mardi 8 avril 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2412095 |
| Type | Décision |
| Publication | D |
| Formation | 7ème chambre |
| Avocat requérant | CADOUX |
Vu la procédure suivante :
Par des demandes et un mémoire, enregistrés les 8, 19 et 26 novembre et 3 décembre 2024 et le 17 janvier 2025, Mme A B, représentée par la Selarl Lozen Avocats (Me Cadoux), demande au tribunal :
1°) d'enjoindre à la préfète du Rhône, en exécution du jugement du tribunal n° 2406320 du 25 octobre 2024 :
- de la convoquer dans un délai de quarante-huit heures afin de lui remettre une autorisation provisoire de séjour, sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;
- de procéder au réexamen de sa situation dans le délai de quinze jours, sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros à verser à son conseil en application des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Elle soutient que le jugement du 25 octobre 2024 n'a toujours pas été exécuté.
Par une ordonnance du 5 décembre 2024, la présidente du tribunal a décidé l'ouverture d'une procédure juridictionnelle en vue de prescrire les mesures d'exécution du jugement n° 2406320 du 25 octobre 2024 rendu par le tribunal administratif de Lyon, pour sa partie relative à la délivrance de l'autorisation provisoire de séjour en application de l'article R.921-6 du code de justice administrative.
La procédure a été communiquée à la préfète du Rhône qui n'a pas produit de mémoire en défense.
Mme B a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 6 février 2025.
Vu :
- le jugement du tribunal n° 2406320 du 25 octobre 2024 ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Vaccaro-Planchet a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 911-4 du code de justice administrative : " En cas d'inexécution d'un jugement ou d'un arrêt, la partie intéressée peut demander au tribunal administratif ou à la cour administrative d'appel qui a rendu la décision d'en assurer l'exécution. () Si le jugement ou l'arrêt dont l'exécution est demandée n'a pas défini les mesures d'exécution, la juridiction saisie procède à cette définition. Elle peut fixer un délai d'exécution et prononcer une astreinte ".
2. Par le jugement précité du 25 octobre 2024, le tribunal a annulé les décisions par lesquelles la préfète du Rhône avait refusé de délivrer à Mme B un titre de séjour, lui avait fait obligation de quitter le territoire français à compter du 15 juillet 2024 et avait fixé le pays à destination duquel elle était susceptible d'être reconduite d'office, a enjoint à la préfète du Rhône de procéder au réexamen de sa demande dans le délai de deux mois à compter de la notification de ce jugement et de lui délivrer dans un délai de huit jours une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler.
3. Par une ordonnance du 5 décembre 2024, la présidente du tribunal a décidé l'ouverture d'une procédure juridictionnelle en vue de prescrire les mesures d'exécution de ce jugement, uniquement pour sa partie relative à la délivrance d'une autorisation provisoire de séjour à Mme B, en application de l'article R. 921-6 du code de justice administrative. Les conclusions de la requête tendant à ce qu'il soit enjoint à la préfète du Rhône de réexaminer la situation de Mme B dans un délai de quinze jours, sous astreinte de 50 euros par jour de retard, ne peuvent donc qu'être rejetées.
4. A la date du présent jugement, la préfète du Rhône n'a pas muni la requérante d'une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler, en exécution du jugement du 25 octobre 2024. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de prononcer à l'encontre de la préfète du Rhône, à défaut pour elle de justifier avoir délivré à la requérante une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler dans un délai de huit jours à compter de la présente décision, une astreinte de cinquante euros par jour de retard, jusqu'à la date à laquelle le jugement du 25 octobre 2024 aura reçu exécution sur ce point.
5. Mme B a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle. Par suite, son avocate peut se prévaloir des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat une somme de 600 euros à verser à Me Cadoux, sous réserve que cette dernière renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État.
D E C I D E :
Article 1 : Une astreinte est prononcée à l'encontre de la préfète du Rhône, si elle ne justifie pas avoir, dans le délai de huit jours suivant la notification du présent jugement, en exécution de l'article 2 du jugement n° 2406320 du 25 octobre 2024, convoqué Mme B en préfecture pour lui remettre une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler. Le taux de cette astreinte est fixé à 50 euros par jour, à compter de l'expiration de ce délai et jusqu'à la date de cette exécution.
Article 2 : La préfète du Rhône communiquera au tribunal copie de cette autorisation provisoire de séjour.
Article 3 : L'Etat versera à Me Cadoux la somme de 600 euros en application des dispositions du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve que Me Cadoux renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et à la préfète du Rhône.
Délibéré après l'audience du 14 mars 2025, à laquelle siégeaient :
Mme Vaccaro-Planchet, présidente,
Mme Leravat, première conseillère,
Mme de Tonnac, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 8 avril 2025.
La présidente,
V. Vaccaro-Planchet
L'assesseure la plus ancienne,
C. Leravat
Le greffier,
Y. Mesnard
La République mande et ordonne à la préfète du Rhône ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier,
Tribunal Administratif de Lyon — N° TA69-2410256
**Sujet principal** : Demande d'annulation du refus de la préfète du Rhône de fixer un rendez-vous pour le dépôt d'une demande de titre de séjour. **Juridiction** : Tribunal Administratif de Lyon (7ème chambre). **Solution retenue** : Le tribunal donne acte du désistement de la requête de la demanderesse. Ce désistement est prononcé car, ayant annoncé un mémoire complémentaire dans sa requête sommaire, elle ne l'a pas produit dans le délai légal de quinze jours. **Textes appliqués** : L'article R. 911-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, qui prévoit la sanction du désistement en cas de non-production d'un mémoire complémentaire annoncé dans le délai imparti.
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