vendredi 24 janvier 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2409699 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | D |
| Avocat requérant | SELARL RACINE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 26 septembre 2024 et un mémoire complémentaire enregistré le 5 décembre 2024, la commune de Saint-Etienne, représentée par Me Mouseghian (Selarl CJA Public Chavent - Mouseghian - Cavrois) demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article R. 532-1 du code de justice administrative, dans le dernier état de ses écritures :
1°) de lui donner acte du désistement partiel de son action, en tant qu'elle est dirigée contre la société Atlas architectures ;
2°) de désigner un expert chargé de se prononcer sur les causes et les conséquences des désordres qui affectent la piste d'athlétisme Henri Lux du stade de l'Etivallière à Saint-Etienne ;
3°) de réserver les dépens.
Elle soutient que :
- dans le courant de l'année 2017, elle a entrepris des travaux de rénovation de cette piste ;
- un marché de maîtrise d'œuvre a été attribué au groupement conjoint composé des sociétés Seria, mandataire solidaire et Atlas architectes ;
- le lot n°1 " terrassement, réseaux, sols sportifs " a été attribué au groupement d'entreprises conjoint composé des sociétés Eurosyntec Centre Travaux Sud, mandataire non solidaire, Parc et sports et Eurovia Dala ; la société Eurosyntec a sous-traité une partie de ses prestations à la société Dousson ;
- les travaux ont été réceptionnés sans réserve le 9 novembre 2018 ;
- à compter de l'année 2019, elle a constaté l'apparition de déformations sur la piste d'athlétisme ; ces désordres se sont généralisés à compter de 2020, avec l'apparition de nouvelles déformations en surface ;
- en dépit de l'organisation d'une réunion d'expertise amiable, aucune intervention de reprise n'a été réalisée ;
- la société Atlas architectes a été dissoute sans liquidation et son patrimoine a, in fine, été transféré à la société Soho.
Par un mémoire en défense, enregistré le 15 octobre 2024, non-communiqué, la société L'Auxiliaire, en qualité d'assureur de la société Seria, représentée par Me Piras (Selarl PVBF - Piras associés) informe le juge des référés qu'elle entend fait toutes protestations et réserves sur l'expertise sollicitée.
Par un mémoire en défense, enregistré le 25 octobre 2024, les sociétés Eurovia Dala et SMA SA, son assureur, informent le juge des référés qu'elles ne s'opposent pas à l'expertise sollicitée et lui demandent de réserver les dépens.
Par un mémoire en défense, enregistré le 12 novembre 2024, la société MAF, en sa qualité d'assureur de la société Atlas, représentée par Me Megherbi, demande au juge des référés :
1°) de prendre acte de ses protestations et réserves sur la mesure d'expertise ;
2°) de réserver les dépens.
Par un mémoire en défense, enregistré le 19 novembre 2024, la société Allianz, en qualité d'assureur de la société Dousson, représentée par Me Bois (Selarl Racine Lyon) demande au juge des référés :
1°) de lui donner acte de ce qu'elle formule toutes protestations et réserves d'usage concernant l'expertise sollicitée ;
2°) de réserver les dépens.
Par un mémoire en défense, enregistré le 10 décembre 2024, la société Eurosyntec Centre Travaux Sud, représentée par Me Mogenier informe le juge des référés qu'elle formule les protestations et réserves d'usage sur la demande d'expertise.
La requête a été régulièrement communiquée aux autres parties qui n'ont pas présenté d'observations.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. En premier lieu, le désistement de la commune de Saint-Etienne, de son action dirigée contre la société Atlas Architectes est pur et simple. Rien ne s'oppose à ce qu'il en soit donné acte.
2. En deuxième lieu, aux termes de l'article R. 532-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, sur simple requête et même en l'absence d'une décision administrative préalable, prescrire toute mesure utile d'expertise ou d'instruction. () ".
3. La demande d'expertise présentée par la commune de Saint-Etienne, aux fins de déterminer les causes et les conséquences des désordres qui affectent la piste d'athlétisme Henri Lux du stade de l'Etivallière à Saint-Etienne, présente un caractère utile et entre dans le champ d'application des dispositions précitées. Dès lors, il y a lieu d'y faire droit dans les conditions précisées au dispositif de la présente ordonnance.
4. En troisième lieu, il n'appartient pas au juge administratif de donner acte de déclarations, de réserves ou d'intentions.
5. En quatrième lieu, en application des dispositions de l'article R. 621-13 du code de justice administrative, les frais de l'expertise seront liquidés et taxés par ordonnance laquelle désignera la partie qui les supportera. Par suite, les conclusions des parties relatives aux dépens ne peuvent qu'être rejetées.
ORDONNE
Article 1er : Il est donné acte à la commune de Saint-Etienne du désistement de sa demande, en tant qu'elle est dirigée contre la société Atlas architectes
Article 2 : M. A B, demeurant 48 Impasse des Cerisiers à Genay (69730), est désigné comme expert avec pour mission de :
1°- se rendre sur les lieux, entendre les parties, prendre connaissance de tous documents utiles ; donner tous éléments et établir tous plans, croquis ou schémas, produire des photos, utiles à la compréhension des faits de la cause ;
2°- rechercher et préciser les liens contractuels unissant les parties, décrire les missions confiées à chacune des parties à la présente instance, et si possible, annexer à son rapport les marchés, avenants, ordres de services et tous autres documents utiles ; informer les parties qu'il est de leur intérêt d'appeler immédiatement telles entreprises dont la responsabilité serait mise en évidence au cours des premières opérations d'expertise ;
3°- préciser la chronologie des opérations de construction, ainsi que celles des opérations de réception, la nature des réserves dont cette réception aurait été assortie et les suites données à celles-ci ;
4°- décrire les désordres affectant la piste d'athlétisme Henri Lux du stade de l'Etivallière à Saint-Etienne, en lien avec ceux indiqués ci-dessus, et en indiquer la nature et l'étendue ; pour chacun d'eux, déterminer la date de la première apparition, et préciser, si, à la date de la réception, il était apparent, ou tout au moins prévisible, en tout cas dans toutes ses conséquences ;
5°- fournir tous éléments permettant d'apprécier si chacun de ces désordres met l'ouvrage en péril ou le rendent impropre à sa destination, et donner son avis sur ce point ;
6°- donner son avis sur la ou les causes de chaque désordre (vice de conception, défaut de surveillance, faute d'exécution, manquement aux règles de l'art, qualité des matériaux utilisés, insuffisance d'entretien, ou tout autre cause) ; si les dommages sont dus à plusieurs causes, fournir tous éléments permettant d'apprécier dans quelle proportion ils sont imputables à chacune d'elles et donner son avis sur ce point ;
7°- décrire les travaux de nature à faire cesser les désordres et à remettre l'ouvrage en l'état prévu par le marché ; en évaluer le coût et en fixer la durée compte tenu des nécessités de leur conception, de la passation des marchés, et de l'exécution des travaux ;
8°- donner son avis sur l'existence d'améliorations et/ou de plus-values apportées à l'ouvrage par les préconisations des éventuelles solutions techniques ;
9°- donner son avis sur les préjudices de toute nature subis par la commune de Saint-Etienne du fait desdits désordres et en évaluer le montant ;
10°- de manière générale, donner toutes précisions et informations utiles permettant au tribunal de se prononcer sur les responsabilités et l'importance du préjudice, ainsi que toute information utile à la solution du litige ;
11°- établir une synthèse non technique des réponses aux questions posées, et, s'il y a lieu, proposer une répartition motivée des responsabilités en pourcentage ;
12° - tenter de parvenir à un accord entre les parties, si possible.
L'expert disposera des pouvoirs d'investigation les plus étendus. Il pourra entendre tous sachants, se faire communiquer tous documents et renseignements, faire toutes constatations ou vérifications propres à faciliter l'accomplissement de sa mission et éclairer le tribunal administratif.
Article 3 : L'expert accomplira sa mission dans les conditions prévues aux articles R. 621-2 à R. 621-14 du code de justice administrative. Il ne pourra recourir à un sapiteur sans l'autorisation préalable de la présidente du tribunal administratif. L'expert recueillera et consignera les observations des parties sur les constatations auxquelles il procèdera et les conclusions qu'il envisagera d'en tirer.
Article 4 : Préalablement à toute opération, l'expert prêtera serment dans les formes prévues à l'article R. 621-3 du code de justice administrative.
Article 5 : L'expertise aura lieu en présence de la commune de Saint-Etienne et des sociétés Eurosyntec Centre Travaux Sud, SMABTP, Eurovia Dala, SMA, Parcs et Sports, Dousson, Allianz, Seria, L'Auxiliaire, MAF et Soho.
Article 6 : L'expert déposera son rapport au greffe sous forme électronique par le biais de la plateforme d'échanges dans le délai de six mois à compter de la notification de la présente ordonnance, accompagné de l'état de ses vacations, frais et débours.
Article 7 : L'expert notifiera son rapport aux parties dans les conditions prévues à l'article R. 621-9 du code de justice administrative. Avec leur accord, cette notification pourra s'opérer dans les conditions prévues à l'article R. 621-7-3 du même code.
Article 8 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 9 : La présente ordonnance sera notifiée à la commune de Saint-Etienne, aux sociétés Eurosyntec Centre Travaux Sud, SMABTP, Eurovia Dala, SMA, Parcs et Sports, Dousson, Allianz, Seria, L'Auxiliaire, MAF, Soho, et à l'expert.
Fait à Lyon, le 24 janvier 2025.
La présidente du tribunal,
Juge des référés,
C. MARILLER
La République mande et ordonne au préfet de la Loire en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Un greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026