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AccueilJurisprudence administrativeN° TA69-2507205

Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2507205

mardi 29 juillet 2025

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2507205
TypeOrdonnance
RecoursPlein contentieux
PublicationD
Avocat requérantZOUNGRANA

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Lyon a rejeté la requête de Mme B, qui demandait la liquidation provisoire d’une astreinte de 300 euros par mois prononcée par une ordonnance du 8 octobre 2024. Le tribunal a jugé que, selon l’article L. 441-2-3-1 du code de la construction et de l’habitation, la liquidation provisoire de l’astreinte incombe à la préfète, et non au juge, et que les sommes doivent être versées au fonds national d’accompagnement vers et dans le logement, et non à la requérante. Les conclusions de Mme B ont donc été considérées comme manifestement irrecevables, de même que sa demande de frais de justice.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 11 juin 2025, Mme A B, représentée par Me Zoungrana demande au tribunal :

- de procéder à la liquidation provisoire de l'astreinte de 300 euros par mois de retard à compter du 1er décembre 2024 prévue par l'ordonnance n° 2404310 du 8 octobre 2024, soit la somme de 2 100 euros à son profit ;

- de condamner l'Etat au paiement de cette somme ;

- de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de code de la construction et de l'habitation ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents de tribunal administratif () peuvent, par ordonnance : (/) 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens ; / () ".

2. Aux termes du II de l'article L. 441-2-3-1 du code de la construction et de l'habitation : " Le demandeur qui a été reconnu par la commission de médiation comme prioritaire et comme devant être accueilli dans une structure d'hébergement () et qui n'a pas été accueilli, dans un délai fixé par décret, dans l'une de ces structures peut introduire un recours devant la juridiction administrative tendant à ce que soit ordonné son accueil dans une structure d'hébergement (). / Le président du tribunal administratif ou le magistrat qu'il désigne, lorsqu'il constate que la demande a été reconnue comme prioritaire par la commission de médiation et que n'a pas été proposée au demandeur une place dans une structure d'hébergement (), ordonne l'accueil dans l'une de ces structures et peut assortir cette injonction d'une astreinte (). / Lorsqu'il est manifeste, au vu de la situation du demandeur, que son accueil dans l'une des structures mentionnées au quatrième alinéa du présent II doit être ordonné, le président du tribunal administratif ou le magistrat désigné peut y procéder par ordonnance, après avoir mis le représentant de l'Etat en mesure de présenter ses observations en défense et clôturé l'instruction : (Le) jugement prononçant l'astreinte mentionne que les sommes doivent être versées jusqu'au jugement de liquidation définitive. / Le produit de l'astreinte est versé au fonds national d'accompagnement vers et dans le logement, institué en application de l'article L. 300-2. / (Tant) que l'astreinte n'est pas liquidée définitivement par le juge, le versement de l'astreinte au fonds est effectué deux fois par an, le premier versement devant intervenir à la fin du sixième mois qui suit le mois à compter duquel l'astreinte est due en application du jugement qui l'a prononcée. Toute astreinte versée en application du jugement la prononçant reste acquise au fonds. Lorsque l'astreinte a été liquidée définitivement, le versement du solde restant dû, le cas échéant, est effectué dans le mois qui suit la notification de la décision de liquidation définitive ".

3. Il résulte de l'ensemble des dispositions précitées que tant que l'Etat ne s'est pas acquitté de son obligation de logement, et conformément aux dispositions citées au point 2 de la présente ordonnance, il n'appartient pas au tribunal administratif de liquider provisoirement l'astreinte, mais à la préfète du Rhône d'effectuer la liquidation provisoire de l'astreinte ayant déjà couru en faveur du fonds national d'accompagnement vers et dans le logement selon les modalités prévues à l'article L. 441-2-3-1 précité du code de la construction et de l'habitation. Les conclusions tendant à ce que le tribunal procède à cette liquidation en faveur de Mme B, ce que ne prévoit pas l'ordonnance du 8 octobre 2024, sont donc manifestement irrecevables et doivent être rejetées. Il en est de même des conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E:

Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B.

Fait à Lyon, le 29 juillet 2025.

La présidente du tribunal,

Cécile Mariller

La République mande et ordonne à la préfète du Rhône, en ce qui la concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,

Un greffier

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