LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA69-2410394

Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2410394

mardi 10 février 2026

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2410394
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
Formation4ème chambre

Résumé IA

**Sujet principal** : Demande de remboursement d'un crédit de TVA par une société holding animatrice. **Juridiction** : Tribunal Administratif de Lyon (4ème chambre). **Solution retenue** : Le tribunal rejette la demande de remboursement. Il considère que la société Los Hermanos, bien qu'ayant modifié son objet social, n'a pas démontré avoir effectivement exercé une activité économique de prestation de services à ses filiales lui conférant la qualité d'assujettie à la TVA sur la période concernée. L'absence de chiffre d'affaires déclaré et de facturation de prestations est constitutive d'une cessation d'activité. **Textes appliqués** : Articles 256, 256 A et 271 du Code général des impôts, et article 168 de la directive 2006/112/CE relative au système commun de TVA.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 10 octobre 2024, la société à responsabilité limitée (Sarl) Los Hermanos demande au tribunal de prononcer le remboursement d’un crédit de taxe sur la valeur ajoutée d’un montant de 10 399 euros au titre du mois de juin 2024.

Elle soutient que :

- elle a cessé d’exploiter son établissement « Café 2 la Gare » à Brignais au mois de janvier 2022 mais son changement d’activité en qualité de holding animatrice n’est intervenu que le 12 avril 2023, raison pour laquelle elle n’a déclaré aucun chiffre d’affaires au titre de l’exercice clos le 30 septembre 2022 ;
-l’absence de chiffre d’affaires au titre de l’exercice clos le 30 septembre 2023 s’explique par la situation économique de ses filiales en phase de développement, ne permettant pas de leur facturer des prestations de services dans le cadre de son activité de société holding animatrice ;
-l’exercice courant n’étant clôturé qu’au 30 septembre 2024, il est prématuré de remettre en cause son statut de holding animatrice et de considérer qu’aucune opération soumise à la taxe sur la valeur ajoutée ne serait intervenue sur cette période.

Par un mémoire en défense enregistré le 27 novembre 2024, la direction régionale des finances publiques d’Auvergne-Rhône-Alpes et du département du Rhône conclut au rejet de la requête.

Elle soutient que les moyens de la requête ne sont pas fondés.

Vu :
- les autres pièces du dossier ;

Vu :
- la directive 2006/112/CE du Conseil du 28 novembre 2006 relative au système commun de taxe sur la valeur ajoutée ;
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.


Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.

Ont été entendus au cours de l’audience publique :
- le rapport de Mme Viallet, rapporteure,
- et les conclusions de Mme Guitard, rapporteure publique.


Considérant ce qui suit :

La Sarl Los Hermanos, constituée le 4 octobre 2005, exerçait une activité de restauration traditionnelle sous l’enseigne « Café 2 de la Gare » à Brignais. Par acte du 12 avril 2023, la société a déclaré une modification de son objet social effective au 15 février 2022, celui-ci devenant « toute prises de participations dans le capital d’autres sociétés ou groupements, toutes prestations de services, d’assistance et de conseil notamment administratifs, comptables et financiers ainsi qu’en matière d’animation commerciale et de management d’entreprise, la participation directe ou indirecte de la société dans toutes opérations financières, immobilières ou mobilières et dans toutes entreprises commerciales ou industrielles pouvant se rattacher à l’objet social ou tout objet similaire ou connexe ». La Sarl Los Hermanos a déclaré, pour la période allant du 1er février 2022 au 30 juin 2024, un montant de crédit de taxe sur la valeur ajoutée de 13 909 euros dont elle a demandé le remboursement à hauteur de 10 399 euros au titre du mois de juin 2024, refusé par le service le 8 août 2024. Par sa requête, la société Los Hermanos demande au tribunal de prononcer le remboursement d’un crédit de taxe sur la valeur ajoutée d’un montant de 10 399 euros au titre du mois de juin 2024.

D’une part, aux termes de l’article 256 du code général des impôts : « I. - Sont soumises à la taxe sur la valeur ajoutée les livraisons de biens et les prestations de services effectuées à titre onéreux par un assujetti agissant en tant que tel. (…) ». Aux termes de l’article 256 A de ce code : « Sont assujetties à la taxe sur la valeur ajoutée les personnes qui effectuent de manière indépendante une des activités économiques mentionnées au cinquième alinéa, quels que soient le statut juridique de ces personnes, leur situation au regard des autres impôts et la forme ou la nature de leur intervention (…) Les activités économiques visées au premier alinéa se définissent comme toutes les activités de producteur, de commerçant ou de prestataire de services, y compris les activités extractives, agricoles et celles des professions libérales ou assimilées. (…) ». Et aux termes de l’article 271 du même code : « I. - 1. La taxe sur la valeur ajoutée qui a grevé les éléments du prix d'une opération imposable est déductible de la taxe sur la valeur ajoutée applicable à cette opération. 2. Le droit à déduction prend naissance lorsque la taxe déductible devient exigible chez le redevable. (…) ».

D’autre part, il résulte de l’article 168 de la directive n° 2006/112/CE du 28 novembre 2006 relative au système commun de la taxe sur la valeur ajoutée que, si la simple acquisition et la simple détention de parts sociales ne doivent pas être regardées comme des activités économiques, au sens de la directive, conférant à leur auteur la qualité d’assujetti, il en va différemment lorsque la participation est accompagnée d’une immixtion directe ou indirecte dans la gestion des sociétés dans lesquelles des participations sont détenues, par la mise en œuvre de transactions soumises à la taxe, telles que la fourniture de services administratifs, financiers, commerciaux et techniques à ces sociétés. Dans ce cas, la taxe sur la valeur ajoutée est déductible, d’une part, lorsque les opérations effectuées en amont présentent un lien direct et immédiat avec des opérations en aval ouvrant droit à déduction, d’autre part, même en l’absence de lien direct et immédiat entre une opération particulière en amont et une ou plusieurs opérations en aval ouvrant droit à déduction, lorsque les coûts en cause font partie des frais généraux de l’assujetti et sont, en tant que tels, des éléments constitutifs du prix des biens ou des services qu’il fournit.

Il résulte de l’instruction que la société Los Hermanos a indiqué au service, par un mail du 30 juillet 2024, exercer une activité de holding animatrice auprès des sociétés CDG et IKEKO depuis qu’elle a cessé d’exploiter son établissement de restauration traditionnelle « Café 2 la Gare » à Brignais au mois de janvier 2022. La société Los Hermanos soutient que le développement économique de ses filiales en phase de croissance n’a pas permis de leur facturer des prestations de services dans le cadre de son activité de société holding animatrice, expliquant son absence de chiffre d’affaires. Toutefois, il est constant que la requérante a pris des participations dans ces sociétés dès les années 2019 et 2020, soit bien avant son changement d’objet social, et il ne résulte pas de l’instruction que leur situation économique, en plein essor d’après les éléments produits en défense, constituerait un obstacle à toute facturation pour service rendu. Ce faisant, et alors que les dépenses qui ont donné lieu à déduction de taxe sur la valeur ajoutée correspondent à des frais de carburant, de loyers en leasing de véhicules, à la location d’un container et à l’achat d’un tableau, la société Los Hermanos ne justifie d’aucune immixtion dans la gestion des sociétés dans lesquelles elle détient des participations, par la mise en œuvre d’opérations de prestations de services, de conseil ou d’assistance imposables à la taxe sur la valeur ajoutée, correspondant à une activité de holding animatrice.

Enfin, la société Los Hermanos n’est pas fondée à soutenir que le service aurait estimé de manière hâtive qu’elle n’exerçait pas l’activité d’une holding animatrice sur le dernier exercice en cours, ouvert le 1er octobre 2023 et non encore clôturé, dès lors que les déclarations mensuelles déjà souscrites par la société sur cette période ne font état d’aucun chiffre d’affaires et qu’elle ne démontre pas avoir réalisé des opérations à destination de ses filiales susceptibles d’ouvrir doit à déduction de taxe sur la valeur ajoutée.

Dès lors, c’est à bon droit que l’administration fiscale a considéré que la société Los Hermanos ne disposait pas de la qualité d’assujettie à la taxe sur la valeur ajoutée, faute de se livrer à l’exercice d’une activité économique au sens de l’article 256 A du code général des impôts, et ne pouvait bénéficier d’un droit à déduction de cette taxe. Par suite, la société requérante n’est pas fondée à soutenir que c’est à tort que le service a refusé de lui accorder le remboursement d’un crédit de taxe sur la valeur ajoutée d’un montant de 10 399 euros au titre du mois de juin 2024.

Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions de la requête doivent être rejetées.

DECIDE :


Article 1er : La requête de l’Eurl Los Hermanos est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la société à responsabilité limitée Los Hermanos et à la direction régionale des finances publiques d’Auvergne-Rhône-Alpes et du département du Rhône.

Délibéré après l'audience du 27 janvier 2026 à laquelle siégeaient :

M. Clément, président,
M. Verguet, premier conseiller,
Mme Viallet, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 10 février 2026.


La rapporteure,




M-L. VialletLe président,




M. Clément
La greffière,




C. Amouny


La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle, énergétique et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.


Pour expédition,
Une greffière,


Décisions similaires

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110

Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.

01/06/2026

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.

01/06/2026

TA14Plein contentieux

Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609

Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.

01/06/2026

TA25Plein contentieux

Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163

Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.

01/06/2026

← Retour aux décisions