Le Tribunal administratif de Lyon statue sur un recours en excès de pouvoir contre le rejet implicite d'une demande de titre de séjour. Constatant que l'administration a accordé une carte de séjour temporaire au requérant après l'introduction de sa requête, le tribunal estime qu'il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions à fin d'annulation et d'injonction, qui sont devenues sans objet. Il condamne néanmoins l'État à verser au requérant la somme de 1 200 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 16 mai 2025, M. A... B..., représenté par Me Fréry, demande au tribunal :
d’annuler la décision implicite par laquelle la préfète de l’Ain a rejeté sa demande de titre de séjour ;
d’enjoindre à titre principal à la préfète de l’Ain de lui délivrer un titre de séjour mention « vie privée et familiale » ou « salarié » dans un délai d’un mois à compter de la notification de la décision à intervenir, et de le munir, dans l’attente, d’une autorisation provisoire de séjour avec droit au travail sous astreinte de 50 euros par jour de retard, ou à titre subsidiaire, d’enjoindre à la préfète de l’Ain de procéder au réexamen de sa situation dans un délai d’un mois à compter de la notification de la décision à intervenir, et de le munir, dans l’attente, d’une autorisation provisoire de séjour avec droit au travail sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;
de mettre à la charge de l’État la somme de 1 400 euros en application des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Par un mémoire en défense, enregistré le 28 novembre 2025, la préfète de l'Ain conclut au non-lieu à statuer des conclusions à fin d’annulation de la requête et au rejet du surplus.
Elle fait valoir qu’un titre de séjour valable du 7 mai 2025 au 6 mai 2026 lui a été accordé et qu’il est disponible en préfecture depuis le 5 juin 2025.
Par un mémoire du 2 décembre 2025, M. B... maintient ses conclusions présentées en application des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : « (…) les présidents de formation de jugement des tribunaux (…) peuvent, par ordonnance : (…) / 3 Constater qu’il n’y a pas lieu de statuer sur une requête (…) 5° Statuer sur les requêtes qui ne présentent plus à juger de questions autres que la condamnation prévue à l'article L. 761-1 ou la charge des dépens ; (…) ».
Il ressort des pièces du dossier que la préfète de l’Ain a accordé à M. B... une carte de séjour temporaire valable du 7 mai 2025 au 6 mai 2026, disponible en préfecture depuis le 5 juin 2025, postérieurement à l’introduction de la requête. Dans ces conditions, les conclusions de la requête à fin d’annulation et d’injonction sont devenues sans objet.
Il y a lieu, dans les circonstances de l’espèce, de mettre à la charge de l’État le versement à M. B... de la somme de 1 200 euros, en application des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : Il n’y a plus lieu de statuer sur les conclusions à fin d’annulation et d’injonction de la requête de M. B....
Article 2 : L’État versera à M. B... une somme de 1 200 euros au titre des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A... B... et à la préfète de l'Ain.
Fait à Lyon, le 16 mars 2026.
Le président de la 4ème chambre,
M. C...
La République mande et ordonne au préfet de l’Ain en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Une greffière,