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AccueilJurisprudence administrativeN° TA69-2510110

Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2510110

vendredi 13 mars 2026

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2510110
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Formation7ème chambre
Avocat requérantSELARL BS2A BESCOU ET SABATIER

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Lyon statue sur une demande d'exécution d'un jugement antérieur ayant enjoint à la préfète du Rhône de réexaminer une demande de titre de séjour. La juridiction constate que l'administration a pris une nouvelle décision de refus, rendant la demande d'exécution sans objet. Elle condamne néanmoins l'État à verser 500 euros à la requérante au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative pour les frais exposés.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une ordonnance du 7 août 2025, la présidente du tribunal administratif de Lyon a décidé l’ouverture d’une procédure juridictionnelle, en application de l’article R. 921-6 du code de justice administrative, afin de statuer sur la demande de Mme A... C..., représentée par Me Sabatier, tendant à faire exécuter le jugement n° 2400254 rendu le 31 décembre 2024, par le tribunal administratif de Lyon.

Par cette demande du 21 mars 2025 et un mémoire enregistré le 15 septembre 2025, Mme C..., représentée par Me Sabatier, demande au tribunal dans le dernier état de ses écritures :

1°) de faire exécuter le jugement n° 2400254 rendu le 31 décembre 2024 par le tribunal administratif de Lyon, dans le délai d’un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de cent euros par jour de retard ;

2°) de mettre à la charge de l’Etat le versement d’une somme de 1 200 euros en application des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que la préfète du Rhône n’a pas exécuté le jugement du tribunal administratif de Lyon du 31 décembre 2024 qui lui a enjoint de réexaminer sa demande de titre de séjour dans le délai de deux mois à compter de la notification du jugement.

Par un mémoire enregistré le 19 février 2026, la préfète du Rhône informe le tribunal que par une décision du 19 février 2026, elle a refusé la demande de titre de séjour présentée par Mme C....

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- le jugement n° 2400254 rendu le 31 décembre 2024 par le tribunal administratif de Lyon ;
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- le code de justice administrative.


La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l’audience.


Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.

A été entendu au cours de l’audience publique, le rapport de M. B....


Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l’article L. 911-4 du code de justice administrative : « En cas d’inexécution d'un jugement ou d’un arrêt, la partie intéressée peut demander à la juridiction, une fois la décision rendue, d’en assurer l'exécution. / (...) Elle peut fixer un délai d'exécution et prononcer une astreinte. » Aux termes de l’article R. 921-5 du même code : « Le président (...) du tribunal administratif saisi d'une demande d'exécution sur le fondement de l'article L. 911-4, ou le rapporteur désigné à cette fin, accomplissent toutes diligences qu'ils jugent utiles pour assurer l'exécution de la décision juridictionnelle qui fait l'objet de la demande. / (...). » Enfin, l’article R. 921-6 dispose que : « Dans le cas où le président estime nécessaire de prescrire des mesures d’exécution par voie juridictionnelle, et notamment de prononcer une astreinte, (...), le président (...) du tribunal ouvre par ordonnance une procédure juridictionnelle. / (...) Cette ordonnance n’est pas susceptible de recours. L’affaire est instruite et jugée d’urgence. Lorsqu’elle prononce une astreinte, la formation de jugement en fixe la date d’effet. »

2. Par le jugement susvisé n° 2400254 rendu le 31 décembre 2024, devenu définitif, le tribunal administratif de Lyon, après avoir annulé la décision implicite de refus de séjour opposée par la préfète du Rhône à Mme C... au motif qu’elle était illégale pour défaut de communication de ses motifs, a, en son article 2, enjoint à la préfète du Rhône de procéder au réexamen de la demande de l’intéressée, dans un délai de deux mois à compter de la notification dudit jugement.

3. Il résulte de l’instruction que par une décision du 19 février 2026, la préfète du Rhône a rejeté la demande de titre de séjour de Mme C.... Dans ces conditions, les conclusions de la requête relative à l’exécution du jugement n°2400254 du 31 décembre 2024 sont devenues sans objet. Par suite, il n’y a plus lieu d’y statuer.

4. Il y a lieu, dans les circonstances de l’espèce, de mettre à la charge de l’Etat la somme de 500 euros au profit de Mme C... au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.



D E C I D E :


Article 1er : Il n’y a pas lieu de statuer sur les conclusions à fin d’exécution du jugement n°2400254 du 31 décembre 2024.

Article 2 : L’Etat versera à Mme C... une somme de 500 euros sur le fondement de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme A... C... et à la préfète du Rhône.



Délibéré après l’audience du 27 février 2026, à laquelle siégeaient :

Mme Mariller, présidente,
M. B..., premier vice-président,
Mme Vaccaro-Planchet, vice-présidente.


Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 mars 2026.

Le rapporteur,




J. B...
La présidente,




C. Mariller

La greffière,




I. Rignol


La République mande et ordonne à la préfète du Rhône en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,
Un greffier,

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