Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2410729
vendredi 25 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2410729 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
Résumé IA
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
La commune de Challes-la-Montagne (01450), représentée par son maire en exercice, a saisi le tribunal administratif d'une requête enregistrée au greffe le 25 octobre 2024 sous le n° 2410729.
La commune de Challes-la-Montagne demande qu'en application des dispositions de l'article L. 511-9 du code de la construction et de l'habitation, il soit désigné un expert en vue, d'une part, de constater les désordres affectant un bâtiment situé 24 chemin de la Fruitière à Challes-la-Montagne (01450), parcelle cadastrale ZA 124, appartenant à la commune, sur lequel porte un bail emphytéotique conclu avec la société d'économie mixte de construction du département de l'Ain (SEMCODA) et d'autre part, de préciser s'il y a lieu, les mesures provisoires et immédiates nécessaires pour mettre fin à l'imminence du péril ainsi que les mesures de consolidation à long terme pour mettre durablement fin à la situation de danger.
Vu la requête et les pièces du dossier.
Vu :
- le code de la construction et de l'habitation, tel qu'il a été modifié par l'ordonnance n° 2020-1144 du 16 septembre 2020 et par le décret n° 2020-1711 du 24 décembre 2020, dans ses dispositions applicables au 1er janvier 2021 ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 511-1 du code de la construction et de l'habitation : " La police de la sécurité et de la salubrité des immeubles, locaux et installations est exercée dans les conditions fixées par le présent chapitre et précisées par décret en Conseil d'Etat. ". Aux termes de l'article L. 511-2 de ce code : " La police mentionnée à l'article L. 511-1 a pour objet de protéger la sécurité et la santé des personnes en remédiant aux situations suivantes : 1° Les risques présentés par les murs, bâtiments ou édifices quelconques qui n'offrent pas les garanties de solidité nécessaires au maintien de la sécurité des occupants et des tiers ; () ". Aux termes de l'article L. 511-9 du même code : " Préalablement à l'adoption de l'arrêté de mise en sécurité, l'autorité compétente peut demander à la juridiction administrative la désignation d'un expert afin qu'il examine les bâtiments, dresse constat de leur état y compris celui des bâtiments mitoyens et propose des mesures de nature à mettre fin au danger. L'expert se prononce dans un délai de vingt-quatre heures à compter de sa désignation. Si le rapport de l'expert conclut à l'existence d'un danger imminent, l'autorité compétente fait application des pouvoirs prévus par la section 3 du présent chapitre. ". Aux termes de l'article R. 511-2 de ce code : " Lorsque l'autorité compétente demande à la juridiction administrative la désignation d'un expert en vertu de l'article L. 511-9, il est fait application des dispositions du chapitre Ier du titre III du livre V du code de justice administrative et de l'article R. 556-1 du même code. "
2. La procédure de l'article L. 511-9 du code de la construction et de l'habitation, organisée par la loi entre le maire d'une commune chargé de veiller à la sécurité publique et le propriétaire d'un immeuble menaçant ruine, ne peut légalement être appliquée lorsque l'immeuble dont il s'agit est la propriété de cette commune. Alors qu'il résulte des termes mêmes de la requête de la commune de Challes-la-Montagne que l'expertise sollicitée porte sur des désordres affectant un immeuble communal, la requête ne peut qu'être rejetée.
DECIDE :
Article 1er : La requête de la commune de Challes-la-Montagne est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à la commune de Challes-la-Montagne et à la société SEMCODA.
Prononcé le 25 octobre 2024.
La présidente du tribunal,
Juge des référés,
C. MARILLER
La République mande et ordonne à la préfète de l'Ain en ce qui la concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Un greffier,
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