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AccueilJurisprudence administrativeN° TA69-2410003

Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2410003

jeudi 19 février 2026

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2410003
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationD
FormationJU Chambre Sociale

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Lyon a rejeté la requête de Mme A... qui demandait l'annulation d'une décision accordant seulement une remise partielle de sa dette de prime d'activité et sollicitait une remise totale. Le juge, statuant en plein contentieux, a estimé que la requérante n'avait pas justifié d'une situation de précarité nécessitant une remise supplémentaire, malgré les dispositions de l'article L. 845-3 du code de la sécurité sociale qui prévoit cette possibilité en cas de bonne foi ou de précarité. La décision souligne également que Mme A... peut solliciter un remboursement échelonné auprès de l'administration.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 3 octobre 2024, Mme B... A... demande au tribunal d’une part, d’annuler la décision du 4 septembre 2024 par laquelle la caisse d’allocations familiales de la Loire ne lui a accordé qu’une remise partielle de sa dette de prime d’activité à hauteur de la somme de 460,37 euros et, d’autre part, de lui accorder la remise totale de sa dette.

Elle soutient qu’elle est de bonne foi et dans une situation de précarité qui ne lui permet pas de rembourser sa dette.

Par un mémoire en défense enregistré le 7 mai 2025, la caisse d’allocations familiales de la Loire conclut au rejet de la requête.

Elle soutient que la dette est devenue définitive en l’absence de contestation de la contrainte émise le 7 mai 2024 en vue de son recouvrement et qu’en tout état de cause, la situation de Mme A... ne justifie pas que lui soit accordée la réduction supplémentaire de sa dette ou une remise totale de celle-ci.

La présidente du tribunal a désigné, en application de l’article R. 222-13 du code de justice administrative, Mme Fullana Thevenet, première conseillère, pour statuer sur les litiges relatifs aux prestations, allocations ou droits attribués au titre de l'aide ou de l'action sociale, du logement ou en faveur des travailleurs privés d’emploi, mentionnés à l’article R. 772-5 du même code.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code de la sécurité sociale ;
- le code de justice administrative.


Le rapporteur public a été dispensé, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l’audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.

A été entendu au cours de l’audience publique le rapport de Mme Fullana Thevenet.

Les parties n’étaient ni présentes, ni représentées.

La clôture de l’instruction a été prononcée, en application de l’article R. 772-9 du code de justice administrative, après l’appel de l’affaire à l’audience.


Considérant ce qui suit :

Mme A..., bénéficiaire de la prime d’activité, a été informée, le 13 juin 2023, par la caisse d’allocations familiales de la Loire de la constitution à son profit d’un trop-perçu de prime d’activité d’un montant de 920,73 euros pour la période du 1er octobre 2021 au 31 mars 2022. Mme A... a alors demandé la remise de sa dette le 18 juillet 2024. Par une décision du 4 septembre 2024, la caisse d’allocations familiales de la Loire lui a accordé une remise partielle de sa dette à hauteur de 460,37 euros. Mme A... demande au tribunal d’annuler cette décision en tant qu’elle a limité la remise gracieuse de sa dette à cette somme et de lui accorder la remise totale de sa dette

Aux termes de l’article L. 845-3 du code de la sécurité sociale : « Tout paiement indu de prime d'activité est récupéré par l'organisme chargé de son service. (…) La créance peut être remise ou réduite par l'organisme mentionné au premier alinéa du présent article, en cas de bonne foi ou de précarité de la situation du débiteur, sauf si cette créance résulte d'une manœuvre frauduleuse ou d'une fausse déclaration. ».

Lorsqu’il statue sur un recours dirigé contre une décision refusant ou ne faisant que partiellement droit à une demande de remise gracieuse d’un indu d’une prestation ou d’une allocation versée au titre de l'aide ou de l'action sociale, du logement ou en faveur des travailleurs privés d'emploi, il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention qu’à sa qualité de juge de plein contentieux, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d’examiner si une remise gracieuse totale ou partielle est susceptible d’être accordée, en se prononçant lui-même sur la demande au regard des dispositions applicables et des circonstances de fait dont il est justifié par l'une et l'autre parties à la date de sa propre décision.

Il ne résulte pas de l’instruction que Mme A..., qui n’a pas produit de justificatifs actualisés de ses ressources et charges en dépit de la demande du tribunal, est dans une situation de précarité telle qu’elle nécessite que lui soit accordée une réduction supplémentaire de sa dette, alors qu’au demeurant, elle peut en solliciter le remboursement échelonné auprès de l’administration. Par suite, sa requête doit être rejetée en toutes ses conclusions.




D E C I D E :

Article 1er : La requête de Mme A... est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A... et à la caisse d’allocations familiales de la Loire.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 février 2026.



La magistrate désignée,

M. Fullana Thevenet
La greffière,

D. El Khatabi




La République mande et ordonne au ministre du travail et des solidarités en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,
Un greffier,



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