 12 août 2025, le 3 décembre 2025 et le 5 décembre 2025, la caisse d’allocations familiales de la Loire conclut au rejet de la requête.

Elle soutient que la situation de Mme B... ne justifie pas que lui soit accordée la remise gracieuse de sa dette.

La présidente du tribunal a désigné, en application de l’article R. 222-13 du code de justice administrative, Mme Fullana Thevenet, première conseillère, pour statuer sur les litiges relatifs aux prestations, allocations ou droits attribués au titre de l'aide ou de l'action sociale, du logement ou en faveur des travailleurs privés d’emploi, mentionnés à l’article R. 772-5 du même code.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code de la sécurité sociale ;
- le code de justice administrative.


Le rapporteur public a été dispensé, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l’audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.

A été entendu au cours de l’audience publique le rapport de Mme Fullana Thevenet.

Les parties n’étaient ni présentes, ni représentées.

La clôture de l’instruction a été prononcée, en application de l’article R. 772-9 du code de justice administrative, après l’appel de l’affaire à l’audience.


Considérant ce qui suit :

Mme B..., bénéficiaire de la prime d’activité, a été informée, le 24 avril 2024, par la caisse d’allocations familiales de la Loire de la constitution à son profit d’un trop-perçu de prime d’activité d’un montant total de 2 057,28 euros pour la période du 1er août 2022 au 30 avril 2023. Mme B... a alors demandé la remise de sa dette le 2 mai 2024. Par une décision du 29 mai 2024, la caisse d’allocations familiales de la Loire a rejeté sa demande. Mme B... demande au tribunal d’annuler cette décision et de lui accorder la remise totale de sa dette, dont le solde s’établit à la somme de 1 803,78 euros.

Aux termes de l’article L. 845-3 du code de la sécurité sociale : « Tout paiement indu de prime d'activité est récupéré par l'organisme chargé de son service. (…) La créance peut être remise ou réduite par l'organisme mentionné au premier alinéa du présent article, en cas de bonne foi ou de précarité de la situation du débiteur, sauf si cette créance résulte d'une manœuvre frauduleuse ou d'une fausse déclaration. ».

Lorsqu’il statue sur un recours dirigé contre une décision refusant ou ne faisant que partiellement droit à une demande de remise gracieuse d’un indu d’une prestation ou d’une allocation versée au titre de l'aide ou de l'action sociale, du logement ou en faveur des travailleurs privés d'emploi, il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention qu’à sa qualité de juge de plein contentieux, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d’examiner si une remise gracieuse totale ou partielle est susceptible d’être accordée, en se prononçant lui-même sur la demande au regard des dispositions applicables et des circonstances de fait dont il est justifié par l'une et l'autre parties à la date de sa propre décision.

Il ne résulte pas de l’instruction que Mme B..., dont la bonne foi n’est pas remise en cause, est, compte tenu de l’ensemble de ses ressources et de ses charges, dans une situation de précarité telle qu’elle nécessite que lui soit accordée une remise gracieuse, alors qu’au demeurant, elle peut solliciter le remboursement échelonné de sa dette auprès de l’administration. Par suite, sa requête doit être rejetée en toutes ses conclusions.


D E C I D E :

Article 1er : La requête de Mme B... est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A... B... et à la caisse d’allocations familiales de la Loire.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 janvier 2026.



La magistrate désignée,

M. Fullana Thevenet
La greffière,

F. de Biasi




La République mande et ordonne au ministre du travail et des solidarités en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,
Un greffier,



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