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AccueilJurisprudence administrativeN° TA69-2514134

Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2514134

lundi 24 novembre 2025

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2514134
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationD
Avocat requérantSELARL PETIT & ASSOCIES

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Lyon, statuant en référé sur le fondement des articles R. 532-1 et R. 532-1-1 du code de justice administrative, a ordonné une mesure d'expertise préventive à la demande de Saint-Etienne Métropole. Cette expertise vise à dresser un état descriptif et qualitatif des berges du Furan et des immeubles situés aux 36 et 38 allée de la Rive à l’Etrat, dans le cadre d’un projet d’arasement de seuils et d’installation d’une canalisation. Le juge a considéré que la demande présentait un caractère utile, les travaux étant susceptibles de provoquer des désordres sur les propriétés avoisinantes. Un expert a été désigné pour constater l’état actuel des lieux et recenser toute dégradation existante.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 12 novembre 2025, Saint-Etienne Métropole, représentée par son président en exercice, ayant pour avocat Me Saban (Selarl cabinet d’avocats Philippe E... & associés), demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l’article R. 532-1-1 du code de justice administrative, de prescrire une mesure d'expertise aux fins de dresser, dans le cadre du projet d’arasement des seuils du Furan à l’Etrat, notamment l’installation d’une canalisation, un état descriptif technique et qualitatif des berges du Furan au droit des immeubles sis 36 et 38 allée de la Rive sur le territoire de la commune de l’Etrat.

Elle soutient que les travaux envisagés sont susceptibles de provoquer des désordres sur les immeubles avoisinant son projet de sorte qu’il est utile de faire constater leur état.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. R..., premier vice-président, en qualité de juge des référés.


Considérant ce qui suit :

Aux termes de l’article R. 532-1 du code de justice administrative : « Le juge des référés peut, sur simple requête et même en l’absence de décision administrative préalable, prescrire toute mesure utile d’expertise ou d’instruction. (…) ». Aux termes de l’article R. 532-1-1 du code de justice administrative : « Le juge des référés peut charger un expert de procéder, lors de l'exécution de travaux publics, à toutes constatations relatives à l'état des immeubles susceptibles d'être affectés par des dommages, puis le cas échéant, aux causes et à l'étendue des dommages qui surviendraient effectivement pendant la durée d’exécution des travaux. / L'ordonnance désignant l'expert peut prévoir, par dérogation à l'article R. 751-3, qu'elle sera notifiée par le demandeur aux personnes dont les immeubles sont susceptibles d'être affectés par des dommages. / (…) ».

L'expertise demandée par Saint-Etienne Metropole, aux fins de constater et décrire, à titre préventif, l’état actuel des immeubles situés à proximité du projet d’arasement des seuils du Furan à l’Etrat, notamment l’installation d’une canalisation, au 36 et 38 allée de la Rive sur le territoire de la commune de l’Etrat, entre dans le champ d'application des dispositions précitées et présente un caractère utile. Il y a lieu, dès lors, de faire droit à cette demande, tous droits et moyens des parties demeurant expressément réservés, et de fixer la mission de l’expert comme il est dit à l'article 1er ci-après de la présente ordonnance.


ORDONNE


Article 1er : M. AD... L..., demeurant 8 impasse de l’Etang à Chazelles-sur-Lyon (42140), est désigné comme expert avec pour mission de :

1° - se rendre sur les lieux concernés par les travaux d’implantation d’une canalisation sur la parcelle occupée par les immeubles sis 36 et 38 allée de la Rive (parcelles 42092A0183 et 42092A0182) à l’Etrat (42580) ;

2° - recueillir et consigner les explications des parties, prendre connaissance des documents de la cause, se faire remettre par les parties ou par des tiers tous autres documents utiles, entendre tous sachant à charge de reproduire leurs dires et leur identité, s’entourer de tous renseignements à charge d’en indiquer la source ;

3° - visiter les immeubles propriétés ou gérés par les personnes visées par la présente requête et vérifier au regard de la configuration des lieux et la teneur du projet si toutes les personnes susceptibles d’être concernées par l’opération ont été attraites dans le cadre de la procédure ;

4° - dresser un état descriptif et qualitatif de la berge en rive gauche et de ses abords, situés sur les deux parcelles ainsi que desdits immeubles, tant les parties privatives que les parties communes, et si nécessaire, des ouvrages et réseaux ;

5° - recenser toute dégradation ou désordre existant ; en présence d’un désordre, d’une malfaçon ou d’un risque de dégradation de l’immeuble, le décrire, le photographier et le cas échéant le mesurer ; dire s’il est inhérent à la structure de l’immeuble ou de l’ouvrage, à son mode de construction, à son mode de fondation ou à son état de vétusté ou encore consécutif à la nature du sous-sol sur lequel il repose ;

6° - s’expliquer techniquement, dans le cadre des chefs de mission ci-dessus énoncés, sur les dires et observations des parties.

L’expert disposera des pouvoirs d’investigation les plus étendus. Il pourra entendre tous sachants, se faire communiquer tous documents et renseignements, faire toutes constatations ou vérifications propres à faciliter l’accomplissement de sa mission et éclairer le tribunal administratif.

Article 2 : L'expert accomplira sa mission dans les conditions prévues aux articles R. 621-2 à R. 621-14 du code de justice administrative. Il ne pourra recourir à un sapiteur sans l’autorisation préalable de la présidente du tribunal administratif.

Article 3 : Préalablement à toute opération, l’expert prêtera serment dans les formes prévues à l’article R. 621-3 du code de justice administrative.

Article 4 : L’expertise aura lieu en présence de Saint-Etienne Métropole, du syndicat des copropriétaires de l’immeuble situé 36 allée de la Rive, représenté par son syndic, la société Immo de France, de Mme H... AN..., de M. AR... W..., de M. N... AJ..., Mme AL... L... et M. AB... I..., de M. AB... M... et Mme AP... Y..., de M. J... AK... et Mme Z... AK..., de M. U... A..., Mme AC... A..., Mme O... AW... et Mme AI... AW..., de M. Q... AS..., de M. K... AV..., de Mme AG... T..., M. G... T..., M. X... T... et Mme AO... AQ..., de M. V... AE..., de Mme AM... P..., de M. S... E..., de la SCI Rubi UNI, de M. AA... B..., de M. C... AF... et Mme D... AH..., de M. S... AT... et Mme F... AT..., de M. K... AU... et de la SA d’HLM Batir et Loger.

Article 5 : L’expert déposera son rapport au greffe sous forme électronique par le biais de la plateforme d’échanges dans le délai de trois mois à compter de la notification de la présente ordonnance, accompagné de l’état de ses vacations, frais et débours.

Article 6 : L'expert notifiera son rapport aux parties dans les conditions prévues à l’article R. 621-9 du code de justice administrative. Avec leur accord, cette notification pourra s’opérer dans les conditions prévues à l’article R. 621-7-3 du même code.

Article 7 : En application de l’article R. 532-1-1 du code de justice administrative, et par dérogation à l’article R.751-3 du code de justice administrative, Saint-Etienne Métropole notifiera la présente ordonnance aux parties mentionnées à l’article 4.

Article 8 : La présente ordonnance sera notifiée à Saint-Etienne Métropole et à l’expert.


Fait à Lyon, le 24 novembre 2025.


Le juge des référés,



Juan R...





La République mande et ordonne à la préfète de la Loire en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,
Un greffier,


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