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AccueilJurisprudence administrativeN° TA69-2514820

Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2514820

jeudi 12 février 2026

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2514820
TypeOrdonnance
RecoursPlein contentieux
PublicationD

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Lyon statue sur la demande de la préfète du Rhône de mettre fin à une astreinte. Le juge constate que l'obligation de relogement de la requérante a été exécutée par la signature d'un bail le 30 septembre 2025, mais avec retard. En application des articles L. 441-2-3-1 du code de la construction et de l'habitation et R. 778-8 du code de justice administrative, il liquide définitivement l'astreinte initiale. Compte tenu des circonstances, il en modère fortement le montant et condamne l'État à verser 5 000 euros au fonds national d'accompagnement vers et dans le logement.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une ordonnance n°2310502 du 31 mai 2024, le tribunal administratif de Lyon a enjoint à la préfète du Rhône d’assurer à Mme A... B... un logement correspondant à ses besoins et à ses capacités de type T2 au plus tard le 15 juillet 2024 sous astreinte de 75 euros par jour de retard.

Par une requête, enregistrée le 25 novembre 2025, la préfète du Rhône demande au tribunal de mettre fin à l’astreinte prononcée à l’encontre de l’Etat.

Elle soutient que Mme A... B... a été attributaire d’un logement de type T3 pour lequel le bail a été signé le 30 septembre 2025.

Cette requête a été communiquée à Mme A... B... qui n’a pas produit de mémoire en défense.



Vu :
- l’ordonnance n°2310502 du 31 mai 2024 du tribunal administratif de Lyon ;
- les autres pièces du dossier.
- le code de la construction et de l’habitation ;
- le code de justice administrative.





Considérant ce qui suit :

1. Le I de l’article L. 441-2-3-1 du code de la construction et de l’habitation dispose que le demandeur de logement social qui a été reconnu par la commission de médiation comme prioritaire et devant être logé d’urgence et qui n’a pas reçu, dans un délai fixé par décret, une offre de logement tenant compte de ses besoins et de ses capacités peut introduire devant la juridiction administrative un recours tendant à ce qu’il soit ordonné à l’Etat d’exécuter la décision de la commission.

2. Par une décision du 4 octobre 2022, la commission de médiation du Rhône a reconnu Mme A... B... comme prioritaire et devant se voir proposer un logement répondant à ses besoins et à ses capacités, de type T2. Saisi sur le fondement des dispositions précitées, le tribunal, par une ordonnance du 31 mai 2024, a prononcé à l’encontre de l’Etat une astreinte de 75 euros par jour de retard à compter de la fin du délai d’exécution à verser au Fonds national d’accompagnement vers et dans le logement en cas de non-exécution de l’injonction de relogement de Mme A... B....

3. L’article L. 441-2-3-1 du code de la construction et de l’habitation prévoit que tant que l’astreinte n’est pas liquidée définitivement par le juge, elle doit être versée au fonds deux fois par an, toute astreinte versée en application du jugement la prononçant restant acquise au fonds. En vertu de l’article R. 778-8 du code de justice administrative, le président peut statuer par ordonnance sur la liquidation de l’astreinte. A cette fin, il lui appartient de prendre en compte la période d’inexécution de l’injonction par le fait de l’administration. Il peut toutefois, eu égard aux circonstances de l’espèce, modérer le montant de l’astreinte dû, ou, exceptionnellement, déclarer qu’il n’y a pas lieu de liquider l’astreinte dans les limites résultant des dispositions précitées de l’article L. 441-2-3-1.

4. Il résulte de l’instruction que Mme A... B... s’est vu proposer un logement type T3 dont il n’est pas contesté qu’il correspond à ses besoins et capacités et que le bail a été signé le 30 septembre 2025. L’Etat doit être regardé comme s’étant acquitté à cette date de son obligation de relogement de Mme A... B.... Il y a donc lieu de procéder à la liquidation définitive de l’astreinte prononcée par l’ordonnance du 31 mai 2024. L’exécution de cette ordonnance étant intervenue postérieurement à la date limite qu’elle fixe, l’astreinte qu’elle prononce s’élève, pour la période allant du 15 juillet 2024 au 29 septembre 2025, à la somme de 33 150 euros. Toutefois, compte tenu des circonstances de l’espèce et comme le permettent les dispositions précitées de l’article R. 778-8 du code de justice administrative, il y a lieu de modérer le montant de l’astreinte définitive à la somme de 5 000 euros.



O R D O N N E :




Article 1er : L’Etat est condamné à verser au Fonds national d’accompagnement vers et dans le logement la somme de 5 000 euros au titre de la liquidation définitive de l’astreinte prononcée par l’ordonnance n°2310502 du 31 mai 2024, sous réserve des paiements déjà effectués.



Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à la préfète du Rhône, à Mme A... B... et au ministre de la ville et du logement.
Copie en sera transmise au ministère public près la Cour des comptes.

Fait à Lyon, le 12 février 2026.

La présidente du tribunal,




C. Mariller


La République mande et ordonne au ministre de la ville et du logement en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.

Pour expédition,
Un greffier,

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