Le Tribunal administratif de Lyon statue sur une demande de la préfète du Rhône visant à mettre fin à une astreinte. Le juge constate que l'obligation de relogement de M. A..., prioritaire au titre du droit au logement opposable (DALO), a été exécutée avant l'échéance fixée, M. A... ayant signé un bail pour un logement adapté. Par conséquent, il n'y a pas lieu de procéder à la liquidation définitive de l'astreinte initialement prononcée, en application des articles L. 441-2-3-1 du code de la construction et de l'habitation et R. 778-8 du code de justice administrative.
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une ordonnance n°2409975 du 3 décembre 2024, le tribunal administratif de Lyon a enjoint à la préfète du Rhône d’assurer à M. A... un logement correspondant à ses besoins et à ses capacités de type T2-T3 au plus tard le 1er janvier 2025 sous astreinte de 300 euros par mois de retard.
Par une requête, enregistrée le 23 juillet 2025, la préfète du Rhône demande au tribunal de mettre fin à l’astreinte prononcée à l’encontre de l’Etat.
Elle soutient que M. A... a trouvé un logement de type T3 par ses propres moyens pour lequel le bail a été signé le 14 novembre 2024.
Cette requête a été communiquée à M. A... qui n’a pas produit de mémoire en défense.
Vu :
- l’ordonnance n°2409975 du 3 décembre 2024 du tribunal administratif de Lyon ;
- les autres pièces du dossier.
- le code de la construction et de l’habitation ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Le I de l’article L. 441-2-3-1 du code de la construction et de l’habitation dispose que le demandeur de logement social qui a été reconnu par la commission de médiation comme prioritaire et devant être logé d’urgence et qui n’a pas reçu, dans un délai fixé par décret, une offre de logement tenant compte de ses besoins et de ses capacités peut introduire devant la juridiction administrative un recours tendant à ce qu’il soit ordonné à l’Etat d’exécuter la décision de la commission.
2. Par une décision du 26 mars 2024, la commission de médiation du Rhône a reconnu M. A... comme prioritaire et devant se voir proposer un logement répondant à ses besoins et à ses capacités, de type T2-T3. Saisi sur le fondement des dispositions précitées, le tribunal, par une ordonnance du 3 décembre 2024, a prononcé à l’encontre de l’Etat une astreinte de 300 euros par mois de retard à compter de la fin du délai d’exécution à verser au Fonds national d’accompagnement vers et dans le logement en cas de non-exécution de l’injonction de relogement de M. A....
3. L’article L. 441-2-3-1 du code de la construction et de l’habitation prévoit que tant que l’astreinte n’est pas liquidée définitivement par le juge, elle doit être versée au fonds deux fois par an, toute astreinte versée en application du jugement la prononçant restant acquise au fonds. En vertu de l’article R. 778-8 du code de justice administrative, le président peut statuer par ordonnance sur la liquidation de l’astreinte. A cette fin, il lui appartient de prendre en compte la période d’inexécution de l’injonction par le fait de l’administration. Il peut toutefois, eu égard aux circonstances de l’espèce, modérer le montant de l’astreinte dû, ou, exceptionnellement, déclarer qu’il n’y a pas lieu de liquider l’astreinte dans les limites résultant des dispositions précitées de l’article L. 441-2-3-1.
4. Il résulte de l’instruction que M. A... bénéficie depuis le 14 novembre 2024 d’un bail pour un logement de type T3, dont il n’est pas contesté qu’il correspond à ses besoins et capacités. L’Etat doit être regardé comme s’étant acquitté à cette date de son obligation de relogement de M. A.... L’Etat s’étant ainsi acquitté de son obligation avant la date limite fixée par l’ordonnance n°2409975 du 3 décembre 2024, il n’y a pas lieu de procéder la liquidation définitive de l’astreinte prononcée par cette dernière.
O R D O N N E :
Article 1er : Il n’y a pas lieu de liquider l’astreinte mise à la charge de l’Etat par l’ordonnance n°2409975 du 3 décembre 2024.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à la préfète du Rhône, à M. A... et au ministre de la ville et du logement.
Fait à Lyon, le 10 février 2026.
La présidente du tribunal,
C. Mariller
La République mande et ordonne au ministre de la ville et du logement en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier,