mardi 8 avril 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2410992 |
| Type | Décision |
| Publication | D |
| Formation | 7ème chambre |
| Avocat requérant | IDCHAR |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 31 octobre 2024, M. B A, représenté par Me Idchar, demande au tribunal :
1°) d'annuler les décisions du 7 octobre 2024 par lesquelles le préfet de la Loire a rejeté sa demande tendant à la délivrance d'un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de trois ans ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Loire de lui délivrer un certificat de résidence algérien ou de procéder au réexamen de sa situation dans un délai d'un mois à compter du jugement ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement d'une somme de 2 400 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision portant refus de titre de séjour méconnaît les stipulations de l'article 6, 5) de l'accord franco-algérien et celles de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- les décisions portant obligation de quitter le territoire français, accordant un délai de départ volontaire de trente jours et portant interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de trois ans méconnaissent les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
La requête a été communiquée au préfet de la Loire qui n'a pas produit de mémoire mais a produit une pièce, enregistrée le 6 mars 2025.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968, modifié ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Vaccaro-Planchet, présidente, a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant algérien né le 28 décembre 1993, qui déclare être entré en France le 9 août 2016, demande l'annulation des décisions du 7 octobre 2024 par lesquelles le préfet de la Loire a rejeté sa demande tendant à la délivrance d'un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de trois ans.
Sur les conclusions à fin d'annulation et d'injonction :
2. M. A ayant seulement demandé la délivrance d'un titre de séjour au titre d'une admission exceptionnelle au séjour et le préfet de la Loire ne s'étant pas prononcé sur un autre fondement, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 6, 5) de l'accord franco-algérien doit être écarté comme inopérant.
3. Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale (). ".
4. Il ressort des pièces du dossier que si M. A était présent depuis huit années en France à la date de la décision attaquée portant refus de titre de séjour, il est entré irrégulièrement sur le territoire français et s'y est maintenu en dépit de deux mesures d'éloignement prises à son encontre. Si M. A justifie de la présence en France de son épouse, ressortissante marocaine également en situation irrégulière, avec laquelle il s'est marié le 4 novembre 2023, et de son fils né le 3 mai 2024, il n'apporte aucun élément concernant le premier enfant de son épouse, né le 16 mars 2016 d'un premier mariage avec un ressortissant marocain. Ainsi, le requérant ne justifie pas d'une vie privée et familiale intense, ancienne et stable sur le territoire français alors qu'il a vécu jusqu'à l'âge de vingt-trois ans en Algérie, où demeurent notamment ses trois frères et ses trois sœurs. Par ailleurs, si le requérant produit de nombreuses fiches de paie pour les périodes de mai 2018 à avril 2019 en qualité de mécanicien, de juin et juillet 2022 en qualité d'opérateur, ainsi que de septembre 2022 à avril 2024 en qualité de préparateur de commande, ces éléments ne suffisent pas pour considérer que qu'il aurait déplacé le centre de ses intérêts privés et familiaux en France. Dans ces conditions, le requérant n'est pas fondé à soutenir que le préfet de la Loire aurait porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée par rapport aux buts en vue desquels la décision portant refus de titre de séjour a été prise, en méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Pour les mêmes motifs, cette décision n'est pas entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur la situation personnelle du requérant.
5. Aux termes de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait d'institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale. ".
6. Si M. A soutient qu'il est de l'intérêt supérieur de son fils, né en France, ainsi que du fils aîné de son épouse, de pouvoir grandir au côté de leurs deux parents, la décision de refus de titre de séjour opposée au requérant n'a ni pour objet ni pour effet de séparer ces enfants de leurs parents, rien ne faisant obstacle à ce que la cellule familiale s'installe dans un autre pays que la France, alors qu'au demeurant, il ne ressort d'aucune pièce du dossier que le fils aîné de l'épouse de M. A résiderait en France, pas davantage que le père de celui-ci. Par suite, le préfet de la Loire ne saurait être regardé comme ayant porté atteinte à l'intérêt supérieur du fils mineur de M. A et de son beau-fils également mineur en refusant d'admettre celui-ci au séjour. Le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant doit par suite être écarté.
7. En l'absence de tout élément particulier invoqué, et même en tenant compte des conséquences spécifiques à la mesure d'éloignement, le moyen tirés de ce que les décisions portant obligation de quitter le territoire français, fixant le délai de départ volontaire à trente jours et prononçant une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de trois ans méconnaîtraient l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté pour les mêmes motifs que ceux mentionnés au point 4 du présent jugement.
8. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation ainsi que, par voie de conséquence, celles à fin d'injonction de la requête doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
9. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'il en soit fait application à l'encontre de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au préfet de la Loire.
Délibéré après l'audience du 14 mars 2025, à laquelle siégeaient :
Mme Vaccaro-Planchet, présidente,
Mme Leravat, première conseillère,
Mme de Tonnac, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 8 avril 2025.
La présidente - rapporteure,
V. Vaccaro-Planchet
L'assesseure la plus ancienne,
C. Leravat La présidente,
V. Vaccaro-Planchet
Le greffier,
Y. Mesnard
La République mande et ordonne au préfet de la Loire en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier,
Tribunal Administratif de Lyon — N° TA69-2410256
**Sujet principal** : Demande d'annulation du refus de la préfète du Rhône de fixer un rendez-vous pour le dépôt d'une demande de titre de séjour. **Juridiction** : Tribunal Administratif de Lyon (7ème chambre). **Solution retenue** : Le tribunal donne acte du désistement de la requête de la demanderesse. Ce désistement est prononcé car, ayant annoncé un mémoire complémentaire dans sa requête sommaire, elle ne l'a pas produit dans le délai légal de quinze jours. **Textes appliqués** : L'article R. 911-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, qui prévoit la sanction du désistement en cas de non-production d'un mémoire complémentaire annoncé dans le délai imparti.
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