Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2409363

mardi 5 novembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2409363
TypeOrdonnance
RecoursPlein contentieux

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Lyon a rejeté la requête de Mme B, qui demandait l’exécution d’une décision de la commission de médiation Droit au logement opposable du Rhône du 28 mars 2023 la reconnaissant prioritaire pour un logement d’urgence. La requête a été jugée manifestement irrecevable car introduite tardivement, au-delà du délai de quatre mois prévu par l’article R. 778-2 du code de justice administrative, alors que la décision de la commission mentionnait clairement les voies et délais de recours. En application de l’article R. 222-1 du code de justice administrative, le tribunal a ordonné le rejet de la requête, tout en rappelant à Mme B la possibilité de déposer une nouvelle demande auprès de la commission de médiation.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 19 septembre 2024, Mme A B demande au tribunal d'enjoindre à la préfète du Rhône de procéder à son logement conformément à la décision de la commission de médiation Droit au logement opposable du Rhône du 28 mars 2023.

Elle soutient qu'elle a été reconnue prioritaire et devant être logée d'urgence par la commission de médiation et qu'elle n'a pas reçu de proposition.

Vu les autres pièces du dossier.

- le code de la construction et de l'habitation ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents de tribunal administratif (), les premiers vice-présidents des tribunaux () peuvent, par ordonnance : () / 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens ".

2. Aux termes des dispositions du I de l'article L. 441-2-3-1 du code de la construction et de l'habitation : " Le demandeur qui a été reconnu par la commission de médiation comme prioritaire et comme devant être logé d'urgence et qui n'a pas reçu, dans un délai fixé par décret, une offre de logement tenant compte de ses besoins et de ses capacités peut introduire un recours devant la juridiction administrative tendant à ce que soit ordonné son logement ou son relogement. () ". Dans le département du Rhône et en vertu des dispositions de l'article R. 441-16-1 du code de la construction du code de justice administrative, le recours prévu au I de l'article L. 441-2-3-1 du code de la construction et de l'habitation peut être introduit par le demandeur qui n'a pas reçu d'offre de logement à l'expiration d'un délai de six mois à compter de la décision de la commission de médiation. Et aux termes de l'article R. 778-2 du code de justice administrative : " Les requêtes mentionnées à l'article R. 778-1 sont présentées dans un délai de quatre mois à compter de l'expiration des délais prévus aux articles R. 441-16-1, R. 441-17 et R. 441-18 du code de la construction et de l'habitation. Ce délai n'est toutefois opposable au requérant que s'il a été informé, dans la notification de la décision de la commission de médiation ou dans l'accusé de réception de la demande adressée au préfet en l'absence de commission de médiation, d'une part, de celui des délais mentionnés aux articles R. 441-16-1, R. 441-17 et R. 441-18 de ce code qui était applicable à sa demande et, d'autre part, et du délai prévu par le présent article pour saisir le tribunal administratif. () ".

3. Par une décision du 28 mars 2023 qui mentionnait l'ensemble des voies et délais de recours applicables, la commission de médiation du Rhône a reconnu prioritaire et urgent le relogement de Mme B, qui avait jusqu'au 29 janvier 2024 pour exercer un recours dans l'hypothèse où aucune proposition de logement ne lui aurait été faite avant le 28 septembre 2023. Par ailleurs, la requérante a fait l'objet d'une première ordonnance rejetant la requête en ce qu'elle était introduite tardivement. En dépit de ces mentions, la requête de Mme B, qui ne conteste pas avoir reçu notification de cette décision et de ce jugement, n'a été enregistrée au tribunal que le 19 septembre 2024, soit au-delà du délai qui lui était imparti pour exercer son recours. Dans ces conditions, en l'absence de circonstance particulière, la requête est manifestement tardive et doit être rejetée en application des dispositions citées au point 1. Il lui demeure loisible d'effectuer une nouvelle demande auprès de la commission de médiation Droit au logement opposable du Rhône.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B.

Lyon, le 5 novembre 2024.

La première vice-présidente,

D. Jourdan

La République mande et ordonne à la ministre du logement et de la rénovation urbaine en ce qui la concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,

Un greffier,